Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

Et une presse, ce matin qui s'intéresse à la Chine.

La Chine se trouve pour partie plongée en ce moment dans un épais brouillard. Mélange de conditions climatiques et de pollution de l'air. Cette pollution est telle que respirer est devenu dangereux. Du coup, à Pékin et dans le nord de la Chine, certains portent un masque. A l'exemple de ces citoyens, en Une de l'International Herald Tribune. Ils exécutent leurs exercices de gymnastique, routine quotidienne mais sans presque pouvoir distinguer leur voisin. Le problème est sérieux, écrit l'International Herald Tribune qui rapporte de fortes augmentations du nombre d'admissions dans les hôpitaux, pour affection respiratoire.

La situation est telle que les médias d'Etat se sont mis à publier des articles agressifs sur l'état de la situation. Jusqu'ici, ils étaient plutôt resté discrets à ce sujet. En ces matières, la presse officielle dispose d'un peu plus de lattitude que sur d'autres questions comme le Tibet ou Taïwan, sujet tabou par excellence. Il n'empêche, cette soudaine liberté de la presse chinoise fait s'interroger les spécialistes.

Assisterait-on à une réforme douce? Ce brouillard, bien sûr, est impossible à nier. Sa dangerosité, elle, pourrait être cachée... La presse chinoise ne le fait pas et se déchaîne réellement. "Le manque de mesure adaptée est bien pire que le brouillard" titrait hier un quotidien chinois.

Pour certains, le gouvernement chinois pourrait profiter de cette crise pour lâcher du lest, vis-à-vis de la presse. Cela pourrait tout aussi bien être une manière de faciliter l'adoption de mesures pour réduire cette pollution.

Dans la presse encore, de nombreux commentaires sur l'intervention française au Mali. Commentaire français d'abord pour défendre cette opération.

La France, au Mali, est dans son rôle, écrit le Figaro qui salue la détermination du président français. - c'est suffisament rare pour être noter. Et le Figaro insiste : La France n'intervient pas en Afrique pour défendre des intérets particuliers, elle le fait dans le cadre des Nations Unies. Pour le Temps, à Genève, plus d'un demi-siècle après les décolonisations, il existe toujours entre la France et l'Afrique un lien ambigu, indéfectible. La France a tout sauf fini de "s'ingérer" militairement sur le continent africain. Ce qui a changé, c'est la manière. La France commence aujourd'hui la partie en amont, sur le terrain diplomatique, au Conseil de Sécurité, à New York. Mais ce qui n'a pas changé, c'est qu'en Afrique - où elle conserve de solides habitudes stratégiques, la France parvient toujours à entretenir l'apparence d'une puissance de rang mondial.

Attention, prévient pourtant le rédac'chef de la Revue Maghreb-Machrek, ce genre d'intervention a souvent plusieurs effets négatifs. Et par exemple, celui d'unifier les différentes factions actives au nord du pays. Les anciennes milices touareg de Kadhafi, les djihadistes algériens et les Touareg. Les traficants de cocaïne qui organisent dans le sahel le traffic au long cours.... Croire que tous ces individus sont des terroristes animés par une haine de l'Occident et la volonté farouche d'imposer la charia relève de la construction d'un imaginaire de la guerre. L'intervention armée française a pour première effet de cimenter entre elles ces composantes et de leur offrir une visibilité qu'elle n'avait pas jusqu'ici.

Extrait d'une longue page d'opinion à lire ce matin dans Libération. Il y en a beaucoup d'autres des opinions exprimées ce matin et je vous renvoie à ce sujet à la très bonne page de décryptage du Monde ce matin mais pour conclure, cette opinion : L'opération française au Mali est une choix. Celui d'empêcher la création d'un fer djihadiste au coeur du Sahel. L'opération Serval, c'est le choix du moindre mal.

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