Les "fake news" menacent-elles particulièrement nos jeunes ?

Les "fake news" menacent-elles particulièrement nos jeunes ?
Les "fake news" menacent-elles particulièrement nos jeunes ? - © Tous droits réservés

Le terme "fake News" est désormais employé partout, tout le temps. Il est utilisé dans les médias traditionnels, sur internet, vous y avez probablement déjà fait référence dans une conversation et … il sort bien évidemment également de la bouche de nos enfants. Les jeunes sont-ils les cibles privilégiées de ces "armes de désinformation massive" ?

"Nous les jeunes on doute de tout, on préfère aller chercher l’information nous-même" déclare Kevin Karéna, membre du Conseil de la jeunesse dans Tendances Première. Une qualité sans aucun doute, mais qui peut se révéler être à double tranchant car encore faut-il savoir où chercher l’information. "Le problème c’est que l’on va explorer sur base de ce que l’on pense connaître, donc chercher des éléments de réponses qui vont dans le sens de notre réflexion" avoue Kevin Karéna, et comme internet regorge de messages en tous genres, des théories les plus farfelues aux études scientifiques les plus pointues "on ne sort pas de cet engrenage, car on trouve toujours quelque chose qui nous convienne".  

C’est tout à fait révélateur du biais de confirmation selon Valentine François, animatrice d’ateliers pour Action Médias Jeunes.  "C’est du confort intellectuel. Cela demande moins d’énergie à notre cerveau d’aller dans le sens de notre pensée initiale plutôt que d’intégrer une information contraire". Un travers que l’on retrouve particulièrement sur les réseaux sociaux où les algorithmes génèrent pour nous une "bulle" d’avis similaire au nôtre, qui conforte nos opinions et limite les confrontations.

Les réseaux sociaux, paradis des fake news

Selon une étude du Reuters Institute for the study of journalism, 76% des personnes estiment que les réseaux sociaux ne distinguent pas suffisamment les fake news des véritables informations. Or pour 28% des 18-24 ans à travers le monde, Facebook est la source principale d’information. "Les jeunes ont tendance à se fier aux nombres de vues, de partages et de like pour jauger une information" met en garde Kevin Karéna. Une erreur à ne pas commettre car la popularité ne garantit en aucun cas la qualité.  "Nombreux sont ceux qui se reposent sur ces partages pour se rassurer : si autant de personnes ont relayé cet élément, c’est forcément qu’au moins un individu l’a vérifié. Alors que c’est une illusion" ajoute Valentine François.

Internet est une mine d’or, mais aussi un gouffre d’informations 

Après le virage numérique, l’univers médiatique et en pleine mutation. Difficile dès lors de pouvoir compter sur d’anciens repères. La vulnérabilité aux fausses informations n’est donc pas le propre des jeunes selon Valentine François. "La désinformation a toujours existé ! C’est l’environnement dans lequel elle se diffuse aujourd’hui qui caractérise sa propagation explique-t-elle. Dans un monde régi par les clics, likes et partages, même les médias traditionnels ne peuvent refuser cette source de revenus publicitaires."  Même en produisant du contenu de qualité, il faut susciter le clic. Brouillant ainsi parfois les frontières.  "La crise des moyens des médias a donc directement son influence sur la progression des fake news" analyse l’animatrice.

Le trop-plein d’information serait à blâmer selon Kevin Karéna. Bombardé de toute part, le citoyen serait alors totalement désemparé "On ne sait plus où aller chercher l’information, que croire et qui croire… les médias traditionnels deviennent alors une sorte de refuge.

Dans l’émission Tendances Première, Véronique Thyberghien et ses invités ont également mentionné des pistes de solutions et certains outils pour aider les jeunes (et leurs parents) à identifier les fake news 

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