Les Echos de Paris : le micro-logement

Illustration
Illustration - © Google

Paris et l'Ile-de-France, une région où les prix sont exorbitants et les surfaces très limitées, jusqu’à l’aberration…

A Paris et dans sa proche banlieue, il existe des micro-logements. Puisqu’il s’agit de la France, une précision s’impose en ce moment. Un micro-logement n’est pas un logement mis sur écoute.

C’est une habitation minuscule. Et le terme n’est pas exagéré car aujourd’hui à Paris, un procès va s’ouvrir, celui d’un propriétaire qui a loué un espace mansardé de 1,56 mètres carrés.

Dominique a vécu pendant 15 ans dans cet espace de 1,56 mètres carrés, sous les toits de Paris. Le loyer mensuel de cette " chambre de service " (c’est le terme stipulé sur le bail) : 330 euros.

L’infraction est caractérisée, puisque la loi interdit la location de surfaces inférieures à 9 mètres carrés.

Il y a une pleine page dans le journal " La Croix " ce matin. Le quotidien explique que c’est la Fondation Abbé Pierre qui s’est aperçue de la situation de Dominique. Il occupe aujourd’hui un logement social de 40 mètres carrés, dans Paris, intra muros, pour 400 euros.

Ce n’est pas un cas isolé, le gouvernement avait déjà dû réagir au cas d’une femme expulsée avec son bébé d’une chambre de 4 mètres carrés.

Et la Fondation Abbé Pierre accompagne en ce moment 35 ménages qui louent ou qui ont loué des surfaces de moins de 9 mètres carrés.

La justice s’est donc emparée du dossier, mais le gouvernement aussi.

Oui, l’ex-locataire du placard à balais réclame 25.000 euros de dommages et intérêts à son ancien propriétaire, soit l’équivalent de 5 ans de loyer.

Le juge devra aussi s’exprimer sur d’autres responsabilités. Celle des trois agences immobilières qui se sont succédées pour gérer ce micro-logement.

L’encadrement des loyers a été voté, c’est une loi qui a été proposée par Cécile Duflot, la turbulente ministre écolo du Logement. Cette loi dit que le prix au mètre carré ne peut pas excéder de plus de 20% un tarif médian fixé par la préfecture.

Dans le cas de Dominique et son placard à balais, en plus de la surface complètement hors-la-loi le prix au mètre carré était dix fois supérieur à la moyenne parisienne (à la location, la moyenne c’est 24 euros du mètre carré.)

 

Charline Vanhoenacker @Charlineaparis

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK