Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

Ce matin, la presse européenne a le regard tourné vers la ville de Newtown où les premières inhumations ont eu lieu.

Des cortèges d'enfants qui se rendent à une cérémonie d'hommage en Une d'El Pais. Le président assis, et plongé lui aussi dans le recueillement. L'image est en Une du Frankfurter Allgemeine et donne surtout le sentiment d'un homme qui doit désormais faire face à ses responsabilités. Le camp des démocrates en tout cas, a lancé l'offensive explique le Times. Certains, au Sénat, ont déjà souligné qu'un contrôle des armes était nécessaire. Le Times qui note encore, l'Amerique, folle d'armes commence à réfléchir. Mais qui, en commentaire, le reconnaît, le moment pour réformer la Loi sur les armes est peut-être venu mais ce n'est assurément pas une législation qui parviendra à éradiquer cette fière et vieille culture de l'arme. Un commentateur qui n'y croit pas trop à ce changement. Pour la plupart des Américians, le vrai débat c'est de savoir comment empêcher des fous de commettre ce genre d'actes sans diluer notre droit de porter des armes. La Loi, elle, estime cet Américain, ne bougera que d'un pouce ou deux.

Tout à l'heure, Nicolas, dans la revue de presse belge, vous évoquiez le dossier Gérard Depardieu, il est encore, ce matin à la Une de la presse française.

Oui, les quotidiens n'en démordent pas. La polémique est à son comble. Et notre ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders y est allé de son couplet. En Une du Figaro, celui qui a incarné les finances pendant 12 ans - aujourd'hui, pour les plus distraits, c'est Steven Vanackere qui gère les finances, mais qu'importe. Didier Reynders donc rappelle à la France que c'est à elle d'assumer les conséquences de son système fiscal. Ce qui fait réagir le chef de la diplomatie belge, c'est qu'on veuille transformer la Belgique en bouc émissaire. Il est fallacieux de faire croire que la Belgique fait tout pour attirer les Francais.

Et dans le Figaro, 80% des lecteurs disent comprendre la colère de l'acteur, le Figaro de préciser alors : L'Angleterre ou la Belgique ne figurent pas sur la liste des paradis fiscaux, mais dès lors qu'il s'agit de les comparer à la France, ces deux pays en prennent l'allure. Conclusion du quotidien, le paradis ce n'est pas nous, c'est plutôt la France qui a des allures d'enfer fiscal.

Dans Libé, c'est l'inverse et c'est en page rebond qu'un comédien adresse directement sa lettre à "Gérard". Tu votes pour qui tu veux. Tu fais ce que tu veux mais ne demande pas le respect. Pas toi... Sors de scène Montfleuri et puisqu'on est dans Cyrano, rappelle-toi de cette réplique qu'il adressait à De Guiche se débarassant de son écharpe blanche pour sauver sa peau... On n'abdique pas l'honneur d'être une cible. Tu quittes ce pays en plein siège d'Arras sous les yeux des cadets médusés... Adieu.

Froide riposte aux rigueurs du fisc francais, pour les uns, ou farce burlesque, pour les autres. Chacun, écrit le Monde, serait bien avisé de réfléchir aux causes de ce psychodrame. La taxation à 75% des revenus dépassant le million est confiscatoire pour la droite. Inefficace quand elle est appliquée dans un seul pays. Et finalement bien mal engagé. Oui, le relèvement de l'impôt est nécessaire et les plus riches doivent contribuer plus que les autres, estime le quotidien, mais in fine, la brutalité symbolique des 75% sape ce message.

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