Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

Avec, pour commencer, ce scandale de corruption qui menace le 1er ministre espagnol, Mariano Rajoy.

L'affaire est sérieuse. Depuis ce week-end, l'opposition socialiste réclame - rien de moins - que la démission de Mariano Rajoy. C'est ce matin le titre d'El Pais qui est au départ de cette affaire. Lui qui a publié des documents qui attestent que tous les dirigeants du Parti populaire ont reçu entre 1990 et 2008 des enveloppes d'argent non déclarées au fisc. Certains extraits de ces documents sont encore repris ce matin dans les colonnes du quotidien. Hier, c'est sur plus de 7 pages qu'on pouvait découvrir ces documents, des colonnes de comptes intitulés les papiers de Barcenas.

L'ancien chef de l'exécutif, José Maria Aznar, est visé. Tout comme l'actuel Premier ministre accusé d'avoir touché 25.000€. 7 millions et demi d'euros auraient été distribués via une caisse noire.

La colère des Espagnols est à la mesure de la tempête médiatique. Les chaînes privées ont consacré plusieurs émissions spéciales à ces accusations de corruption, alors que des manifestations ont éclaté à Barcelone, à Sarragose et à Madrid, devant le siège du Parti populaire. Certains éditorialistes réclament la chute du gouvernement et - non pas le retour aux urnes - mais la mise en place d'un gouvernement technique, à l'italienne.

Libération note ces faits aggravants. Le contexte économique désastreux, le chômage qui touche 6 millions d'Espagnols, la spirale de récession et les coupes budgétaires draconiennes. D'après un sondage réalisé ce week-end par El Pais, 4 Espagnols sur 5 réclament le départ des dirigeants du Parti populaire. 54% sont favorables à la tenue de nouvelles élections.

Chez nos voisins français, l'heure est plutôt aux félicitations. La presse se fait presqu'élogieuse pour François Hollande.

Des compliments au Président socialiste de la part du Figaro, c'est plutôt rare. Et pourtant, le quotidien n'hésite pas en évoquant la dette du sang de la France vis-à-vis des tirailleurs enrôlé jadis, François Hollande a rappelé une réalité historique mais il a aussi réveillé un sentiment de fraternité indélébile qui confère à la France un statut, une influence et une prééminence en Afrique de l'Ouest que jamais les Etats-Unis, la Chine ou le Brésil ne pourront revendiquer.

On est vraiment loin, là, des éditos qui descendaient en flamme le Président Hollande il y a quelques semaines à peines. Reste, comme le note le Monde, qu'au Mali le plus dur reste à faire. Reconstruire un Etat.

Allez, c'est l'image du jour. Barack Obama fait son coming out.

Pas avec un t-shirt arc-en-ciel, non, mais via une photo. On y voit le président américain, à Camp David, occupé à tirer à la carabine. Coming out, le mot est lâché par le Volkskrant qui a farfouillé dans les archives des présidents américains et qui propose dans une double page une série d'autres clichés. Roosevelt en trappeur, W. Bush, trappeur également mais version moderne, carabine à la main. Carter, probablement dans un expo commerciale sur les armes qui vise. Clinton, qui n'épaule pas l'arme mais qui la soupèse plutôt.

La photo de Barack Obama - on le voit - a été soigneusement sélectionnée. Le président ne chasse pas la perdrix ni le puma. Non, il est en polo. Casque anti-bruit sur les oreilles. Lunette de soleil - ou de protection. Surtout, c'est le seul - sur cette double page - dont on peut indéniablement dire qu'il fait feu. La fumée qui sort du canon est là qui en atteste. Le Corriere della Sera décide de couper court à toute interprétation et il titre : La Maison Blanche a fait circuler cette photo avant d'intervenir sur le marché des armes à feu... Message traduit encore par le quotiden : Pas d'inquiétude, le Président ne compte pas vous priver de votre hobby, regardez, lui aussi à le même passe-temps.

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