Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De Nicolas Vandenschrick.

Il se passe beaucoup de choses ce matin, mais c'est surtout le déménagement fiscal de Gérard Depardieu qui fait la Une.

En tout cas chez nos voisins français. Libération d'abord qui rebaptise l'acteur... Le Manneken fisc et qui écrit : Il y a si longtemps que seul l'argent l'intéresse. Pas étonnant donc de voir Gérard Depardieu rejoindre la colonie des Français exilés fiscaux. L'ancien comédien génial est devenu homme d'affaire poujadiste obèse et aviné. Cet exil dans le seul but de protèger ses économies, avant d'être politique, est pathétique. Libération n'est pas tendre qui ajoute : L'absence de sens moral dont il fait preuve aujourd'hui, est partagé par d'autres personnalités moins truculentes mais sans doute, beaucoup plus politiques. Il est temps que l'Etat cesse de sous-estimer cet exil fiscal et travaille à une harmonisation européenne des impôts.

Le Figaro se penche lui sur le patrimoine de l'acteur... des vignobles, une poissonnerie à Paris - le Moby Dick. Quelques restaurants de luxe, de l'immobilier et des objets d'art... Plutot qu'aviné, le Figaro parle d'homme d'affaire avisé. Et lance la question à ces lecteurs : Comprenez-vous l'exil fiscal de Gérard Depardieu. On aura - demain - les résultats de ce débat de société. Le Monde en pointe un autre, de débat. A Néchin, la localité choisie par l'acteur, le prix du mètre carré a explosé, + de 2.000% en 15 ans. Car il faut le savoir, Gérard Depardieu ne sera pas le seul Français du coin. Un quart du village est français dont les Mulliez, la famille du fondateur du grand magasin Auchan, installé là depuis 1990.

En Italie, c'est le retour de Silvio Berlsuconi qui ne cesse de faire parler de lui.

L'annonce du départ de Mario Monti, d'un côté et le retour bien orchestré de Silvio Berlusconi de l'autre. Il n'en fallait pas plus pour faire trembler les marchés. El Pais comme le Volskrant l'annonce en Une, le marché s'inquiète du retour de Silvio Berlsuconi. Le Monde, d'ailleurs choisit ce matin de mettre les deux hommes en paralèlle.

L'un, Mario Monti, prêt à regagner sa place. L'autre Berlusconi avec cette déclaration : C'est avec tristesse que je reviens à la vie publique.

Il professore Monti contre Il cavaliere. Le match est rude. Et c'est le monde qui décrypte ce matin cette leçon de tactique.

En fixant déjà le terme de son règne, Mario Monti a pris deux avantages. Sa manoeuvre renvoie sur Silvio Berlusconi la responsabilité entière de la crise gouvernementale et le prive du temps nécessaire pour se transformer en opposant crédible, lui qui a engagé son parti de la Liberté à soutenir le gouvernement pendant 13 mois. Monti, entré en fonction dans les habits d'un austère professeur d'économie en ressort homme d'Etat regretté par ses pairs. Et l'ancien commissaire se retrouve avec l'embarras du choix. Champion pour les prochaines législatives, nouveau président de la République au Quirinal voire successeur à Bruxelles d'Herman Van Rompuy.

L'image vaut son poids de symbole. L'Union européenne a reçu hier le prix Nobel de la paix.

Et ce fut donc l'occasion de voir François Hollande et Angela Merkel, main dans la main saluer l'évènement. Et se faire copieusement applaudir. On les voit, à la une de la presse européenne. El Pais, en tête. Die Welt choisit plutôt le sérieux un peu austère de José Manuel Baroso et d'Herman Van Rompuy. En Une du Financial Times c'est à nouveau les sourires du Francais et de l'Allemande qui s'affichent, mais entre eux, manière de dire qu'il est encore là... c'est Mario Monti, l'Italien qui se penche et glisse un mot à l'oreille du tandem.

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