Les limites et les risques de l'impression 3D

Les limites et les risques de l'impression 3D
Les limites et les risques de l'impression 3D - © vgajic - Getty Images

C'est l'actualité de la semaine: une société du Texas a demandé de pouvoir, à partir du 1er août, publier sur Internet les plans qui permettent de fabriquer une arme à feu via une imprimante 3D.  La justice américaine a été saisie en urgence et a temporairement suspendu mardi la mise en ligne de plans numériques permettant de fabriquer des armes à l'aide d'une imprimante 3D. 

On peut difficilement imaginer toutes les possibilités qu’ouvrent la technologie 3D : la science, la médecine, la cuisine, la mécanique, etc. Quelles sont les limites voire les dangers de ces technologies ? Tentative de réponse dans Jour Première avec Laurent Voets, chercheur au Sirris, un centre spécialisé dans l’industrie technologique.

"Le principal problème c'est qu'aujourd'hui les imprimantes 3D sont accessibles au grand public. Donc si on met des plans d'armes à feu à disposition, chacun va pouvoir construire son arme chez soi avec ces plans. Mais la problématique n'est pas propre à la 3D printing, c'est plutôt l'accès à ces fichiers qui pose problème", explique Laurent Voets, chercheur au Sirris par rapport à cette actualité marquante.

L'imprimante 3D, un monde en pleine évolution

Ce genre d'information fait réfléchir quant aux limites et aux risques liés à la technologie des imprimantes 3D. Laurent Voets nous rassure, aujourd'hui, même si on sait faire beaucoup de choses avec les imprimantes 3D, on ne sait pas encore tout faire, il existe de réelles limites. La première étant les matériaux: "On a des limites en terme de matériaux, on n'a pas encore toutes les propriétés équivalentes aux matériaux de base. On a aussi des limites géométriques et des limites au niveaux des états de surface des pièces. Il y a encore du travail à faire même si ça progresse de jour en jour."

Une des avancées les plus surprenantes dans le domaine des imprimantes 3D, c'est sans doute le "bio printing", une technologie utilisée dans le domaine médical. Beaucoup d'universités et de chercheurs travaillent en ce moment sur le "bio printing" dans le monde entier explique Laurent Voets, chercheur au Sirris: "On est très proche d'imprimer des organes! On n'est pas encore prêts à imprimer un coeur ou un foie mais on peut déjà imprimer des petites parties de corps comme des cartilages et les applications commencent à être réelles."

Vers une nouvelle ère industrielle?

L'imprimante 3D est utilisée dans tellement de domaines différents qu'elle fait clairement partie du monde industriel 4.0 selon Laurent Voets: "C'est une grosse évolution, c'est un des outils majeur de cette ère en permettant de construire différemment les objets, mais surtout mieux les adapter aux besoins." 

A l'origine, le 3D printing était destiné au prototypage rappelle Laurent Voets, chercheur au Sirris. L'imprimante 3D était utilisée pour réduire la phase de développement. Elle permettait d'arriver avec des produits plus matures et plus aboutis au niveau de la fabrication, ce qui permettait d'éviter des erreurs. "Aujourd'hui on est passé à un niveau supérieur. Les imprimantes 3D sont utilisées directement comme moyen de fabrication d'objets et d'outils, on peut réaliser des pièces plus performantes et plus écologiques avec moins de consommation de matière."

Pour en savoir plus sur ces technologies, réécoutez l'interview de Laurent Voets, chercheur au Sirris ci-dessous.

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