Les jeux vidéo, le dixième art?

Les jeux vidéo, le dixième art?
Les jeux vidéo, le dixième art? - © gorodenkoff - Getty Images/iStockphoto

Petit détour sur une tendance très peu connue par certaines générations : l'e-Sport. D'autres osent utiliser l'expression et qualifient même le jeu vidéo de "dixième art". Vous avez d'ailleurs peut-être lu dans la presse qu'à Tokyo, on envisageait aux Jeux Olympiques de faire entrer une discipline assez particulière et très développée en Asie : l'e-Sport. Le public de cette discipline est d'ailleurs très différent de celui qui suit les Jeux Olympiques traditionnels... Et les athlètes que l'on rencontre dans l'e-Sport sont des athlètes que l'on ne soupçonnerait absolument pas au départ.

Théoriquement, qu'est-ce que l'e-Sport?

Théoriquement, le sport électronique ou e-Sport en anglais, définit la pratique compétitive d'un jeu, seul ou en équipe, en réseau physique (LAN-party, où des joueurs se réunissent dans un même endroit pour jouer sur le même réseau) ou alors via internet. Dans les années 90, pour redorer un peu son blason, Nintendo USA avait jeté les bases de l'e-Sport avec le Nintendo World Championships qui était un tournoi avec de la publicité, du public, une finale à Hollywood et de l'argent à gagner à la fin. Les bases étaient alors jetées. Ensuite, des compétitions de VS fighting, des jeux de "baston", vont suivre. Street Fighter est sûrement l'un des plus populaires. Ce fut donc l'explosion des tournois mondiaux pour donner place, petit à petit, à ces tournois comme on les connaît aujourd'hui.

Aujourd'hui, la plupart des gens pensent que l'e-Sport est une simulation de sport, mais ce n'est pas du tout le cas. A présent, l'e-Sport comporte beaucoup de disciplines. On peut retrouver la conduite par exemple, avec un championnat de Formule 1 qui s'appelle le "Formula E Series", et qui est un championnat parallèle au championnat que l'on peut regarder tous les dimanches à la télévision. La communauté de ce type d'e-Sport est de plus en plus grandissante.

Il y a aussi des jeux de stratégie, comme League of Legends, un des jeux qui a été pendant plus longtemps le plus joué au monde. Ou encore des jeux plus violents, des jeux d'action, appelés "first-person shooter" comme Counter strike : Global Offensive,... Et bien sûr, il y a des simulations sportives comme Fifa pour le football, NBA pour le basket, NHL pour des sports comme le hockey sur glace ou encore Madden NFL pour le foot américain.

L'e-Sport, un véritable sport?

Se demander si l'e-Sport est un véritable sport est une question assez classique et met en lumière des clichés qui ne sont pas tout à fait justes à propos du jeu vidéo. En effet, non, le professionnel de jeux vidéo n'est pas un asocial bedonnant à lunettes, qui se nourrit de chips et qui boit des boissons énergisantes à longueur de journée... Il a d'ailleurs été démontré dans des études que le joueur professionnel n'est pas forcément un garçon.

Selon les études et selon les pays, il y aurait une proportion de 30% de femmes qui jouent aux jeux vidéo. On sait aussi que ces joueurs professionnels viennent d'un milieu sociologique plus élevé que la moyenne. Le e-Sporter a, contrairement aux préjugés, une hygiène de vie assez stricte et il n'est pas du tout reclus. Certes, il a des amis sur des réseaux, mais il a des amis partout dans le monde. On retrouverait plus ou moins 714 équipes professionnelles dans le monde pour 48 000 joueurs professionnels et 480 000 000 de fans. 

On retrouve aussi des points communs entre les sports à motricité performante et le sport électronique : l'entraînement, l'effort physique et mental, l'encadrement par des règles, l'esprit d'équipe, le fair-play,... Et souvent derrière l'image du professionnel, le grand public ne réalise pas les performances hors normes qui sont demandées pour ce sport : concentration, prise de décision rapide, gestion du stress, temps de réaction,... Le sportif peut aussi se blesser et sa bête noire s'appelle la tendinite, qui pourrait être causée par une dizaine d'heures de répétition et d'entraînements par jour. 

Il y a aussi des transferts dans l'e-Sport, mais à ce moment-là on tombe dans des dérives... Et il y a aussi de la triche. On parle alors de dopage, qu'il soit électronique ou médical, pour tenir plus longtemps. La substance à surveiller est l'Adderall, psychostimulant qui permet d'affiner la concentration. Peut-être que dans dix ans, lorsqu'il y aura une fédération d'e-Sport, on va pouvoir découvrir d'autres psychostimulants comme on le fait dans certains sports.

Qui consomme les jeux vidéo ?

Le jeune public consomme davantage les jeux vidéos. La génération Y est déjà très impliquée, c'est elle qui produit, c'est elle qui pense, mais la génération Z consomme aussi énormément. Il faut aussi savoir que le sport classique appelle son cousin électronique à l'aide. Le club d'Anderlecht par exemple a recruté un joueur d'e-Sport et ne s'en cache pas, dans le but de toucher un public plus jeune, qui ne vient plus du tout dans les stades.

Pour information, les demi-finales des Worlds (League of Legends World Championship) ici à Bruxelles, il y a trois ans, ont attiré 14 000 personnes sur deux jours avec des places qui se vendaient à 40 euros.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK