Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De François Kirsch.

L'Eglise anglicane est en crise.

La pire crise depuis des décennies, écrit le Times. Hier, le synode général de l'Eglise d'Angleterre s'est prononcé contre la nomination de femmes évêques. Alors que les femmes pasteurs représentent un tiers du clergé Outre-Manche. Le synode général comporte trois chambres, celle des évêques, celle de clercs et celle des laïcs. Les évêques et les clercs ont voté pour. Mais les laïcs, contre, et c'est la tendance traditionnaliste qui l'emporte donc. Pour le Times, l'Eglise anglicane s'est privée du droit de donner de la voix dans la vie temporelle, publique, l'évolution de la société. Le quotidien parle de jour triste et honteux pour l'Eglise d'Angleterre. Tandis que le commentateur du Guardian écrit ce matin : je crois que je viens de voir l'Eglise se suicider. Et l'Independent, que cette décision relègue l'Eglise dans le passé.

La Turquie a demandé à l'OTAN de déployer des missiles Patriot à sa frontière avec la Syrie. Des missiles qui seraient fournis par l'Allemagne et peut-être les Pays-Bas. L'éditorialiste de Die Welt écrit ce matin que cette option est risquée car Ankara se rapproche dangereusement du Hamas et fait presque siens des discours voulant qu'Israël est un état terroriste, à mort Israël. En fait, ce serait donc à l'état hébreu que l'Allemagne devrait donner ses missiles, plutôt qu'à la Turquie. Il faut donc s'assurer, conclut Die Welt, que le soutien de l'Allemagne à la Turquie contre la Syrie ne soit pas perçu comme un soutien à la rhétorique de haine contre Israël.

Cela fait un an que la droite arrivait au pouvoir en Espagne.

Et El Pais, considéré comme plus proche de l'opposition socialiste, tire pour l'occasion un bilan qui se résume à ceci : c'est encore pire aujourd'hui qu'il y a un an. Le pays continue à s'enfoncer dans la crise, le chômage augmente encore plus vite, les aspirations autonomistes s'affirment, celles de la Catalogne en premier lieu. Le style du chef du gouvernement, Marianno Rajoy, déplait souverainement au quotidien espagnol, lui qui s'affiche toujours comme le leader barbu et tranquille, perché dans de hautes et calmes sphères, alors qu'en bas, le peuple s'inquiète et vocifère, dénonçant des messages considérés comme moins célèstes que nébuleux. L'Espagne aujourd'hui, pour El Pais, ce sont les gesticulations d'un moribond qui se contente d'essayer d'éviter un sauvetage global des institutions internationales.

En Italie, la Repubblica continue à consacrer ses pages événement à une nouvelle affaire Berlusconi. Mais cette fois, le Cavaliere était la victime. Victime d'une tentative d'extorsion. C'est la police qui a annoncé lundi avoir arrêté trois Italiens et trois Albanais. Ils sont soupçonnés d'avoir pris en otage le comptable de l'ancien dirigeant italien. Et d'avoir voulu échanger des documents contre le versement de 35 millions d'euros. Des documents qui auraient été nécessaires à Silvio Berlusconi pour gagner un procès en appel.

La France a perdu son triple A.

C'est l'agence de notation Moody's, cette fois, après Standard and Poors, qui a dégradé la France. Pour le Figaro, c'est clair, la perte du triple A oblige le président Hollande à réformer. Le rétablissement des comptes publics repose sur une prévision de croissance tellement élevée qu'il n'y que le gouvernement pour y croire. La compétitivité continue à s'éroder inexorablement. Quant aux réformes structurelles, aucune n'a été engagée pour modifier en profondeur l'économie depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée. Le Figaro insiste, cette nouvelle dégradation de la France doit être prise pour ce qu'elle est : un ultime avertissement avant que les choses ne se gâtent sérieusement.

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