Les Éclaireurs : Géothermie profonde, biophysique et génie chimique

La chaleur de la terre, le combat des virus, le traitement des boues d’épuration, voilà quelques-uns des sujets de recherches des invités de Fabienne Vande Meerssche (@FVandeMeersschece samedi dans Les Eclaireurs : Martin Delguste, doctorant en biophysique au Nanobiophysicis Lab du Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology. ; Olivier Kaufmann, chef du service de Géologie Fondamentale et Appliquée à la Faculté Polytechnique de l’Université de Mons, membre de l’Institut de recherche " Energie " et Angélique Léonard, professeure ordinaire à l’Université de Liège, directrice de l’unité de recherche Chemical Engineering et membre du groupe PEPS (Products, Environment, Processes).
 

Direct le samedi 22 septembre à 13h10 

Rediffusion le dimanche 23 septembre à 23h10

 

Martin Delguste

Martin Delguste est ingénieur civil en chimie et sciences des matériaux et doctorant en biophysique au Nanobiophysics lab du Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology.

L’objectif de sa thèse est de comprendre comment les virus entrent dans nos cellules et nous infectent.

Sa thèse se situe à la jonction entre les nanotechnologies (nano= 10^-9 ; c'est-à-dire les technologies faisant intervenir des structures de la taille d’un millionième de millimètre) et la biologie moléculaire et cellulaire. Il utilise un instrument issu des nanotechnologies, le microscope à force atomique, afin de déchiffrer les mécanismes moléculaires des interactions entre un virus et une cellule, pour mieux comprendre comment les virus nous infectent.

Sa thèse a donc une double finalité : technologique, et biologique.

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Microscope à force atomique © Tous droits réservés
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Microscope à force atomique © Tous droits réservés

Pour envahir nos cellules, les virus s’accrochent à la surface de celles-ci grâce aux glycoprotéines, sortes de crochets, qu’ils possèdent. Ainsi installés, ils pénètrent dans les cellules pour provoquer les maladies dont ils sont responsables : grippe, hépatite, sida, herpès etc. Martin Delguste s’intéresse plus particulièrement à un virus modèle de la famille des gamma-herpesvirus. Ceux-ci comprennent notamment le virus d’Epstein Barr, responsable de la mononucléose, et le virus associé au sarcome de Kaposi, responsable d’une forme de cancer atteignant les personnes immuno-déprimées et représentant la première cause de décès chez les patients atteints du SIDA. Le but de Martin Delguste est de déterminer quelles sont les molécules à la surface du virus qui permettent de s’attacher à la surface des cellules, ainsi que les propriétés et le rôle exact de ces glycoprotéines virales.

Au niveau technologique, le but de sa thèse est de continuer le développement de l’application de la microscopie à force atomique (AFM pour Atomic Force Microscopy) pour l’étude des interactions virus-cellule sur des cellules vivantes. Initialement utilisé pour l’imagerie de matériaux inertes, l’AFM et ses composants ont dû être adaptés afin de pouvoir être appliqués à l’étude d’échantillons biologiques. Depuis quelques années, ces applications sont directement utilisables sur des cellules animales vivantes, grâce notamment à des développements apportés par le promoteur de Martin Delguste, le professeur  David Alsteens. Pour obtenir des informations pertinentes au niveau biologique, les AFMs utilisés au laboratoire sont couplés à des microscopes à fluorescence.

Martin Delguste a remporté la finale belge du concours interuniversitaire 2018 "Ma thèse en 180 secondes". Il représentera la Belgique le 27 septembre 2018 à la finale internationale de "Ma Thèse en cent huitante secondes" qui aura lieu à Lausanne en Suisse.

Pour suivre en direct la finale internationale de "Ma Thèse en cent huitante secondes"connectez-vous en cliquant ICI le jeudi 27 septembre à 18h00.) 

Olivier Kaufmann

Olivier Kaufmann est Professeur et Chef du Service de Géologie Fondamentale et Appliquée à la Faculté Polytechnique de l'Université de Mons et membre de l'Institut de recherche "Energie".

Olivier Kaufmann est Ingénieur civil des Mines et Docteur en Sciences Appliquées. Il est aussi titulaire d’un diplôme d'études complémentaires en management et d’un diplôme d'études spécialisées en management, orientation gestion industrielle.

