Les tracts électoraux ont-ils plus d'impact que les réseaux sociaux ?

Les tracts politiques ont-ils plus d'impact que les réseaux sociaux ?
Les tracts politiques ont-ils plus d'impact que les réseaux sociaux ? - ©

Focus sur la pub électorale… qui n’est pas vraiment de la pub puisque les autocollants 'Stop Pub' ne peuvent empêcher la distribution de tracts politiques dans les boîtes aux lettres ! Mais au fait, pourquoi les partis utilisent-ils encore autant de papier à l’heure des réseaux sociaux ? Frédéric Brébant nous dévoile leur stratégie de communication.

Selon la loi, seul le caractère commercial de l'information est pris en compte pour le respect de la consigne affichée sur notre porte. La ministre bruxelloise de l'environnement Céline Frémeaux a d'ailleurs rappelé récemment que les imprimés électoraux et les publications communales ne sont pas considérés comme des journaux gratuits ou des publications à caractère commercial. L'autocollant Stop pub ne peut donc pas empêcher le matraquage électoral dans notre boîte aux lettres.


Le triomphe du papier

Chez les partis dits traditionnels - PS, MR, CDH, Ecolo - 60 à 70% du budget total de la campagne électorale sont affectés à la production d'affiches et de tracts électoraux. Quand on sait que les budgets totaux de campagne oscillent entre 800 000 et 1 million d'euros, le montant est manifestement exorbitant.

Pourtant, plus de 7 millions de Belges sont sur Facebook, mais pour les partis ce n'est pas un argument suffisant :

  • D'une part, un tiers des Belges ne sont toujours pas sur les réseaux sociaux.
  • D'autre part, le tract électoral sur papier dispose de cet avantage de laisser une trace, de garder le lien, de prolonger la conversation entamée dans la rue ou sur un marché, de maintenir le débat dans la vie réelle, là où les réseaux sociaux souffrent du zapping incessant sur écran. Dans le monde numérique, 'l'infobésité' triomphe, l'agressivité aussi, alors que l'imprimé permet une réflexion plus posée, davantage ancrée dans le quotidien.

Les partis politiques - CDH, MR, Défi - mèneront prochainement des offensives postales d'envergure, en envoyant des dépliants dans toutes les boîtes aux lettres des habitations de la Fédération Wallonie Bruxelles, soit 2 438 000 exemplaires. Ecolo préférant, pour éviter le gaspillage, distribuer des tracts de la main à la main dans les rues ou sur les marchés.


Et la dimension environnementale ?

La plupart des partis insistent sur le fait que leurs tracts sont imprimés sur du papier recyclé. Le MR va plus loin en affirmant que sa campagne sera respectueuse de la planète et donc neutre en CO2. Un bilan carbone de la campagne sera dressé par un cabinet indépendant et le MR s'engage à investir le montant défini dans un projet de reforestation.
 

Les limites du numérique

La part du numérique augmente dans les budgets des partis au fil des campagnes : production de vidéos... Mais les politiques restent toutefois prudents avec les réseaux sociaux.

Les algorithmes de Facebook donnent de moins en moins de place aux pages et aux comptes professionnels utilisés par les partis et les candidats. Il y a donc moins de visibilité potentielle, contrairement à ce que l'on pourrait penser.

De plus, ces algorithmes enferment les gens dans des communautés de pensées qui s'auto-entretiennent et excluent les avis divergents. C'est pourquoi, pour les partis, il est important d'aller chercher l'électeur dans la vraie vie et la distribution de tracts permet justement cette rencontre avec le citoyen.

Le papier n'est donc certainement pas mort et restera encore longtemps une arme stratégique pour tous les partis.

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