Leni Riefenstahl, la cinéaste d'Hitler

LENI RIEFENSTAHL, LA CINEASTE D'HITLER
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LENI RIEFENSTAHL, LA CINEASTE D'HITLER - © Tous droits réservés

Nous sommes le 3 août 1936, à Berlin. Il est 16h55.

Les six finalistes du 100 mètres des Jeux olympiques sont sur la ligne de départ : un Hollandais, un Suédois, un Allemand et trois Américains dont deux d’origine africaine, Ralph Metcalfe et Jesse Owens.

Après quelques foulées, Owens se détache de ses concurrents et s’envole vers une victoire éclatante. Metcalfe arrive deuxième.

Les deux Afro-Américains vont se laisser filmer longuement, tout sourire.

Les images feront le tour du monde.

Ces images qui seront une claque monumentale pour les nazis et leurs thèses raciales.

Le héros de ces jeux de Berlin qui devait célébrer la grandeur de l’Allemagne est un Noir.

Derrière ces images qui sont entrées dans la mémoire collective de l’humanité, il y a une femme : Leni Riefenstahl.

 

Jérôme Bimbenet, historien du cinéma, est l'auteur de Leni Riefenstahl - La cinéaste d'Hitler - Editions Tallandier.

Il revient sur le parcours de la cinéaste et sur ses films pour Un Jour dans l'Histoire.

Danseuse, actrice fétiche des films de montagne, cinéaste révolutionnaire, photographe remarquable, plongeuse hors pair, Leni Riefenstahl (1902-2003) est, aux yeux du monde, la cinéaste qui s’est fourvoyée en se mettant au service du nazisme.


En 1932, sa rencontre avec Adolf Hitler change son destin. C’est un coup de foudre réciproque. Dès son accession au pouvoir, elle accepte la direction artistique du film du Congrès du Parti nazi à Nuremberg en 1934, Le Triomphe de la Volonté, l’archétype du film de propagande. Puis elle réalise en 1936 le film officiel des Jeux olympiques, Les Dieux du Stade, qui devient un succès mondial.

Après la guerre, échappant à la dénazification, Leni Riefenstahl est souvent détestée. Néanmoins, son héritage est immense et les plus grands cinéastes, de Steven Spielberg à George Lucas, reconnaissent aujourd’hui son influence. Seuls l’art et l’esthétique ont compté pour elle, et c’est bien ce reproche qui encombre sa mémoire et obscurcit sa postérité.


Sans l’aduler ni la condamner, Jérôme Bimbenet perce le mystère de la "douce amie du Führer" qui n’a jamais connu la moindre once de remords, de compassion, de culpabilité ou de conscience politique. Jusqu’à la fin, quand on l’interrogera sur sa responsabilité, elle ne cessera de répondre : " Où est ma faute ? "

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VIDEOS - Extraits du film Le Triomphe de la Volonté

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