Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

Et pour commencer, cette déclaration de Silvio Berlusconi qui a fait polémique ce week-end.

En marge d'une cérémonie à l'occasion de la journée de la mémoire de l'holocauste, l'ex-chef de gouvernement italien a déclaré "Les lois raciales représentent la pire faute d'un leader, Mussolini, qui en revanche a fait de bonnes choses dans tant d'autres domaines".

Pour la communauté juive, c'est une honte. Pour le commentateur de la Repubblica, également qui constate : Ce n'est pas tant une ignorance de l'histoire, qu'un délire revisionniste qui profane la cérémonie en mémoire de la Shoah. Cette phrase-choc a fait le tour du monde constate le quotidien, qui le prouve, avec les captures d'écran de plusieurs sites d'informations. Die Welt s'est presque fait ironique, constate la Repubblica. El Mundo en Espagne, ou Libération répercutait également cette polémique.

En écho à cette polémique, une opinion, une chronique qui met en cause le rôle du Parti populaire européen.

Le PPE n'est pas exempt de responsabilité dans la resistible ascension de Silvio Berlusconi. C'est dans Libération qu'on lira ce matin cette chronique de Paolo Flores D'Arcais, directeur de la revue Micro Mega. Il met en cause le rôle du Parti populaire européen.

"La légitimation du dirigeant italien l'a aidé à surmonter certains moments de crise, qui sans l'appui international auraient pu décider de sa fin politique. (...) Cela ne diminue en rien la responsabilité des millions d'Italiens qui ont coupablement voté pour lui." Mais on peut s'étonner que les mesures prises - hier - à l'encontre de Jorg Haider, le leader autricihen - n'aient jamais été prises contre les gouvernements de Berlusconi. Le PPE continue à légitimer un personnage politique qui désormais porte des accusations de putchisme ou de complots contre d'autres dirigeants européens de son propre parti... Et en premier lieu contre Angela Merkel, en général accompagnés d'insulte. Que le Parti populaire européen continue à tolerer cela, reste un fait mystérieux. Mais l'Italien prévient. Aux côtés de Berlusconi par omission de ne pas l'avoir exclu, Merkel, Coppé et Rajoy seront donc moralement et politiquement responsables.

En marge de cette polémique, l'International Herald Tribune évoque un scandale qui touche la 3ième plus grosse banque d'Italie, Monte dei Paschi. Dans cette affaire, Mario Monti comme Pier Luigi Bersani sont critiqués par Silvio Berlusconi, au point, note le quotidien, que cela pourrait torpiller leur espoir de mener ensemble une coalition.

A la Une encore, plusieurs titres européens font leur ouverture de cet incendie survenu dans une discothèque brésilienne.

Le bilan est lourd. Plus de 230 victimes dans ce nightclub de Santa Maria. La façade du Kiss est à la Une du Frankfurter Allgemeine alors que le Volkskrant rapporte : la plupart des victimes étaient des étudiants. Ils n'ont pu, dans la panique quitter le bâtiment. Pour aider certains survivants à s'échapper, les équipes de secours ont dû percer un trou dans l'un des murs de la discothèque (Le Figaro). C'est l'une des pires tragédies que le Brésil ait eu à affronter, rapporte encore El Pais en Une.

Les commentaires sont encore nombreux ce matin au sujet de l'intervention française au Mali. "Les difficultés commencent" constate le Figaro car si la progression de l'armée française se poursuit, les soldats risquent de devoir désormais faire face à des groupes aguerris, mobiles et qui mèneront des actions de harcèlement dans un désert qu'ils connaissent bien. Plus compliqué, encore, note le quotidien, il faut - sans apparaître comme une force d'occupation, tenir les villes libérés ou plutôt aider l'armée malienne à le faire. Un vrai défi compte tenu de la propension des soldats locaux à se venger sur chacun pouvant être soupçonné de complicité avec les djihadistes.

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