Le tour d'Europe

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De Nicolas Vandenschrick.

Avec un premier message, plutot positif, c'est la Une de Libération.

2013, ça va bien se passer.

Pas sûr que ca rassure vraiment ceux qui s'inquiètent mais c'est pourtant bel et bien le but du quotidien qui passe en revue les principaux évènements de l'année. Histoire de s'attaquer aux prévisions des Cassandres. Il y aura bien un 100tième Tour de France. Des élections, à l'UMP et en Iran. Car, imaginez un peu, propose Eric Decouty, et si 2013 n'était pas cette année de la grande déprime, de la grisaille et de la douleur. Si plutôt, les mois qui viennent étaient ceux du courage et du refus de la fatalité. En un mot, l'année de la solidarité, ce mot sublime, remède absolu contre la dépression et le renoncement.

Les voeux du Figaro sont d'un autre ordre. C'est Serge Dassault, le patron du groupe et sénateur UMP qui les signe. Et qui s'emploit plutôt à expliquer à ses lecteurs en quoi, l'équipe au pouvoir - et la gauche plus généralement - est responsable de l'aggravation de la situation actuelle. 35 heures, Martine Aubry. Impôt sur les fortunes, François Mitterand. Rigidité du marché du travail, tous les gouvernements depuis '45 sous la pression des syndicats. De ces 3 maux, de ces 3 calamités françaises, tous les gouvernements en sont responsables. La gauche parce qu'elle est à l'originie de ces décisions. La droite parce qu'elle n'a jamais eu le courage de les abroger. Pire, pour Serge Dassault, crla fait 40 ans que ça dure. Et s'agissant de cet édito, lui aussi dure encore sur 4 longues colonnes.

Le Monde, lui, constate que tous ces voeux n'expriment que des souhaits et des désirs. Ceux de Serge Dassault comme les autres. De François Hollande, et son fragile espoir d'un redressement économique, comme ceux d'Angela Merkel plus froid. La crise, disait la chancelière, est loin d'être surmontée. L'environnement économique n'en sera que plus difficile. Les voeux du 31 décembre, conclut le Monde, n'auront donc en rien dissipé le flou et les incertitudes de l'année nouvelles...

L'info - qui tourne depuis hier soir - c'est ce budget américain qui évitera finalement de percuter ce mur budgétaire, comme on l'appelle, information décryptée ce matin dans la presse.

Avec des illustrations, d'abord. Coyotte Bill, personnage de dessin animé, tient en suspens, dans le vide. Probablement juste au-dessus de la falaise budgétaire. C'est la Une du Frankfurter Allgemeine qui résume : Beep Beep et surtout qui s'interroge... Quo vadis Amerika... Où vont ces Etats-Unis qui ont réussi à éviter le mur budgétaire mais qui risque d'ici quelques semaines de devoir encore se faufiller entre bien d'autres dossiers. Image encore pour la Repubblica - et celle-là est particulièrement bien trouvée. Une photo de Barack Obama, prise à la volée, lors d'un point presse. L'aigle, symbole des Etats-Unis est masqué par la tête de Barack Obama et ses deux ailes transforment alors le président en diablotin.

Le texte est donc voté au Sénat. Les coupes dans les dépenses sont écartées, repoussées à plus tard. La fiscalité des plus riches sera nettement allourdie. La Chambre des Représentants doit encore se prononcer, ce qui donne ce titre au Financial Times, les Etats-Unis attendent le verdict budgétaire... Texte voté depuis la sortie de presse.

En guise d'analyse, un chroniqueur du Times ajoute encore : Il n'y a strictement aucun moyen pour un non-Américain de comprendre complètement le contexte et la nature de ce qui se passe aux Etats-Unis. Mais il suffit de se rappeler que les Etats-Unis sont la plus grande économie au monde et le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre pour comprendre combien ses décisions budgétaires nous importent.

Retour au Frankfurter et à son image. On attend donc de savoir si Coyotte Bill franchira le fossé ou s'il va s'écraser au fond.

Un dernier mot pour saluer la fin d'une époque. Newsweek dit adieu au papier. Ce sont les Echos qui l'évoque ce matin en reprenant la couverture du célèbre hebdo. Une photo, noir et blanc, du building à l'époque entièrement propriété de Newsweek. Par-dessus, un titre court et sans espace, à la façon d'un mot clef de Twitter : #lastprintissue (dernier numéro imprimé).

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