Les villes ont-elles le pouvoir de sauver Internet?

C'est le postulat que fait la Fondation Mozilla qui distribue le navigateur web libre et gratuit Firefox. Et si les États, ou les organisations supra-nationales comme l'Europe, n'étaient pas les mieux placées pour défendre un internet libre et ouvert ? Hélène Maquet s'est penchée sur la question dans Jour Première.

Depuis deux ans, la Fondation Mozilla rédige un rapport sur la santé d'internet pour tenter de percevoir comment Internet évolue sur cinq aspects essentiels à sa santé : la protection des données et la sécurité, la décentralisation, la transparence, l’insertion numérique, et l’éducation par le web. Le but de Mozilla étant de promouvoir un internet libre et de faire émerger un mouvement social qui engage les décideurs, les entreprises et le grand public à protéger Internet en tant que ressource mondiale ouverte, sécurisée, humaine, et accessible à tous.

Les villes: un niveau de pouvoir particulièrement adapté

"Les villes peuvent faire d’Internet ce que nous souhaitons, et ça, de manière plus rapide et certainement avec plus d’impact que les gouvernements fédéraux et nationaux" explique Mark Surman, directeur de la Fondation Mozilla, qui commente le rapport pour le média le ligne Fast Company.

Dans l'état actuel des choses, les États et les instances supra-nationales réglementent et infligent des amendes. Les États-Unis préparent par exemple une amende de 3 à 5 milliards de dollars pour Facebook concernant sur la gestion des données personnelles. Malheureusement ce système n'est pas le plus efficace.

Les villes, elles, négocient et notamment des contrats avec les opérateurs. "Elles ont de l'argent (un pouvoir financier parfois important), elles sont clientes des Big tech et ont donc aussi la possibilité de mettre la pression sur les entreprises" souligne Mark Surman.

New-York versus Amazon

Oui, il existe quelques exemples. La ville de New York est par exemple parvenue à mettre fin à la bataille qui opposait Amazon et la Fédération américaine nationale des aveugles (NFB). Quand Amazon a lancé Kindle, le dispositif de lecture choisi pour afficher les livres numériques, Amazon avait exclu d’office malvoyants et aveugles. La NFB a alors fait campagne pour contraindre Amazon à s’adapter.

En vain. Jusqu’à ce qu’en 2015, l’entreprise entame une négociation commerciale avec la ville de New York, un contrat de 30 millions de dollars pour la création d’une plateforme d’Ebooks à destination des éducateurs et enseignants de la ville.

La municipalité, avec l’appui des écoles, retarde la signature finale, tant qu’Amazon ne trouve pas un arrangement avec la NFB. La plateforme cède. Depuis, elle aurait amélioré l’accessibilité de ses produits. Et l’opération n’aurait pas simplement servi les écoles de New York, mais tous les internautes pratiquant Kindle dans le monde.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK