Le Visual Thinking : des dessins dans l'entreprise

Les conseils de Vanina Gallo dans Penser en images (Ed Mango)
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Les conseils de Vanina Gallo dans Penser en images (Ed Mango) - © Vanina Gallo - Mango

Et si un dessin valait mieux qu’un long discours ou une belle explication ? On assiste au retour du dessin dans l’entreprise, comme moyen de communication, de prise de notes, de présentation ou d’apprentissage. La pensée visuelle, plus connue sous le terme anglais de Visual Thinking, est à la mode ! Jean-Olivier Collinet, de Jobyourself, a testé ce concept et nous l’explique.

On voit ces techniques se développer dans tous les modes de l’entreprise. Le dessin a aussi des avantages au niveau personnel : il permet de mieux se concentrer, de mieux visualiser ce qu’on veut dire et de stimuler le cerveau. Si parfois, en réunion, on dessine de façon automatique, si on gribouille, ce n’est pas par distraction, c’est pour ne pas perdre la concentration. Dessiner est effectivement une bonne façon de se concentrer, voire de méditer.

Pour appliquer le Visual Thinking, il n’est pas nécessaire de savoir bien dessiner. L’objectif n’est pas de faire des beaux dessins mais de faire des dessins que tout le monde peut comprendre, avec des pictos, des images, des bulles, des carrés et des ronds, et de donner de l’image au son qu’on donne, à travers nos idées.


La logique associative

L’idée est de s’entraîner à dessiner. Le dessin permet de stimuler les deux parties du cerveau : le cerveau gauche, c’est le langage, le cerveau droit est aidé par les images. Quand on utilise l’image pour communiquer, parler d’un projet, animer une réunion, on stimule les deux parties du cerveau et on a deux fois plus de chances de faire passer un message. On capte deux fois plus l’attention. On stimule nos projections d’images, c’est ce qu’on appelle la logique associative.

On a chacun une manière d’associer les couleurs à des images. Aujourd’hui, on pitche beaucoup mieux avec une image qu’avec du texte. On associe une couleur, une image à une émotion. L’avantage de mettre une image, c’est qu’on met plus de monde d’accord sur ce qu’on communique. L’image et le dessin permettent donc de réconcilier deux messages de communication et de multiplier par deux les chances de faire du bien ou de capter l’attention.

 

Une technique nécessaire ?

Jean-Olivier Collinet a constaté que cette technique pouvait être utile de diverses façons.

La facilitation graphique : Lors d’une réunion qui tourne en rond, où l’on discute sans fin, le fait de faire une représentation graphique du problème à résoudre permet de mobiliser les gens et de créer la cohésion. On bouge, pour aller dessiner au flipchart, on participe ensemble au dessin et à la solution.

Le sketch noting, ou la prise de notes par le dessin : on apprend à prendre des notes sur une page rien qu’avec des dessins. Il est important de dessiner aussi les émotions. On se souviendra plus de la conférence que si on avait juste écrit des mots-clés.

L’illustration permet de capter les gens lors d’une présentation, quand l’attention n’y est pas.

Le scribing qu’on voit souvent dans les conférences, en particulier sur le bien-être. Une personne installée à côté du conférencier dessine ce qu’il dit. On a donc le son d’un côté et l’image de l’autre, le schéma de la présentation.


Comment se lancer dans la pensée visuelle ?

Pour être sûr que sa pensée passe bien, il ne faut pas nécessairement être bon dessinateur, il faut juste :

  • s’équiper : un marqueur et un cahier suffisent.
  • pratiquer : on peut utiliser facilement un vocabulaire graphique simple : les bulles pour communiquer un message, les pointillés pour communiquer une pensée, les flèches, les carrés, les ronds, les illustrations d’espace…
  • partager et pratiquer encore. On devient ainsi rapidement de plus en plus clair dans son message, on a de plus en plus confiance en son dessin, on structure mieux sa parole.

On recommande de toujours commencer par dessiner un cercle. Il permet d’éviter le syndrome de la page blanche. Au milieu du cercle, on met un mot-clé et on centre ainsi le problème qu’on veut résoudre.

On se pose ensuite les questions qui, quoi, combien, où, quand, comment et pourquoi, et on les dessine avec des flèches, des ronds, des carrés, des personnages pour visualiser les équipes, avec des sourires, des gens qui tirent la tête… Cela permet d’apporter de l’humour et d’alléger les difficultés.


Au niveau personnel, comment traduire sa pensée en images ?

Le dessin est une forme de langage universel, c’est une culture universelle, c’est un retour en enfance. Dessiner, c’est remettre de la couleur dans sa vie.

Penser en images, de Vanina Gallo (Ed Mango) permet d’exprimer en images ce que l’on veut, ce que l’on pense. Un back to basics qui fait beaucoup de bien, qui nous ramène à l’enfance. Son site : The Joyful Way

Et si l’article tendance de la rentrée pour les travailleurs était un plumier rempli de marqueurs, au lieu d’une tablette dernier cri ?

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