Les Éclaireurs : L'utopie, le laboratoire démocratique et le son des volcans

Fabienne Vande Meerssche reçoit : Anne-Emmanuelle Bourgaux, constitutionnaliste à l'UMONS, chargée de cours en droit constitutionnel, en histoire du droit et en droits et libertés à l'Ecole de droit cogérée par l'UMONS et l'ULB, Corentin Caudron, Docteur Assistant à l’Université de Gand ; et Émilie Ieven Doctorante à l’Université Saint-Louis, elle rédige actuellement une thèse dans le cadre de l’ARC (Action de Recherche Concertée) et est finaliste du concours " Ma Thèse en 180 secondes ".

Corentin Caudron

Corentin Caudron est Docteur Assistant à l’Université de Gand et étudie la dynamique des instabilités volcano-hydrotermales. Spécialisé dans l’étude des volcans, il y consacre sa carrière depuis la fin de ses études et a ainsi permis de faire avancer la recherche de manière significative, notamment sur la façon de prédire le réveil d’un volcan.

Titulaire d’un Master en sciences de l’environnement à l’Université Libre de Bruxelles, Corentin Caudron  a ensuite consacré son doctorat (ULB-Observatoire Royal de Belgique) à  l’étude du volcan Kawah Ijen en Indonésie.

Après son doctorat (2009-2013), il se dirige vers l’Observatoire des Sciences de la Terre de Singapour où il y étudie les infrasons liés aux éruptions en Asie du Sud-Est ; il participe également à la surveillance de 4 volcans laboratoire.

Retour ensuite vers l’Europe et le Royaume-Uni : grâce au soutien de la fondation Wiener-Anspach (qui accorde des bourses aux étudiants post-gradués, chercheurs doctoraux et postdoctoraux et permet la coopération entre l’ULB et les Universités de Cambridge et d’Oxford) Corentin Caudron contribue, à Cambridge, à  des recherches sur la dynamique des éruptions. Cette étude se concentre sur les volcans islandais Eyjafjallajökull et Bardarbunga-Holuhraun et Kilauea situé à Hawaï. (photo)

Les travaux menés conjointement par les chercheurs de l’Université de Cambridge et l’équipe du G-TIME de l’ULB, ont permis de mettre au point une nouvelle façon de comprendre les volcans en utilisant un paramètre de calcul appelé la vitesse sismique. Elle permet d’observer la respiration des volcans, c'est-à-dire le rythme de gonflement et de dégonflement de la chambre magmatique.

Avant de prendre la charge d’assistant Docteur à l’Université de Gand, Corentin Caudron a été chargé de Recherche pour le FNRS à l’ULB-Observatoire Royal de Belgique, et s’est consacré à l’étude de prévision des éruption phréatiques, des petites éruptions pourtant particulièrement dévastatrices. Une étude récente utilise les marées terrestres pour mettre en évidence lorsqu’un volcan risque de produire ce type d’éruptions.

Émilie Ieven

Emilie Ieven est titulaire d’un baccalauréat en philosophie de l’Université Saint-Louis - Bruxelles et d’un master en langues et littératures françaises et romanes de l’Université Catholique de Louvain.

Doctorante à l’Université Saint-Louis, elle rédige actuellement, sous la direction d’Isabelle Ost, une thèse dans le cadre de l’ARC (Action de Recherche Concertée) " Temporalité, Imagination, Utopie ".

Sa thèse s’intitule " Le potentiel utopique de la littérature contemporaine : espace, lignes et mouvements dans les œuvres de Maylis de Kerangal et Jean Echenoz " , un titre transformé en " Quand la littérature contemporaine réinvente l’utopie ", à l’occasion du concours Ma Thèse en 180 secondes, dont Emilie Ieven était l’une des 19 finalistes.

Basée sur des textes fondateurs de la tradition utopique, sa recherche prend comme point de départ la question suivante : " Les utopies sont-elles présentes au sein de la littérature contemporaine ? " 

À partir de la première des utopies, Utopia de Thomas More, sa thèse vise à analyser les nouvelles formes que prennent les utopies dans la littérature d’aujourd’hui. En étudiant les romans de Jean Echenoz et de Maylis de Kerangal, il s’agit de démontrer que les utopies contemporaines, loin des anciennes cités idéales, sont créées par les mouvements des individus et s’actualisent sous la forme d’un potentiel d’utopique.

