Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

Vous avez fait ce matin, le tour de la presse européenne. Une presse qui évoque encore, ce matin, l'hommage aux victimes de la fusillade de Newtown.

Oui, presse allemande en tête, Die Welt et le Frankfurter Allgemeine ouvrent ce matin leurs éditions sur ces bouquets, ces bougies ou ces peluches apportées en guise d'hommage. A la Une de l'International Herlad Tribune, encore, quelques sapins de Noël reccueillent ces marques d'empathie comme autant de décoration... Il y a beaucoup de larmes en Une de la presse. Une émotion qu'on a vue également sur le visage de Barack Obama, c'était, ce dimanche, déjà à la Une du Monde, à Paris.

"L'Amérique pleure ses enfants. Le pays est en deuil après la tuerie de l'école de Sandy Hook, mais les larmes d'Obama ne suffisent pas, écrit le quotidien français. Le Président s'est jusqu'à présent contenté de réconforter. Ce n'est pas le jour de faire de la politique, a expliqué son porte-parole.

"Pourtant, appuye le Monde, les larmes ne suffisent pas. Et si l'Amérique veut éviter que de telles tragédies se reproduisent, il faudra faire de la politique. Bien sur, aucun pays n'empêchera un fou ou un monstre de commettre des tueries. La pacifique Norvège en a fait l'expérience. L'Allemagne a connu une tragédie comparable". Ajoutons Liège et sa Place Saint Lambert.

"Mais, reprend le quotidien, il n'empêche. Les Etats-Unis sont le théatre de fusillade à répétition. Parce qu'il est beaucoup trop facile de se procurer des armes. Le taux d'homicide y est 5 fois plus élevé qu'en la France. Celui d'homicide par armes à feu 16 fois plus fréquent qu'en Allemagne. Peut-être, comme le repète le lobby des armes, ce ne sont pas les armes mais les gens qui tuent. Peut-être, mais les gens désarmés, eux, tuent moins."

Et cet appel à changer la donne, le Times, ce matin, le répercute encore en Une.

Pression sur Obama pour agir rapidement. Le quotidien britannique évoque là non pas son opinion, comme le fait le Monde, mais bien la pression du camp démocrate. Ce matin, peut-on lire, le président devra affronter une demande des démocrates d'assurer un plus grand contrôle sur la délivrance d'armes létales, comme ce fusil d'assault qui a tué 20 élèves de Sandy Hook. Le texte vise à interdire en fait les armes de guerre. Ce débat sur les armes est encore répercuté ce matin en Une de l'International Herald Tribune et du Financial Times qui écrit... A l'image de Colombine, Sandy Hook sera désormais associé pour toujours à une tragédie qu'aucune société ne peut tolérer. Cela devrait aussi être le point de départ d'un véritable contrôle des armes aux Etats-Unis car si cette tragédie ne secoue pas suffisament Washington pour qu'il agisse, alors rien ne le fera.

Au rang des opinions, encore le Times constate qu'à chaque terrible tragédie, un appel à la réforme est lancé. Voyez le Volkskrant à ce sujet, qui reprend les couvertures de Time magazine depuis 1989. L'Amérique armée. C'en est trop. Armes, discours et folies, Comment les armes ont gagné, titrait encore le magasine en août dernier... Bref, un débat sans cesse relancé. Peut-être, cette fois, conclut le Time, les circonstances seront elles favorables au changement.

Face à ce débat, la France, elle, se livre plutôt à un grand débalage public sur le cas Depardieu.

Et la presse choisit son camp. Pour le Figaro, dans l'affaire Depardieu, le gouvernement perd ses nerfs mais le quotidien précise tout de même, obtenir la nationalité belge est un parcours du combatant. Pour Libération, Depardieu pousse le bouchon. D'ailleurs, sur le plan administratif, seul l'Etat français pourrait le déchoir de sa nationalité. Entre les deux, le Monde, sorti de presse hier midi, passe son tour. La trouvaille, c'est le Nouvels Obs avec ce titre... Depardieu en Belgique, organisons impôt de départ.

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