Le virtuose Karim Baggili joue la Jordanie

Le virtuose Karim Baggili joue la Jordanie
Le virtuose Karim Baggili joue la Jordanie - © Tous droits réservés

C’est en 1987 que Karim Baggili déménage avec ses parents en Jordanie, à Amman, il a alors 10 ans. Un changement de vie qui va provoquer un destin. Grâce à ce départ, Karim Baggili est devenu un musicien de oud hors pair.

Le départ de la Belgique est provoqué par 2 facteurs : l’asthme de sa sœur mais aussi une envie profonde de son père de rejoindre sa famille. L’arabe, Karim l’apprendra grâce au chant. Au début, il ne comprend pas bien les paroles qu’il prononce, c’est grâce aux notes lancinantes du oud qu’il devient bilingue.

Tous les soirs, à l’angle de la maison familiale, il joue avec ses cousins et ses voisins. Les matchs de foot se multiplient. Les journées sont douces à Amman. Au petit matin, on discute sous un figuier en buvant du thé. Régulièrement, Karim envoie des lettres à un copain resté en Belgique. Des lettres écrites avec une grande subtilité, le petit garçon retranscrit l’atmosphère d’une toute nouvelle vie. 

 

" Cher Matthieu,

J’espère que tu vas bien et que Damien et ta maman aussi.

Nous sommes bien installés ici à Amman. On habite dans un bel immeuble en grosse pierre blanche sculptées.

C’est drôle, ici, il n’y a pas de toit sur les maisons. D’ailleurs, on habite l'appartement tout en haut dans l'immeuble familial et on voit toute la capitale de notre terrasse qui fait presque 360°.

Le matin, je descends au rez-de-chaussée, chez Téta Nour et Sido Hannah et on déjeune ensemble avec mes sœurs, mes oncles, tantes et cousins cousines, etc. Ceux qui sont là. Elle nous cuisine du houmous, du foul, avec le bon pain arabe… quand j’ai fini mon assiette, elle veut absolument que j’en prenne une deuxième...Ah oui, je n’ai pas mon vélo, mais heureusement parce qu’on habite au-dessus d’une colline et ça monte et ça descend fort. Alors on fait tout à pied.

J’ai commencé à faire du basket et du tennis avec mes cousins Ussama et Hannah et le soir on joue dans la rue avec tous les copains du voisinage.

Je me suis bagarré quelques fois, mais je ne pouvais pas me laisser faire… c’est ce qu’a dit mon papa en tous cas.

Tu devrais voir les pastèques… Elles sont énormes et super bonnes. Ils vont bientôt m’appeler Monsieur Pastèque tellement j’en mange… le soir tard surtout…

J’adore me faire réveiller par le chant de la prière qui résonne dans toute la ville… Le plus beau, ce sont les silences entre les phrases… On se sent tout petit… Et comme il est encore très tôt, on peut rester dans notre lit et se rendormir.

Ici, je ne m’embête jamais et je me sens bien dans ma famille. Ils sont tous super gentils et accueillants.

On est tout le temps ensemble, je ne comprends pas encore tout ce qu’ils disent, mais ça va venir.

C’est ce qu’a dit ma maman en tous cas.

Je t’embrasse et donne-moi de tes nouvelles quand tu veux.

Karim "

Bien plus qu’un voyage physique, c’est une excursion musicale que nous offre le mélomane. Chaque image est une musique, chaque action est une note. Accompagné de Benjamin Luypaert, Karim Baggili se balade de la mer du Nord à la mer Morte.

L'interview dans son intégralité

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