Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De François Kirsch.

La presse française commente ce matin le fiasco de l'élection à l'UMP.

Et n'est pas tendre. Le quotidien de gauche Libération, évidemment. Sa manchette : "la foire du trône". Ce trône finalement décroché par Jean-François Copé après une journée de cacophonie où les deux candidats, Copé et François Fillon, revendiquaient chacun la victoire. Rire, écrit Libé. Rire d'abord, et à gorge déployée, en voyant l'opposition battre le gouvernement à plates coutures en termes d'amateurisme et de couacs majuscules. Et puis constater. Les socialistes sont tout aussi nuls pour élire leurs dirigeants. Reflet du profond malaise de la démocratie française. Mais si la droite a tant de mal à se donner un chef, c'est qu'elle tourne désormais autour d'un trou noir qui se nomme front national.

Le Figaro aussi, a trempé sa plume dans le vitriol et titre : le jour où la droite a perdu la tête. Ce n'était pas la peine de célébrer avec des trémolos dans la voix le grand exercice démocratique pour, in fine, se couvrir de ridicule comme les socialistes. Le PS se déchaîne contre la droite la plus bête du monde, et on ne peut pas lui donner tort. Le Figaro doute néanmoins que l'UMP reste durablement divisé. Et appelle à l'unification contre l'ennemi de gauche.

Le gouvernement espagnol songe à écouler son parc immobilier contre des permis de résidence.

Un projet très controversé qui fait le Une d'El Pais. On sait que si l'Espagne est en proie aux pires difficultés, c'est notamment à cause de l'éclatement de la bulle immobilière. Dans le pays, il y a des villes entières désertes, jusqu'à 1 million de logements qui n'ont jamais trouvé acquéreur. Il faut vendre, trouver des acheteurs. Le gouvernement Rajoy pense à les attirer en leur promettant un permis de résidence en échange. Cela ne concernerait que les biens d'une valeur supérieure à 160.000 euros. Ce ne sont donc pas n'importe quels acheteurs étrangers qui sont invités en Espagne. Le secrétaire d'état au Commerce ne s'en cache d'ailleurs pas, ce sont les riches russes et les riches chinois. El Pais indique que les associations de défense des immigrés et de victimes du surendettement dénoncent un projet immoral. Tout comme l'opposition socialiste qui accuse la droite au pouvoir de marchander les permis de résidence.

Le Frankfurter allgemeine consacre sa Une à une demande de la Turquie.

Une requête qui, selon le ministre allemand des Affaires étrangères, Thomas de Maizière, devrait être introduite très bientôt. La Turquie demanderait à l'OTAN que des missiles PATIOT soient déployés à sa frontière avec la Syrie. Le secrétaire général de l'alliance s'est déjà dit prêt à examiner prioritairement l'éventuelle requête du gouvernement turc. Et comme l'indique le Frankfurter, Thomas de Maizière s'est déjà montré tout aussi ouvert. Il faut savoir que les missiles en question seraient mis à disposition par l'Allemagne et les Pays-Bas, les deux seuls pays européens de l'OTAN à en posséder.

En Grande-Bretagne, l'usage des drônes pose de plus en plus de questions. Des questions suffisemment embarassantes pour que les députés - c'est une exclu du Times - envisagent d'enquêter sur cette technologie et d'en débattre. Les drônes, je vous le rappelle, ce sont ces petits avions télécommandés largement utilisés dans la guerre contre le terrorisme. Les drônes deviennent l'une des armes les plus importantes de l'arsenal militaire britannique et américain. Et si les parlementaires d'Outre-Manche mettent leur nez là-dedans, selon le Times, cela pourrait forcer les Etats-Unis et la CIA en premier lieu à en dire davantage à propos de cette "secret war", cette guerre secrète contre Al-Qaida, dans laquelle des centaines de civils innocents pourraient avoir péri, victimes d'avions par trop aveugles.

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