Les Snuls ont 30 ans et ils sont toujours cultissimes!

Les Snuls ont 30 ans !
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Les Snuls ont 30 ans ! - ©

La naissance des Snuls, c’était il y a 30 ans déjà. C’était en septembre 1989, au temps de Wilfried Maertens et des Confetti’s. Une bande d’énergumènes issus du monde de la pub, de la BD ou de la musique débarque sur la chaîne Canal+ Belgique pour proposer une nouvelle émission d’humour. Fred Jannin, Laurence Bibot, et Kristiaan Debusscher reviennent sur la grande époque des Snuls.

L’émission Plus ou moins net ne ressemble à aucune autre. La recette Snuls : humour trash, potache, un esprit punk, irrévérencieux, un sens poussé de la parodie et une autodérision inédite jusque-là, avec au final un portrait assez juste des travers de notre belgitude.

Chez les Snuls, tout le monde passe à la moulinette de leurs sketches. Les Flamands évidemment, mais les Wallons n’étaient pas épargnés. Les icônes noir jaune rouge sont évidemment là pour être démontées, Maurice Béjart et Jacques Brel en tête n’y ont pas échappé non plus.

Nombre de ces sketches récurrents sont devenus cultes : Le Soulagicon, le Frapp Parade, le professeur Decodor et Miss Bricola, et last but not least Santa Belgica.

Au départ de l’aventure des Snuls, ils sont 5 : Kris Debusscher, Nicolas Fransolet, Stefan Liberski, Fred Jannin et Sergio Honorez, avant d’être rejoints un peu plus tard par Laurence Bibot et Bouli Lanners. Avec parfois des invités surprises comme Benoit Poelvoorde ou Marcel Gotlib, le noyau de base travaillait comme des forcenés et bossait parfois 7 jours sur 7 pour fournir les 15 à 20 minutes d’émission hebdomadaire.

Au total, entre 1989 et 1993, l’aventure Snuls a duré 4 saisons. 30 ans plus tard, nombre de ces sketches sont restés imprimés dans le cortex des Belges. Probablement un coup du mage Bon Rêve et du mystérieux pouvoir des chicons magiques…


Se moquer de tout

L’idée de départ était de développer une troupe pour se moquer des Nuls qui, en France, se moquaient de tout le monde, mais pas d’eux-mêmes. Ils ont proposé d’abord une capsule d’humour belge à l’émission Nulle part ailleurs, mais Philippe Gildas et Antoine De Caunes n’ont rien compris à l’humour de leur maquette, intitulée 'Saucisse TV'.

Les Snuls ont osé aborder des sujets parfois polémiques, comme les Flamands, le port du voile,… Ils n’avaient pas de limites : "C’était un peu notre cahier des charges, précise Fred Jannin. Il fallait se moquer de tout, et de nous aussi. Rien n’y échappait."

"On se moquait de nous-mêmes, on y allait à fond, confirme Kris Debusscher. En tout cas, le but c’était de choquer. Au début des Snuls, le but c’était même de se faire virer le plus vite possible. A la première émission, on se disait : la semaine prochaine, on est virés. La deuxième, on est virés… Et puis on est restés 4 ans. On pouvait tout dire, il n’y avait aucun filtre. On aimait bien démonter tout, et nous-mêmes aussi."

"Comme vous étiez sur une chaîne privée, payante, à cette époque-là, Canal+ Belgique pensait que personne n’allait regarder et vous laissait donc immensément libres", observe Laurence Bibot.

Laurence Bibot ne se considère pas comme 'Snul', mais comme une pièce rapportée. Ils riaient des mêmes choses et elle s’est intégrée sans difficultés au groupe : "J’ai l’impression qu’ils ont formé ma grammaire, mon vocabulaire, et même peut-être ma pensée. J’avais l’impression qu’ils étaient les plus drôles du monde et qu’ils avaient toujours raison. Je ne comprenais pas toujours tout, mais j’ai dit oui à presque à tout, sauf quand ils ont voulu me mettre à poil dans une douche."

 

Et aujourd’hui ?

L’humour a évolué, la vie change, constate Laurence Bibot : "On ne pourrait peut-être plus faire ça, mais on fait d’autres choses. Et l’humour aujourd’hui est ouvert à beaucoup plus. Il y a beaucoup plus de gens qui y ont accès, qui viennent de mondes différents, de milieux différents, bref ça évolue."

"La chance qu’on a eu, précise Fred Jannin, c’est que personne à Canal ne lisait nos textes à l’avance, ni ne regardait probablement l’émission. Donc c’était une grande liberté. Je crois qu’aujourd’hui, ce serait plus difficile."

Pour leurs 30 ans, qui seront fêtés en janvier 2020, les Snuls ont le projet de rendre toute la série accessible à tout le monde. Un documentaire est également en production sur la saga des Snuls.

En revanche, comme ils font tous plein de choses de leur côté, ils n’envisagent pas de reformer le groupe que les gens ont aimé à l’époque. Comme le dit Kris Debusscher, "on ne veut pas toucher à ce que c’était. C’était une époque, c’était un bloc, c’était un truc, et ça reste pareil."

"Ça a duré 4 saisons, et ça s’est arrêté parce qu’à un moment, ça ne nous surprenait plus et c’était moins rigolo du coup, ajoute Fred Jannin. Il faut dire aussi que chez Canal, ils avaient un peu changé d’équipe et on commençait à avoir envie de lire un peu nos textes avant qu’on ne tourne…"
 

Retrouvez l’équipe des Snuls ici, dans Le Mug !

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