Dans cette perspective, sa recherche étudie la constitution singulière de ce potentiel utopique afin de mettre en évidence sa force critique et la manière dont il permet d’interroger et de réfléchir à nos usages de l’espace.

Emilie Ieven  a également publié un article au sein d’un ouvrage scientifique dans le domaine des arts du  spectacle  nommé "  le témoignage comme structure d’expression pour le théâtre-action, étude de cas : Royal Boch, la dernière défaïence ", article rédigé en collaboration avec Rachel Brahy.

 

Anne-Emmanuelle Bourgaux

Anne-Emmanuelle Bourgaux est constitutionnaliste à l'UMONS. Elle est chargée de cours en droit constitutionnel, en histoire du droit et en droits et libertés à l'Ecole de droit co gérée par l'UMONS et l'ULB.  

Titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en pensée politique (IEP-Paris) et d’un doctorat en sciences juridiques (ULB), Anne-Emmanuelle Bourgaux se penche sur le droit politique et plus spécifiquement sur les liens entre droit, démocratie et fédéralisme. Dans sa thèse " La démocratisation du gouvernement représentatif belge, une promesse oubliée " publiée en 2013, elle revient sur le " crise " de la démocratie belge et propose une relecture de l’histoire constitutionnelle belge qui ne limite pas la démocratie au suffrage universel.

Depuis, elle cherche les réponses que peut apporter le droit aux bousculements que vit actuellement la démocratie, en Belgique et ailleurs comme à l’occasion du Brexit. Dans ses différents travaux, elle tente de renouer le lien entre des thèmes qui font souvent l'objet de réflexions distinctes comme " Comment, dans un Etat fédéral aussi complexe que le nôtre, la citoyenneté peut-elle se vivre de manière effective et épanouie ?

Spécialiste des questions relatives à la citoyenneté et à la démocratie sous l’angle du droit, elle joint donc le geste à la parole. Pour elle, réfléchir à la citoyenneté sans la valoriser dans ses pratiques d'enseignement serait une occasion manquée.  

À l'Ecole de droit, Anne-Emmanuelle Bourgaux a lancé les initiatives pédagogiques "3R" qui visent à lutter contre l’enseignement fast food. Ces initiatives sont menées en collaboration avec Lena Goessens et poursuivent un triple objectif : Revaloriser l’enseignement universitaire par des pratiques innovantes, Réenchanter la démocratie et la citoyenneté, Réaffirmer la place de l’université dans la cité.

Un exemple de ce projet pédagogique est " Game of Thrones en Hainaut ", un parcours des étudiants sur les routes du Hainaut à la (re)découverte de leur patrimoine historique réel. Ou encore, les *Assemblées constituantes de l’Ecole de Droit, au cours desquelles les étudiants sont invités à élaborer par équipe des propositions de révision constitutionnelle en lien avec un thème d’actualité.

*(Pour consulter les divers documents, cliquez ici : 1er document - 2ème document, 3ème document.) 

La dernière initiative 3R en date est le Laboratoire démocratique, initié en réaction au désenchantement démocratique des jeunes (seul 1 sur 20 pense que voter permet de changer les choses !). Les étudiants élaborent - dans les domaines de moralisation politique, participation citoyenne, droit de vote et citoyenneté, réforme des institutions -  des propositions pour re-booster la démocratie belge. 

Ces différentes initiatives ont été encouragées institutionnellement. Un travail sur la sorcellerie dans le Hainaut au XVIIème siècle élaboré dans le cadre de la saison I de Game of Thrones en Hainaut a été couronné du Prix de l’Enseignement 2017 (in LES ECLAIREURS 17 février 2018). Par ailleurs, l’Ecole de droit a obtenu la 2ème place lors du Prix de l’Innovation pédagogique décerné par l’UMONS en 2018, notamment pour ces initiatives ainsi que pour les dispositifs d’aide à la réussite mis en place au sein de l’Ecole".  

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