Le tour d'Europe / Euranet

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Europe - © Google

Nicolas Vandenschrick a épluché les grands quotidiens européens.

Libération choisit ce matin d'évoquer la guerre en Syrie. Un choix délibéré du quotidien qui s'en explique.

Cette guerre lente, incertaine et qui dure depuis 20 mois. Cette guerre surtout qui a fait plus de 40.000 victimes. Libération, ce matin, y consacre sa Une Encore un titre de Une. Encore 3 pages de Libé sur la Syrie. Encore une litanie de massacres de masse et de tortures monstrueuses...

"Oui, écrit François Sergent. Encore. Car c'est une guerre qui nous concerne tous. Le prix dont doit s'acquitter le peuple syrien est lourd. Extrêmement lourd. Aucun pays du printemps arabe ne paye aussi cher sa liberté. Des dizaines de milliers de personnes tuées par l'armée et les milices du régime. Des dizaines de milliers de Syriens torturés sauvagement. Des centaines de milliers de Syriens, enfin, déplacés dans leur propre pays ou réfugiés dans les Etats voisins. Faut-il alors désespérer de ce printemps arabe syrien qui n'a connu que la nuit ? Comme pour l'Egypte, la Libye ou la Tunisie, les transitions - après des années de despotisme absolu, ne peuvent être que difficiles, décevantes et parfois affligeantes. Mais il ne faut pas pour autant condamner le combat juste de ces courageux syriens".

On reparle aussi, ce matin, de la position allemande sur la dette grecque.

C'est Angela Merkel qui l'a déclaré au Bild. "L'Allemagne ne rejette plus, à terme, l'hypothèse d'un effacement de la dette grecque". "C'est un nouveau tournant, constate Le Monde dans cet interminable feuilleton qui empoisonne l'Europe". Et à moins d'un an, c'est pour la chancelière un risque politique. Courageux, à voir, car pour Le Figaro "la Chancelière se porte plutôt bien dans les sondages, elle est désormais obligée de mener la bataille au centre du jeu politique allemand. Pas de précipitation, pour autant, tout cela ne se passera pas avant 2014 - 2015... Bien après les législatives allemandes".

L'image du couple britannique Kate et William fait la Une de plusieurs titres, ce matin. La duchesse de Cambridge est donc enceinte. Mais c'est une autre image que vous avez choisi de mettre en avant.

La scène se déroule dans le détroit de Gibraltar. Entre Maroc et Espagne. Six hommes à bord d'un canoë gonflable tentent d'atteindre l'Europe. L'embarcation paraît bien mal en point quand les gardes-côtes espagnoles parviennent à la rejoindre. Il y a en tout trois navires de fortune. 21 réfugiés qui tentent cette folle traversée. En Une de l'International Herald Tribune, l'un des réfugiés a plongé et un garde-côte espagnol lui tend la main. Sur un autre cliché, publié, lui dans la presse belge, le même réfugié, arrivé enfin à terre laisse exploser sa joie. Les genoux plantés dans le sol du port de Tarifa, et les bras tendus vers le ciel, il vient d'arriver en Europe. Tous n'ont pas cette chance. "Depuis octobre, rapporte le quotidien, 90 personnes sont décédées en tentant de franchir le détroit de Gibraltar".

Quant à la Duchesse de Cambridge, eh bien le sujet est loin de passer inaperçu. De la presse allemande, Die Welt en Une qui annonce "un bébé en vue". De la presse française, Le Figaro qui annonce "bientôt un héritier pour la Couronne". De la presse italienne, La Repubblica qui annonce déjà... "Londres fête Mama Kate". Jusqu'au Times, bien entendu, qui se réjouit de l'annonce officielle. Et qui explique "que l'enfant à naître soit une fille ou un garçon, il est en 3e ligne pour le trône, après son père, William et son grand père, Charles". Les paris tournent déjà. Garçon ou fille ? Et les bookmakers proposent même de miser sur les prénoms. John ou Mary.

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