Les caméras corporelles pour les policiers : "c'est du technocrétinisme" selon le SLFP Police

Les caméras corporelles pour les policiers : "c'est une du technocrétinisme" selon le SLFP Police
Les caméras corporelles pour les policiers : "c'est une du technocrétinisme" selon le SLFP Police - © Tous droits réservés

 " Attention, vous êtes filmés " ... vous pourriez bientôt entendre cette phrase lors d’une intervention policière. En effet, l’idée d’équiper chaque policier d’une petite caméra personnelle pour filmer les interventions fait son chemin. Si bien qu’un projet de loi pour autoriser cette pratique est actuellement à l’étude au Conseil d’État. Pour Vincent Gilles, président du syndicat SLFP Police, ce serait tout simplement une abérration.

Un procédé illégal ?

Actuellement, la Loi de 2007 qui porte sur la fonction de police et l’installation et l’utilisation des caméras de surveillance n’autorise pas ces caméras corporelles. Cependant, une révision de la législation a été approuvée par le gouvernement fédéral en 2016 et est étudiée au Conseil d’État. Mais les règles concernant la prise de vidéo et d’audio sont strictes, particulièrement pour la police judiciaire, où un ordre du juge d’instruction est nécessaire avant tout enregistrement. Or c’est justement dans le champ d’action judiciaire de la police que ces caméras pourraient être les plus intéressantes, par exemple lorsque des coups sont portés durant une intervention. Pour Vincent Gilles, la modification de ce cadre légal ne se fera pas si facilement : " Je me demande comment Monsieur Jambon et le gouvernement d’ailleurs peuvent crier avec autant de certitude que ce projet de loi qu’ils ont passera la rampe du Conseil d’État et surtout du débat démocratique ! "

Une technologie bancale

Pour les partisans du projet, ces caméras permettront de servir d’élément de preuve lorsque leurs actions sont mises en doute, une manière ainsi de " protéger " les policiers. Argument rejeté par le président du syndicat SLFP Police pour qui ces caméras ne vont aider en rien à lever la suspicion continuelle de la légitimité de l’action policière : " Il y a une espèce de technocrétinisme dans le monde politique qui fait que, quand un problème se pose, la réponse immédiate est technocratique, ça ne peut être que technocratique ! ".

Vincent Gilles soulève également les problèmes techniques liés à ces petites caméras situées au niveau de la poitrine des agents :  " À partir du moment où le matériel vidéo va devoir être écarté par le juge, parce que le juge n’y comprend rien à tous ces bras qui passent devant l’écran, ces corps qui bougent, ces lumières qui s’éteignent, qui se rallument, il va écarter ce matériel et prendre un jugement sur la base de méthodes anciennes, en abandonnant cette merveille que le monde politique aurait voulu offrir aux policiers et à la population ".

 

Écoutez l’intervention complète de Vincent Gilles dans Jour Première :

 

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