Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De François Kirsch.

Le discours de Bachar Al Assad est commenté par de nombreux quotidiens européens ce matin.

Cela faisait depuis plusieurs mois que le président syrien ne s'était plus exprimé. Alors que selon les Nations Unies, le conflit dans son pays a fait au moins 60.000 morts depuis mars 2011. Bachar Al Assad a refusé de reconnaître l'insurrection d'une partie de sa population. Il n'y voit pas une opposition, mais des terroristes, des pantins fabriqués par l'Occident. Il a proposé une solution politique, mais pour mieux rester au pouvoir. Bref, résume Libération en Une, le bourreau s'entête. Il a confirmé par sa folle détermination ce que chacun pressentait : le martyre du peuple syrien devrait encore durer de longs mois. Et si Al Assad, poursuit Libé, même assailli, peut ainsi encore parader, il le doit à deux de ses puissants aliés, la Chine, et surtout la Russie. Et de tous les scénarios noirs qui se dessinent pour la Syrie, Poutine sera une fois de plus comptable, dans la longue liste de ses crimes contre les peuples.

La Syrie est la plaie ouverte du printemps arabe, écrit le Times. Et hier, le président a assuré qu'elle saignerait encore pendant longtemps. Bachar Al Assad est là et toujours bien, hélas, là. Le monde ne peut plus l'ignorer. Les gouvernements occidentaux ne peuvent pas faire grand-chose pour forcer le despote à se retirer. Seule la Russie le pourrait. Mais les occidentaux peuvent alléger les souffrances de la population, en aidant les 400.000 Syriens déplacés dans les pays voisins, dans des camps de fortune, en pensant en terme de corridors humanitaires. Ce rôle-là, est un impératif moral, conclut le Times.

La Repubblica compare les argumentaires de trois tyrans incapables d'accepter la réalité : Bachar Al Assad, Sadam Hussein et Mouammar Kadhafi. Tous trois se sont érigés, à tort ou à raison, en garant de la stabilité de leur pays. Ils ont prédit le chaos s'ils venaient à tomber. L'hier était beau, le présent est terrible, mais l'avenir pourrait être encore pire. Et cette rhétorique, en dernier extrêmité, s'est transformée en apologie du martyre.

Les déchirements au sein du parti libéral-démocrate font la Une de la presse en Allemagne.

Le FDP s'offre en spectacle, titre Die Welt. Comprenez que les libéraux, alliés des conservateurs au sein de la majorité fédérale, lavent leur linge sale en famille. Hier, c'était la traditionnelle réunion de l'épiphanie pour la parti. C'était également quelques jours avant une élection régionale en Basse-Saxe, à l'issue de laquelle le FDP pourrait disparaître du parlement faute d'obtenir les 5% nécessaires. Les libéraux ne parviennent plus, de manière générale, à convaincre les électeurs. Et le chef du parti, le jeune ministre de l'Economie, Philipp Rösler, 36 ans, est très critiqué par les militants, on doute de ses capacités à mener les combat des législatives à l'automne. Du coup, c'est la guerre des chefs. Et Dirk Niebel, éminence du FDP, confesse lui-même que cela le désole de voir dans quel état se trouve son parti. La chancelière Angela Merkel ne l'est sans doute pas moins. Sans un score suffisant des libéraux, elle pourrait se voir obligée de former un gouvernement de grande coalition, avec les socio-démocrates du SPD.

La photo de Gerard Depardieu s'étale dans de nombreux quotidiens européens.

L'acteur pavane, son passeport russe en main, lui à qui la République de Mordovie a offert un logement et le poste de ministre de la Culture. La photo de Gérard Depardieu un peu partout, de quoi exaspérer la Figaro qui écrit dans son édito que si Vladimir Poutine avait voulu se saisir de l'affaire Depardieu pour faire de la France la risée du monde, il ne s'y serait pas pris autrement. Et au passage, ce même Vladimir Poutine dont, je vous le disais, Libération a allongé la liste des crimes, au passage Vladimir Poutine donc, obtient de son nouvel obligé des éloges inespérés. Voilà son pays élevé par une idole des masses au rang de "grande démocratie". Le Figaro n'en demeure pas moins un journal de droite, et se serre à son tour de Depardieu, quelque part, en écrivant que l'accolade entre Poutine et l'acteur, si elle a la dimension d'une farce, n'en a pas moins le mérite de faire éclater à la face du monde toute l'absurdité de la politique fiscale du président François Hollande.

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