Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De François Kirsch.

La triple exécution de 3 militantes kurdes à Paris demeure un mystère, ce matin, pour la police française. La presse - elle - évoque plusieurs hypothèses.

Un bâtiment protégé par un digicode. Aucune plaque indiquant à l'extérieur qu'il s'agit là du Centre d'information du Kurdistan. Pas de traces d'effraction, non plus. Et pas de vol constaté. Cela fait dire à l'International Herald Tribune que les victimes ont pu ouvrir la porte au tueur(s). La personnalité des victimes parle tout autant. Fidan Dogan, présidente de ce Centre d'information. Leyla Soylemez, activiste, et surtout Sakine Canziz, militante active dans les réseaux pro-kurdes d'extrême-gauche, et responsable des activités politiques du PKK en Europe.

Le Times en tout cas ne prend pas de gants. Ces meurtres sont liés au processus de paix, en cours. Et Libération pose alors les hypothèses, toutes politiques. Celle d'un règlement de compte interne au PKK, c'est la thèse évoquée par la Turquie. L'attentat perpétré par des extrémistes ultranationalistes turcs ou alors, une barbouzerie turque. Des agents secrets en rupture de ban, bien décidés à torpiller les négociations en cours entre Ankara et le leader kurde Abdullah Ocalan.

Pour en savoir plus, voyez le Figaro, qui dresse le portrait d'Ocalan. Fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan. Porte-drapeau de la cause kurde en Turquie, mais surtout emprisonné depuis 14 ans. Cet homme peut-il négocier la paix au nom de siens, s'interroge le Figaro, lui qui est détenu sur l'île prison d'Imrali.

Il en a en tout cas toujours l'autorité. Un mot de sa part a suffi à faire cesser la grève de la faim de 1.700 détenus kurdes qui réclamaient l'amélioration des conditions de détention de leur chef. Hier, à Paris, les militants et les sympathisants du PKK ne l'ont évidemment pas oublié. Il y avait parmi les manifestants de nombreux drapeaux à son effigie. Les plus durs du PKK refusent eux le dialogue entre les autorités turques et Abdullah Ocalan, l'exécution d'une de ces proches pourrait donc tout aussi bien, note Libé, être un message interne.

A Londres, la banque UBS continue de faire face aux conséquences du scandale de la manipulation du Libor.

Le Libor, c'est un taux de référence sur le marché monétaire, en résume un taux interbanquaire. Et pour fixer son cours, certains ont trafiqué des informations. Nous n'étions pas au courant des problèmes du Libor, affirme ce matin un ancien dirigeant d'UBS. C'est dans le Financial Times. Le Temps - à Genève, s'interroge lui sur la manière. Les anciens dirigeants d'UBS ont dû s'expliquer devant un comité parlementaire. C'est un exutoire, note le quotidien. Pour les autorités, pour les lésés et pour le grand public. Pendant plusieurs heures, en direct, sur internet, les grands méchants banquiers sont acculés par des questions. Le show est jubilatoire pour ceux qui n'auraient pas fini d'en vouloir à la banque. Pour les autres, l'exercice est un peu limité.

Un nouveau billet de 5. Il a été dévoillé hier à Frankfort.

Et ce matin à la Une de Die Welt. Il sera mis en circulation le 2 mai 2013, précise le quotidien allemand. Et on y retrouvera désormais la déesse Europe. Bons nombres de journaux reproduisent ce matin le moment symbolique. La signatude apposée par le patron de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, sur le billet. Mais c'est une autre signature qui fait parler d'elle ce matin,

La signature du nouveau secrétaire américain au Trésor, nommé jeudi soir par le président américain. Son paraphe se retrouvera lui aussi sur des billets. Les dollar, cette fois, mais la presse américaine s'en émeut... Cet homme a la pire des signatures. On dirait, note le New York Magazine, un ressort, ou un fil de téléphone. Un gribouillage, pour le Times qui s'amuse à imaginer ce que l'on peut déchiffrer la dessous... pas grand-chose, à moins d'avoir ce talent qu'ont les pharmaciens de savoir lire les prescriptions médicales. Un site de graphologie (l'étude de l'écriture) reconnaît qu'il s'agit de la plus étrange et la plus mystérieuse signature jamais vue en un quart de siècle.

Bref, l'euro fait bonne figure face au dollar.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK