Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De François Kirsch.

Le président français reçoit aujourd'hui le patron d'Arcelor Mittal

François Hollande va tenter de convaincre Lakshmi Mittal de céder la totalité du site de Florange, en Moselle. Tandis qu'Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, menace de nationaliser temporairement le site, s'il faut en passer par là pour trouver un repreneur. Arnaud Montebourg dont le discours, écrit Libération, évoque la possibilité d'un retour au socialisme triomphant du début des années 80. Le ministre cherche à prouver qu'un gouvernement qui défend une hausse de la TVA peut encore avoir des réflexes de gauche. Monsieur Montebourg, écrit le journal Le Monde, peut espérer raviver la flamme auprès des classes populaires qui ont déserté le parti socialiste depuis des années. Mais les déceptions risquent d'être grandes, et le retour de bâton aussi violent que celui qui suivit les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy. Car il faut recadrer, Arnaud Montebourg a également déclaré qu'il ne voulait plus de MIttal en France. Une entreprise qui emploie, tout de même, 20.000 salariés sur 150 sites dans l'Hexagone. François Hollande, estime le Monde, doit désavouer les propos d'Arnaud Montebourg lors de son entrevue avec le patron d'ArcelorMittal. Le Figaro écrit que, partie comme elle l'est, l'affaire de Florange est désormais comme une grenade dégoupillée. D'abord pour le gouvernement qui risque fort d'étaler au grand jour son impuissance. Ensuite pour la France, à l'égard de laquelle la défiance des groupes étrangers grandit. Les patrons de ces grands groupes, ils ont sur la table du petit déjeuner, le financial Times. Et de fait, le financial Times écrit que, certes, la vie politique française n'est jamais en mal de coups de théâtres. Mais, sachant cela, c'est tout de même étonnant d'entendre un ministre dire à l'un des plus grands investisseurs industriels du pays qu'il n'est plus le bienvenu. Le boulot d'Arnaud de Montebourg, c'est de trouver un moyen pour raviver l'industrie, pas pour l'achever. Le financial Times est clair : si la France nationalise simplement parce qu'une entreprise est forcée de restructurer, cela équivaudra à placarder un grand "n'investissez pas!" sur ses frontières.

Une étude montre la démotivation des jeunes travailleurs allemands.

Une étude du bureau Allensbach, qui fait la Une de Die Welt ce matin. 55% des moins de trente ans sont convaincus qu'outre-rhin, il est devenu impossible d'encore réussir sa vie grâce aux efforts et au travail. Pour die Welt, c'est inacceptable. L'éditorialiste lance aux jeunes allemands : ne vous plaignez pas. Et de prendre l'exemple de Sebastian Vettel, qui vient d'être sacré champion du monde de F1 pour la troisième fois consécutive : lui n'hésitait pas, à ses débuts, pour être à l'heure pour telle ou telle course de kart, à dormir dans le coffre de la voiture de ses parents. Et voyez où il en est arrivé! Il n'est pas le seul exemple, évidemment. La chancelière, Angela Merkel, venue d'une humble famile d'Allemagne de l'Est. Le problème c'est qu'aujourd'hui, les jeunes ne croient plus en leurs chances, ils n'ont plus l'envie de gagner. Et les partis politiques allemands se rejettent la responsabilité : qui a baillonné les lendemains qui chantent?

En Espagne, le patron des indépendantistes catalans tente de gérer son échec aux élections 

Sanctionné pour sa politique d'austérité, le parti du président catalan Arturo Mas a vu sa majorité au parlement régional fondre de 62 à 50 sièges sur les 135 de l'assemblée. Toute une partie de l'électorat s'est tourné vers la gauche indépendantiste. El Pais résume : soit Arturo Mas devra renoncer à son programme économique en cas d'alliance avec la gauche, soit à son programme indépendantiste avec la droite.

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