Le tour d'Europe

Drapeau européen
Drapeau européen - © Google

De François Kirsch.

Le conflit dans la bande de Gaza fait la Une de plusieurs quotidiens européens ce matin.

Le conflit, oui. Peu sont ceux qui s'avancent à parler de guerre. Comme le Frankfurter Allgemeine qui titre sur les efforts de la diplomatie pour mettre un terme au conflit de Gaza. L'urgence de la négociation, insiste le Figaro. Si l'Etat hébreu est en droit d'exiger l'arrêt des tirs de roquettes, une offensive terrestre, une guerre en somme, aurait des conséquences dramatiques pour les 1 million 600 mille habitants de la bande de Gaza, mais aussi pour les Israéliens eux-mêmes. Le Hamas est mieux armé aujourd'hui qu'il y a 4 ans, mais il est aussi moins isolé sur la scène internationale. Aux Iraniens, aux Syriens et au Hezbollah libanais, ses alliés du camp radical, sont venus s'ajouter la Turquie, le Qatar et la nouvelle Egypte des Frères musulmans. Il y a là une menace considérable pour Israël. La presse italienne souligne en gros caractères que des enfants, des bambini, comptent parmi les victimes dans la bande de Gaza. Encore une fois, les femmes et les enfants sont les victimes, renchérit le Times. De quoi renforcer la perplexité à l'écoute des déclarations répétées d'Israël selon lesquelles les cibles de ses frappes chirurgicales sont scrupuleusement choisies pour éviter les dommages collatéraux. Pour un journaliste de la Repubblica, aucun doute, ça s'écrit Gaza, mais ça se prononce Téhéran. Pour l'état hébreu, l'opération sur Gaza, d'après notre confrère italien, c'est mettre à l'épreuve le président des Etats-Unis. Savoir jusqu'à quel point Israël peut compter sur Barack Obama, à la veille de possibles bombardements sur les installations nucléaires iraniennes.

Barack Obama qui, selon El Pais, devrait revoir toute sa politique de sécurité.

Il devrait profiter de l'occasion qui lui est offerte par la démission du patron de la CIA, David Petraeus, impliqué dans une affaire de moeurs. David Petraeus, le général qui a modifié le visage de la guerre en Irak. David Petraeus, dont l'arrivée à la tête de la CIA fut l'apogée d'un mouvement de militarisation de l'agence centrale des renseignements, entamé au lendemain des attentats du 11 septembre. C'est la CIA qui a envoyé en premier ses agents en Afghanistan, c'est la CIA qui est la base de la nouvelle stratégie américaine voulant que les opérations spéciales et les attaques aux moyens d'avions télécommandés, les drônes, sont préférables à de grandes invasions plus traditionnelles. Pour El Pais, Barack Obama doit profiter du départ du général Petraeus pour démilitariser la CIA.

Le journal "Le Temps", à Genève, s'intéresse ce matin à l'avenir de l'Union Européenne.

Auquel l'avenir de la Suisse est évidemment lié. Lors du sommet européen de jeudi, le Premier ministre britannique menace d'opposer son veto, si le budget 2014-2020 ne lui convient pas. David Cameron est soutenu dans son inflexibilité par une population de plus en plus euroscpetique, Outre-Manche. Selon les sondages, presque deux tiers des Britanniques sont favorables à la sortie de l'Union. Hé bien qu'ils sortent! S'exclament les fédéralistes convaincus, pour qui la Grande-Bretagne est une empécheuse d'européaniser en rond. Pour eux, le scénario du pire, un veto britannique, pourrait se transformer en scénario du mieux, la rupture enfin consommée. Mais nos confrères du Temps y voient un pari fort risqué. Que resterait-il du marché unique, poumon économique de l'union, en cas d'Europe à plusieurs vitesses? Et quelle crédibilité sur la scène internationale pour une communauté que déserterait le Royaume-Uni? L'influence de ce grand pays, la langue, les atouts économiques, l'obsession du commerce mais aussi les traditions démocratiques et parlementaires sont des atouts pour l'Union dans la mondialisation. Une chose est sûre, conclut le quotidien suisse, le sort de l'Europe se joue aussi à Londres.

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