Ses spécialités sont la géophysique appliquée et la modélisation géologique qu'il met en œuvre dans différents contextes, en particulier la géothermie (imagerie de la géologie profonde, délimitation des réservoirs, recherche de zones cibles...), le karst (recharge des nappes, géologie de l'ingénieur), les problèmes environnementaux (contaminations du sous-sol, vibrations liées aux tirs de mines...), voire même la détection de cibles archéologiques. 

Les recherches menées par Olivier Kaufmann en lien avec la géothermie concernent plusieurs aspects, en particulier, la géothermie profonde destinée à la production de chaleur.

Olivier Kaufmann travaille notamment sur l'exploration et la modélisation géologique des réservoirs et de leur couverture et sur la simulation des écoulements et du transport de chaleur. Olivier Kaufmann et son équipe sont actuellement actifs dans un programme FEDER aux côtés de l'intercommunale IDEA pour mener de nouvelles explorations en Hainaut – les travaux devraient être menés au premier semestre 2019 -  et aussi  le creusement d'un doublet géothermique en région montoise.

Olivier Kaufmann s’intéresse également, avec son équipe, à d’autres types de géothermie comme les possibilités de stockage et/ou de récupération de la chaleur à l’endroit d'anciennes mines de charbon. Une expérience pilote sur ce thème est en cours de développement.

Guide de la Géothermie en Belgique

Cliquez sur l'image ci-contre pour accéder au Guide de la Géothermie en Belgique...

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Camions vibrateurs utilisés pour l’exploration sismique © Tous droits réservés
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Vue d’un modèle du sous-sol basé sur l’exploitation des données issue de ces reconnaissances (dimensions approximatives de la zone 25 km x 15km x 5km) © Tous droits réservés

Angélique Léonard

Angélique Léonard est ingénieur civil chimiste, docteure en Sciences  et professeure ordinaire à l’Université de Liège. Elle dirige l’unité de recherche Chemical Engineering.

Dans cette unité, Angélique Léonard fait partie du groupe PEPs – Products, Environment, and Processes – qui occupe une vingtaine de personnes actives dans les domaines du génie de la réaction (bio)chimique, des technologies de séparation, des systèmes multiphasiques, de la conception, simulation et optimisation des grands systèmes chimiques et du développement durable.

Depuis une vingtaine d’années, Angélique Léonard a développé une expertise dans la compréhension des mécanismes régissant le séchage des matériaux déformables, en particulier l’établissement de liens entre les conditions de séchage et les propriétés finales du matériau. Une méthodologie basée sur l’utilisation de la microtomographie à rayons X a été développée afin de suivre les changements texturaux subis par le produit en cours de séchage. Cette méthodologie a été appliquée à divers types de matériaux (boues, gels, matériaux cimentaires, sols, produits agroalimentaires,…).

Depuis 2009, les activités d'Angélique Léonard se sont élargies à l’étude de l’impact environnemental de procédés par analyse de cycle de vie (ACV). Ces activités incluent l’ACV de divers procédés/produits, le support à l’éco-conception de procédés/produits, la réalisation de bilans carbone® ; la réalisation de revues critiques d’ACV, la rédaction de fiches de déclaration environnementale et la réalisation de formations notamment au travers du pôle Greenwin. Les domaines couverts sont variés : secteur chimique, énergétique, agroalimentaire, biocarburants, transport, matériaux de construction, batteries, … Les activités ACV de l’unité sont poursuivies au travers de projets européens, fédéraux et régionaux ou via la réalisation de prestations en consultance pour divers partenaires industriels. Angélique Léonard a créé le groupe de contact FNRS en analyse de cycle de vie.

Angélique Léonard a co-écrit plus de 120 articles dans revues internationales et plus de 120 actes de conférences. Elle a reçu plusieurs distinctions dont le Prix Frédéric Swarts de la Classe des Sciences de l'Académie Royale de Belgique pour un travail de chimie pure ou industrielle.

Depuis janvier 2017, elle est la "Chair Woman" de la "Drying Working party" au niveau de la Fédération Européenne de Génie Chimique. Elle est également membre de l’Advisory Board de l’International Drying Symposium et fait partie du Collège des Alumnis de l’Académie Royale Belge des Sciences.

Angélique Léonard assume la présidence du Comité Femmes & Sciences qui vise à promouvoir la carrière scientifique des femmes en Fédération Wallonie Bruxelles.

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