Le sexe dans les médias : un sujet omniprésent qui n'échappe pas à la censure

Aux cotés d'Alexandra Hubin
Aux cotés d'Alexandra Hubin - © Camille de Meeûs

Vous avez toujours voulu tout savoir sur le sexe sans jamais oser le demander ? Le Mug a concocté pour vous, une rencontre avec deux « SEXPERTES ». Maia Mazaurette ; bloggeuse et autrice du sexe dans le journal Le Monde et Alexandra Hubin, Docteur en Psychologie et en Sexologie. Le Mug lève le voile sur l’univers du sexe. « Le sexe est partout dans les médias. On n’en a jamais autant parlé ! L’intérêt qu’il suscite révèle l’étendue de notre ignorance », voici une belle entrée en matière introduite par Xavier van Buggenhout.

Médiatiser le sexe : un défi impossible ?

Il y a encore des barrières à médiatiser le sexe qui reste un sujet tabou. " On a l’impression que c’est toujours compliqué de parler de sexe sur les réseaux sociaux. De nombreux comptes Instagram en parlent ou veulent en parler, mais en même temps il y a toujours cette censure qui est là comme une ombre au-dessus de la tête des "Sexe Influenceurs " signale Elodie de Sélys.

Maia Mazaurette acquiesce : " Avec la pression des groupes américains autant sur Facebook que sur Instagram on a un vrai problème de médiatisation de la sexualité simplement parce que c’est interdit. Quelques comptes avec des millions d’abonnés sont menacés en permanence de se faire éjecter du jour au lendemain. Il y a un effet paradoxal : le sexe est très médiatisé, mais il y a aussi un gros blocage ".

Des séries et des films qui donnent une image faussée ?

D’après Maia Mazaurette, ce que l’on retrouve dans la majorité des films et séries à l’heure actuelle, se résume à un script limité à la pénétration vaginale. C’est là qu’est la problématique : on fait passer le message que c’est toujours le même type de rapport sexuel qui est utilisé, or le sexe ne se limite pas qu’à cela, loin de là ! Il y a une espèce de frustration qui s’installe entre un champ sexuel qui est énorme et les images réellement présentes sur nos écrans. Cela crée une redondance et une frustration auprès du grand public qui ne voit qu’une partie minime du domaine sexuel existant.

Alexandre Hubin renchérit :Il est certain que dans les films et les séries classiques, il y a une vision stéréotypée de la sexualité, c’est un scénario très idéalisé. Mais dans Sex Education par exemple, une différence se fait ressentir. On peut y voir les difficultés liées à notre sexualité. Avoir ses premiers moments d’intimité sexuel n’est pas si facile que ça. Cette série permet aux jeunes de s’identifier à certains personnages et de retenir quelques éléments essentiels à leur émancipation personnelle ".

Pour conclure, Alexandra Hubin nous confie qu’elle milite tant bien que mal pour qu’il y ait des cours d’éducation sexuelle dans les écoles, c’est primordial ! Il ne faut surtout pas se limiter à la vision stéréotypée que l’on retrouve dans les films pornographiques ou encore qui est proposé sur le petit comme le grand écran.

Maia Mazaurette nous laisse sur ces quelques notes encourageantes : " C’est à nous ; artistes, journalistes, sexologues de proposer aux jeunes de créer une érotique différente. Leur prouver que la sexualité ne se limite pas qu’à de la domination, mais bien à quelque chose d’existant et de passionnant !"