Les applications dédiées aux règles et aux cycles menstruels

Les bracelets connectés de Fitbit intègrent désormais une nouvelle fonctionnalité : le suivi des cycles menstruels. Avec cette nouvelle application de tracking, les utilisatrices encodent leurs données concernant leurs règles. Les données sont alors agglomérées avec l'activité physique, les pas, le sport et le sommeil.

A quoi peut servir ce genre d’application ?

Selon Fitbit, 70 % des femmes ne connaissent pas la durée de leurs cycles et pour l’entreprise cela démontrerait une méconnaissance de leur corps et de leur santé. L’application permettrait dès lors aux femmes de mieux appréhender la durée des cycles. Plus on encode de données, mieux l’application peut les prédire, elle permettrait aussi de mieux s'auto-analyser.

L’application propose même d'encoder la durée des règles, mais aussi leur abondance et leur aspect.

Le but final étant pour la femme de mieux pouvoir évaluer son état de forme avant, pendant et après les règles. L'avantage de l’application c’est qu’elle permet de lier éventuellement certaines réactions du corps avec une période bien définie.

Mais le risque, c'est de tout voir au travers du prisme du cycle menstruel et d'attribuer tout symptôme désagréable aux règles.

Une façon déguisée de collecter des données ?

L’objectif officiel annoncé par Fitbit est de vouloir rendre service aux femmes avec une fonction demandée depuis longtemps.

Mais il faut également considérer l’aspect économique et la part de marché énorme que représente les femmes. En effet Fitbit reste une application majoritairement utilisé par des hommes.

Ce qui se cache derrière c'est donc évidemment la collecte de données privée, selon Fitbit, pas moins 25 millions d'utilisateurs. Via l’application l’entreprise pourra donc constituer la plus grande base de données jamais réalisée sur le sujet avec des possibilités de donner des conseils "santé" de plus en plus précis aux femmes.

On ne sait pas encore ce que fait Fitbit avec ces données mais on sait que d'autres applications similaires existent comme Maya, Flo ou Clue et font partie de la "menstrutech". Elles peuvent revendre les données à des universités qui font des études sur le sujet ou encore proposer des pubs dédiées aux utilisatrices comme par exemple si l'utilisatrice mentionne qu'elle est enceinte, elle pourrait recevoir des pubs de produits pour bébé.

Les dangers de ce type d’application

Selon Fitbit, l'analyse de certaines données pourrait conduire l’application à suggérer de consulter un médecin.

Par exemple si les règles se prolongent et deviennent plus abondantes que d'habitude, on peut détecter un risque de fibrome, ce qui se rapproche de près à des conseils médicaux et peut donc devenir dangereux si l’utilisatrice se base sur les recommandations de l'application.

L’application établit aussi la période la plus propice aux rapports sexuels si on cherche à avoir un enfant.

Cependant certaines applications vont encore plus loin et affirment même pouvoir servir de moyen de contraception comme Natural Cycles : une application avec un thermomètre connecté basée sur la méthode des températures et utilisée par plus de 500.000 femmes

Le problème : 37 femmes ont déjà eu une grossesse non désirée à cause de l’application. Il s’agit donc d’utiliser ces applications avec précaution car elles restent très limitées.

Réécoutez la chronique dédiée aux nouvelles technologies de Gilles Quoistiaux

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK