Les fratries : pour le meilleur et pour le pire    

Les fratries : pour le meilleur et pour le pire    
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Les fratries : pour le meilleur et pour le pire     - © Editions Jourdan

Les histoires de fratries jalonnent les siècles. Elles ne sont pas toutes sordides, bien heureusement : elles nous parlent aussi, souvent, de grandes découvertes, de création, d’invention, d’aventures industrielles, scientifiques…

Les fratries dans l’histoire, pour le meilleur et pour le pire, on en parle avec Marie Cappart, historienne et généalogiste.

Elle publie Frères ennemis, frères de sang, frères de lait : les fratries dans l’histoire, aux éditions Jourdan, dans lequel elle aborde les questions suivantes :

Comment des frères de sang peuvent-ils devenir des frères ennemis  ? 
Comment des querelles de fratries peuvent-elles influencer des décisions politiques ou sociétales  ? 
Comment des frères peuvent-ils évoluer de façon complètement différente, positivement ou négativement  ?
Quels sont leurs rapports ? Jalousie ? Solidarité  ? Amour  ? Haine  ? 

Règlements de comptes, alliances, trahisons, réconciliations, les relations entre frères, entre sœurs, entre frères et sœurs, sont la source de nombre d'événements historiques :

  • L'importance du fratricide de Richard III sur l'Histoire d'Angleterre : était-il le monstre décrit par Shakespeare? 
  • Les Borgia : comment la soif de pouvoir peut-elle amener à tuer son propre frère  ?
  • Les frères Goering, un mauvais, un bon, pourquoi et comment ont-ils emprunté ces chemins différents  ?
  • Qui était le frère de lait de Marie-Antoinette ? 
  • Henri Ier et Robert de Normandie, frères jusqu'à la haine…
  • Théo et Vincent Van Gogh, et leur relation fusionnelle malgré la distance
  • Les frères Proust : l'égo de Marcel a-t-il mangé son frère  ?
  • Les frères Lumière, les frères Montgolfier, et la création en fratries.
  • Les frères Bush, quand un seul frère peut être président. 
  • et encore les York, les Habsbourg, les Grimm, les Marx, les Kennedy, Albert II et Baudouin, les Dalton, les Hugo…

Pour Jean-Bertrand Pontalis, "les relations entre frères sont le summum de l'hypocrisie sociale". Il est vrai qu'à travers le temps, on constate une certaine hypocrisie dans les relations fraternelles : on s'allie, on se chamaille, on s'occit, on se jalouse. Mais pour Marie Cappart, cette relation est quand même quelque chose d'unique, dont il vaut mieux essayer de se réjouir !


Fratrie, un mot à plusieurs sens

Le mot grec 'phratrie' a un sens plus large que les liens de sang et implique une appartenance à une communauté, qu'elle soit professionnelle, religieuse, d'affinité, comme par exemple les confréries gastronomiques.

Les communautés religieuses élargiront encore le sens du mot fratrie : les moines s'appelleront frères entre eux, avec le père qui régit la communauté. Ce lien sera peut-être plus important encore que les liens du sang. 
 

L'ambivalence des sentiments fraternels

Aimer son frère n'a pas toujours été bien vu à travers les siècles. Une compétition s'impose souvent entre eux. Sous l'Ancien Régime, l'aîné est l'héritier du patrimoine des terres, des titres éventuels. Le cadet est 'le remplaçant', auquel on fait moins attention, ce qui suscite des jalousies.

Les alliances entre frères ne sont pas privilégiées, on n'encourage pas l'affection dans leur relation. Il n'y a pas d'effusion romantique comme celle que l'on observera au 19e s.


Quelques frères dans l'histoire

Dans l'Antiquité, la naissance de jumeaux est souvent considérée comme un signe divin, comme une manifestation de la dualité cosmogonique. Au Moyen Âge, elle prend en revanche une dimension de malheur, peut-être parce qu'elle implique deux bouches à nourrir, mais aussi parce qu'elle est la manifestation d'un mauvais présage.

Romulus et Rémus auraient été des enfants abandonnés sur les bords du Tibre. Tite-Live raconte l'évolution entre les deux frères, leur relation à partir de l'allaitement commun jusqu'au combat à mort entre eux, au moment où il s'agira de fonder une ville. Ce mythe a été récupéré à des fins contestables par les régimes fascistes.

Marie Cappart évoque aussi les frères de lait, ces frères partagent le lait au sein de la nourrice, sous l'Ancien Régime. Ces frères de conditions parfois fort différentes grandissent ensemble. Au fil du temps, leur catégorie sociale respective reparaît, malgré l'affection qui les lie.

Caïn est jaloux de voir l'offrande de son frère Abel à Dieu préférée à la sienne. C'est le premier meurtre de l'humanité et c'est un fratricide. L'Eglise va ensuite utiliser ces notions de culpabilité, de responsabilité, de remords.

Au Moyen Âge, à la mort de Clovis, premier roi des Francs, le royaume sera partagé entre ses 4 enfants survivants. Ce sera l'objet d'une guerre sans merci.

En 1492, on sait que Christophe Colomb découvre l'Amérique. On sait moins qu'il avait 3 frères, dont Bartolomeo, un cartographe qui l'a énormément soutenu, notamment en recherchant des financements pour ses expéditions.

 

Marie Cappart raconte mille anecdotes passionnantes dans cet entretien. Ecoutez-les ici !

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