Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De François Kirsch.

Les Etats-Unis se mêlent des affaires européennes.

Washington a mis en garde Londres, hier, sur les conséquences néfastes d'une sortie de l'Union de la Grande-Bretagne. Donc, dit l'administration Obama, c'est dangereux d'organiser un referendum sur la question, comme il en est question Outre-Manche. On peut lire dans le Guardian que c'est dans l'intérêt des Etats-Unis d'avoir une voix forte de l'allié britannique au sein du concert européen. Et que les Américains n'hésiteraient sans doute pas à menacer d'une dégradation de la relation privilégiée avec les Britanniques, s'ils s'avisaient de claquer la porte de l'Union. Or cette relation privilégiée, elle est capitale pour Londres, insiste le Financial Times ce matin. Tout comme le poids que la Grande-Bretagne a sur la scène internationale grâce à son appartenance à l'Union, et les inombrables avantages qu'elle tire du marché unique. Le quotidien des affaires appelle le Premier ministre Cameron, au lieu de jouer les filles de l'air, de s'affirmer sur le vieux continent, de reprendre le tête des pays membres pro-business, ceux qui voient dans l'Union un magnifique espace économique qui ne devrait néanmoins pas trop cultiver d'ambitions politiques.

Au Vénézuela, le Tribunal suprême de justice a jugé que le report de la cérémonie d'investiture d'Hugo Chavez était conforme à la constitution.

Comme il est un président réélu, il n'y a pas, selon les juges, interruption de la continuité du pouvoir. Hugo Chavez devait théoriquement prêter serment aujourd'hui. Mais son état de santé, dont on ne connait pas avec précision la gravité, l'empêche de sortir de l'hôpital de la Havane où il est soigné. Pour l'éditorialiste d'El Pais, à Madrid, l'état de santé du président vénézuelien est devenu un enjeu démocratique. Le peuple a le droit de savoir. Mais le Tribunal suprême, lui, a décidé d'agir comme si de rien n'était. Cela n'a rien de surprenant, Chavez l'a dépossédé récemment du peu d'indépendance qui lui restait. Or, le pays n'a pas tout le temps, comme les autorités en place semblent le faire croire. La maladie présidentielle, écrit El Pais, empêche de prendre des décisions capitales, comme la dévaluation de la monnaie, pour redresser une économie gérée de façon désatreuse par le régime.

En Italie, les législatives, c'est à la fin du mois prochain, et la campagne bat son plein. Il y a le centre-gauche de Bersani, le centre-droit de Berlusconi et centre-centre de Monti, le chef du gouvernement. On peut lire dans la presse transalpine ce matin que Pier Luigi Bersani, le champion de la gauche donc, largement en tête des sondages, presse Mario Monti de se mouiller, de dire avec qui il roule. Il tente donc de réduire le choix des électeurs à un traditionnel duel gauche-droite. Mario Monti refuse de s'y laisser enfermer, parce que cela l'excluerait bien évidemment. Il répond à Bersani : Je ne suis la béquille de personne.

Le scandale de l'aéroport de Berlin continue à faire couler beaucoup d'encre Outre-Rhin.

Quel scandale? Le fait que l'inauguration du nouvel aéroport à Berlin a été reportée quatre fois. Le problème, comme le résume le porte-parole de la Fédération allemande de l'électrotechnique, c'est que c'est mauvais pour l'image du pays. Pour les industriels allemands qui comptent bien participer à de grands projets d'infrastructures dans les mégalopoles asiatiques, l'affaire de l'aéroport ternit le renom du Made in Germany. Pour l'instant, aucune tête n'est encore tombée. Mais Die Welt titre ce matin que le capital de confiance de Matthias Platzeck diminue, confiance que le chef du gouvernement du land de Brandebourg va devoir redemander au parlement régional mardi prochain. C'est par contre aujourd'hui que le maire de Berlin, Klaus Wowereit, va se présenter devant son parlement régional. Mais les observateurs estiment que les deux dirigeants devraient rester en poste, afin de ne pas bouleverser les équilibres politiques à neuf mois des législatives.

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