Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

Avec, en Une de la presse, ce matin, l'invité surprise du sommet européen de Bruxelles.

Et cet invité ce n'est pas l'accord, obtenu sur la supervision du secteur bancaire européen, non, l'invité surprise, c'est la politique italienne. Mario Monti, en pleine conversation avec Angela Merkel. Face à Silvio Berlusconi, bien seul, lui face aux cameras. C'est la Une de la Repubblica qui l'écrit ce matin. Il Professore Monti se retrouve plébiscité par le PPE, le parti populaire européen, celui qui regroupe les forces européennes de centre droit et auquel le dirigeant italien n'appartient pas. En face, Berlusconi se retrouve bien isolé.

Quelques exemples. Avant la réunion des chefs d'Etats, la Commission a reçu Mario Monti. Ensuite, ce fut au tour du PPE, Wilfriend Martens qui dirige le parti européen a lui même invité Mario Monti, rapporte le Corriere della Sera. Certains sont restés discrets, d'autres plus francs, voyez le titre en une d'El Pais. Angela Merkel soutient une candidature de Mario Monti contre Silviuo Berlusconi. Le Premier ministre finlandais lui a ouvertement salué le bon travail réalisé en Italie... "Nous voudrions voir cela continuer". Côté socialiste aussi on a salué Mario Monti. Au moment d'arriver au sommet, François Hollande a même fait demi-tour pour accueillir Mario Monti. Berlusconi lui-même a eu cette déclaration... "Si quelqu'un comme Mario Monti est disponible, s'il peut rassembler tous les modérés italiens, je serai content de ne pas être candidat à mon âge". Silvio Berlusconi a 76 ans.

Changement d'orientation dans le dossier syrien. La Russie émet de sérieux doutes sur les chances de survie du régime Assad.

C'est une première note le Volkskrant. La Russie reconnaît qu'une victoire de la rebellion syrienne est possible. "Malheureusement" possible, selon le Vice ministre des Affaires étrangères. La Russie d'ailleurs envisage désormais un plan de retrait de ces 30.000 ressortissants. Quelques heures après, c'est Anders Fogh Rasmussen, secrétaire générale de l'OTAN, qui estimait que la fin du régime Assad est proche. L'utilisation de missile scud contre la population a été évoquée et cela semble avoir donné un coup d'accélérateur à l'opinion internationale. Damas dément, mais les Etats Unis maintiennent.

Le monde lui, choisit ce matin d'en faire une double page. Photos de simples citoyens syriens jetés dans la guerre. A côté de chaque photo, un habitant de Damas raconte un attentat. Ghadir un écolier, envoyé à l'épicerie, explique. C'était un jeudi soir, le 6 décembre. Sur le chemin, une voiture a explosé et mon corps s'est envolé dans les airs. J'ai vu le corps d'une femme démembré par l'explosion. Khaled, ouvrier, se cache le visage. En route pour le travail, il a vécu une double explosion. Lui et son frère sont vivants mais l'enfant d'un voisin n'a pas eu cette chance.

Damas - depuis quelques semaines - vit au rythme de ces attentats. Qui se cache derrière ces explosions? Les médias ont du mal à trancher. Les partisans du régime accusent leurs opposants qu'ils englobent sous le label terroristes. Les sympathisants de la révoluton dénoncent une mise en scène du régime dont l'expérience en matière de coup tordu et de manipulation a été amplement démontrée au Liban ou en Irak. Seule certitude, conclut Benjamin Barthe, le désarroi et la souffrance de la population syrienne prise au piège d'une guerre civile.

Et puis, un film, Nicolas, fait beaucoup parler de lui. "Zero Dark Thirty" un film qui retrace la traque de Oussama Ben Laden et qui provoque une solide polémique.

Ce film de Kathryn Bigelow réouvre un douloureux débat aux Etats-Unis, écrit El Pais. La question de l'utilisation de la torture par la CIA pour obtenir des informations. La réalisatrice se défend. Il s'agit d'une adaptation. Le tournage a d'ailleurs commencé avant la capture du terroriste. Malgré la polémique, le film est déjà un succès critique. Pour le Times, à la différence d'un jack Bauer dans 24 heures chrono qui emploit la torture comme un outil de tous les jours, le film de Bigelow laisse le choix aux spectateurs de juger l'usage de cette torture.

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