Le tour d'Europe

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De Nicolas Vandenschrick.

Dans cette presse européenne, l'affaire Depardieu fait encore beaucoup de remous.

Quel film, s'exclame ce matin le Figaro. La mauvaise farce que voilà. Par la faute du 1er ministre qui a jugé minable la décision de Gérard Depardieu, voilà que le sujet est devenu une affaire d'Etat. Un scénario français qui a aujourd'"hui un retentissement planétaire. Et le décret pris spécialement par Vladimir Poutine pour offrir la nationalité russe n'en est pas le moindre rebondissement. Pour le quotidien, c'est sans conteste la taxe de 75% qui est ici l'acteur principal de ce fiasco. Economique, diplomatique et politique. Et le quotidien conclut, François Hollande serait bien avisé de battre en retraite avant que la France ne soit la risée du monde entier. Pas sûr qu'il ne soit déjà trop tard.

Mais tous les commentaires ce matin ne visent pas que l'impôt sur la fortune, Le Temps à Genève constate que les réactions sont enflammées et visent surtout Gérard Depardieu.

Le Nouvel Observateur - par exemple ouvre le feu "Son coeur comme son portefeuille avaient déjà mis le cap sur l'Oural. La terre promise est vaste, pour Gérard Depardieu (qui) jamais ne rechigne à faire des ménages - pourvu qu'ils soient grands." Et l'hebdomadaire de citer les nombreuses publicités que l'acteur a déjà réalisées pour des banques d'Ukraine, de Pologne ou de Russie.

L'on s'interroge encore. Je ne pense pas qu'il parle russe, qu'il connaisse particulièrement l'histoire ou la culture de ce pays confie le directeur de la revue Télévision. J'imagine la colère, l'insulte même que peuvent ressentir les immigrés qui servent la France depuis plusieurs années et à qui l'on exige qu'ils prouvent leur amour du pays, leurs connaissances de la langue ou du passé de la France.

Le quotidien Le Soir regrettait que l'affaire Depardieu ne soulève que la polémique sans faire naître de débat de fond. La presse française tente pourtant ce matin de le lancer ce débat.

Libération qui se penche sur le cachet des acteurs. Sont-ils intouchables ces cachets? Le quotidien parle chiffre. La notoriété d'un jeune acteur ou d'une jeune actrice permet aux agents de négocier les contrats à partir de 100.000€. C'est le double de ce qui se négociait il y a dix ans. Les vedettes les plus célèbres attaquent d'entrée de jeu avec des sommes de 300.000€ pour un premier rôle. Mais ce n'est pas tout. A cela s'ajoute les à-coté. Les cars-loges. Le SUV de location réclamé le temps du tournage pour ne pas devoir user le sien. Les défraiements pour les repas. Les contrats encore avec les marques de luxe. Dans cet univers)là admet Libé, aucun chiffre n'est cité et l'on parle d'amitié. Le quotidien promet donc à ces lecteurs un débat public sur la question du financement du cinéma français. L'engagment est pris.

Allez on passe à une image. Une vue de la terre et surtout des déchets qui l'entourent.

La jolie planète bleue entourée d'une nuée de points blancs. Cest une projection, bien sûr mais qui reflète parait-il la réalité, notre planète est entourée de déchets spaciaux. Des sateltites inactifs, des étages de fusées, des sangles et des boulons... Le catalogue de l'US Space Command dénombre près de 15.000 débris. Ces objet,s explique Libération, représentent une double menace. D'abord, assez logique, le jour où de leur retour sur terre, on ne sait jamais trop où ils vont retomber. Et il y a là haut des turbopompes, des tuyères et autres morceaux de lanceurs russes qui font dans les 2 tonnes, explique un expert du Centre national d'étude spaciale. L'autre risque, c'est celui d'encombrer complètement certains orbites utiles. Le même chercheur l'explique assez simplement, si les débris se percutent les uns les autres, il risque de provoquer une réaction en chaîne de colissions et d'explosions qui provoquerait une fragmentation des déchets.

Alors, on légifère - un peu - pour diminuer les déchets. On refléchit, beaucoup pour trouver comment se débarasser des vieux satellites qui tournent dans le ciel. Pourtant, regrette Libération, lors de la dernière réunion de l'Agence spatiale européenne, rien de sérieux n'a été engagé.

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