Les liens étroits entre animaux et politiques

Les liens étroits entre animaux et politiques
Les liens étroits entre animaux et politiques - © Tous droits réservés

Selon une opinion répandue, les animaux n’ont rien à faire en politique : Aristote n’a-t-il pas défini l’être humain comme l’être politique par excellence ? Peut-être.

En tout cas, ces derniers jours, les animaux ont fait irruption dans l’arène politique. Lors d’une vente aux enchères, l’oeuvre de Banksy montrant des singes en pleines palabres dans la vénérable Chambre des Communes britannique a dépassé les dix millions d’euros.

Pire encore : dans la Maison Blanche, l’un des lieux les plus sécurisés et surveillés au monde, en pleine conférence de presse, une souris a fait son entrée dans la salle ; à ceci près que la malheureuse, ratant l’un de ses mouvements, est tombée sur les genoux de Peter Alexander, éminent journaliste chez NBC.

Certes, on répliquera qu’il y a toujours eu des liens entre les animaux et la politique. Plusieurs hommes politiques du passé, ainsi que l’éminent philosophe misanthrope Schopenhauer, avaient pour habitude d’observer les grands singes au zoo pour y trouver de l’inspiration pour leurs discours et ce avant de vaquer à leurs impératifs du jour.

Quoi qu’il en soit, qu’on se dise les choses : il y a dans tout cela une savoureuse revanche de la nature.

Les lieux les plus prestigieux, les plus sécurisés et aseptisés du monde, d’où l’on ordonne d’ailleurs la destruction de bien des biotopes naturels, ne sont pas à l’abri du retour de la nature, de cette biodiversité qu’on a tant cherché à y éliminer ou contrôler étroitement.

A titre personnel, j’y vois un signe d’espoir : les plus hautes sphères, de lieux extrêmement excluants, pourraient bien un jour devenir accueillants pour la biodiversité, y compris et surtout humaine.

Mieux encore : de l’aveu de tous les participants à l’incident de la souris dans la salle de presse de la Maison Blanche, il s’était agi de l’événement le plus intéressant et authentique survenu en ces lieux au cours des derniers mois.

La souris dyspraxique a donc sauvé la fine fleur du journalisme américain de la dépression, celle que ne manquent pas d’induire les élites trop homogènes et rances.

Il se pourrait par ailleurs qu’elle fût l’un des rares êtres véritablement doués de raison en ces lieux de pouvoir. Et que, même placée aux commandes, elle ne puisse pas faire pire que leurs occupants actuels.

J’ignore si le salut politique passera par les souris ou par les singes, mais très certainement la biodiversité humaine, par exemple liée au handicap, ne pourra pas être maintenue à la porte des lieux démocratiques bien longtemps.

 

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