Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

La Tunisie ce matin est à la Une de la presse.

L'assassinat - hier, à Tunis - d'une figure de l'opposition anti-islamiste renforce le climat de violence qui règne en Tunisie. Le titre, pour Libération, c'est la Révolution trahie. Cette exécution de Chokrï Belaïd a choqué la Tunisie et a provoqué aussi, on le constate dans vos journaux, pas mal de tensions.

Des tensions illustrées ce matin en Une du Corriere della Sera, de la Repubblica et du Temps. On y voit des manifestants s'opposer aux forces de l'ordre. La Repubblica parle d'un pays en révolte. Pas d'hésitation pour le Figaro, ce crime est politique. C'est une première, constate le quotidien francais, depuis la Révolution. Une première et un véritable signal d'alerte, estime Libération. Les responsables de ce qui apparaît comme un assassinat politique ne sont pas connus. Depuis des semaines, Chokrï Belaïd dénonçait courageusement les milices islamistes.

Pour le quotidien, une violence extrème s'installe dans ce pays qui fut le premier à se libérer de son dictateur. Comme en Egypte, la révolution s'abîme dans l'affrontement entre les intégristes et les opposants qui voient leur révolution confisquée.

Le Monde, sorti de presse avant l'assassinat de Belaïd propose justement ce matin un reportage à Suez en Egypte. Là, règne l'ordre, le deuil et la colère. La population de Suez la contestaire est sortie meurtrie du 2ème anniversaire de la révolution égyptienne. Plus de 5.000 personnes sont descendues pour voir aboutir leur revendication de pain, de liberté et de justice sociale. Les forces de sécurités centrales ont engagé une véritable chasse à l'homme, tirant à balles réelles sur toute personne croisant leur chemin. Le déploiement de l'armée a stoppé les violences mais les plaies sont à vif et la révolte couve contre le pouvoir islamiste.

Ce jeudi, c'est un sommet tendu qui s'ouvre à Bruxelles. Les dirigeants doivent tenter de s'entendre sur le budget 2014-2020.

Match amical, hier soir, entre France et Allemagne sous les yeux des deux dirigeants, Francois Hollande et Angela Merkel, rapporte le Temps. Mais le match qui doit se jouer aujourd'hui risque d'être bien moins amical. Pour le climat, rappelle le Temps, il y a un an, jour pour jour, Angela Merkel apportait son soutien à Nicolas Sarkozy, candidat à sa succession. Le sommet du jour est qualifié "hors du commun." Il s'agit d'éviter un nouvel échec. L'enjeu lui est simple. Les pays de l'Union traversent une crise économique et souhaitent réduire leurs ccontributions. La Grande-Bretagne dénonce le gaspillage des fonds publics et exige des coupes sombres. David Cameron se dit même prêt à brandir son veto.

Pour le Figaro, l'Europe, plombée par la crise, a su éviter jusqu'ici le débat politique sur son avenir. Voilà qu'avec les discussions qui s'engagent, ce débat lui revient de plein fouet avec cette question d'argent. L'Union joue une première historique, la baisse de son budget voulue par Angela Merkel aussi bien que par David Cameron. Voilà de quoi expliquer ce titre : Paris se retrouve isolé face à l'axe Londres-Berlin.

Pour finir, c'est un tableau qui fait l'image du jour. L'hebdomadaire Paris-Match dévoile le visage de l'Origine du Monde.

L'Origine du Monde, c'est ce tableau de Gustave Courbet, qui représente une femme, nue, allongée. Le tableau est connu. Dans sa composition, il a souvent étonné par son cadrage. On ne voit pas la tête du modèle. Paris-Match l'annonce cette semaine, ce visage est désormais connu. Un passionné d'art - qui a l'oeil plutôt aguerri - a analysé un autre tableau, qui représente le visage d'une femme. Les teintes correspondent. Les dimensions concordent. Le constat est sans appel et confirmé par plusieurs experts. Les fils de la trame sont similaires et l'oeuvre serait siglée des initiales du peintre. L'Origine du Monde serait donc une partie d'un tableau plus grand qui aurait été découpé.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK