Le romain, le ruminant et le chat sceptique

Fabienne Vande Meerssche
8 images
Fabienne Vande Meerssche - © Tous droits réservés

Ce samedi 16 février 2019, Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans Les Eclaireurs : Isabelle Dufrasne, vétérinaire, professeure de Nutrition et Alimentation animale à la Faculté de Médecine Vétérinaire à l’Université de liège et directrice du Centre des Technologies Agronomiques (Modave) ; Nicolas Meunier, professeur invité à l’Université Saint-Louis Bruxelles et collaborateur scientifique à l’UClouvain, spécialisé en Antiquité romaine et Historiographie ;  et Nathan Uyttendaele, docteur en sciences, expert en statistiques, et auteur de la chaîne Youtube de vulgarisation scientifique " Chat sceptique ".

 

Direct : samedi 16 février 2019 à 13h10.

REDIFFUSION : dimanche 17 février 2019 à 23h10.

Isabelle Dufrasne

Isabelle Dufrasne est vétérinaire et professeure de Nutrition et d’Alimentation Animale à la Faculté de Médecine Vétérinaire à l’Université de Liège. Depuis 2015, elle dirige également le Centre des Technologies Agronomiques (CTA), centre technique de la Fédération Wallonie Bruxelles dédié à la formation et la recherche appliquée dans les domaines de l’agriculture et de l’environnement.

Son domaine d’activité concerne la nutrition des ruminants et plus particulièrement celle des bovins. Sa thèse a porté, dans le cadre d’un projet multidisciplinaire, sur la valorisation des prairies en Haute Belgique par les bovins viandeux et laitiers. Elle s’est ensuite intéressée aux performances d’engraissement et la qualité de la viande de taurillons de différentes races, de vaches de réforme et de génisses. Elle a étudié l’impact de différentes rations et l’incorporation d’oligo-éléments (sélénium, iode) sur la qualité de la viande et du lait des bovins et sur leur état de santé général. L’impact de différentes fertilisations organiques des sols sur la croissance de l’herbe pâturée et les résidus en nitrates dans le sol et les productions animales a fait l’objet de recherches dans le cadre de la Directive Nitrates. Enfin, dans le Isabelle Dufrasne a participé à une recherche sur l’intégration de la traite robotisée au pâturage, dans le cadre du projet européen Autograssmilk

Aujourd’hui, Isabelle Dufrasne coordonne une recherche visant à réduire l’empreinte carbone du lait grâce à une alimentation adaptée des ruminants (projet Life-Dairyclim). Cette recherche teste l’effet de différentes rations sur les émissions de méthane et récolte des données sur les pratiques de pâturage chez les éleveurs laitiers.

La chercheure porte aussi un autre projet (RW-DGO3) dont l'objectif est de développer des indicateurs de santé chez la vache laitière haute productrice en phase péripartum. Elle est aussi impliquée dans le projet ROAD-STEP (RW-DGO3) qui a débuté en octobre 2018 et qui vise à mettre au point un réseau d’outils d’aide à la décision pour la surveillance des animaux en prairie. Cette surveillance à distance utilise l’identification électronique officielle des animaux et est effectuée par le biais de l'étude de leur comportement, de leur croissance et de leur santé.

Isabelle Dufrasne initie, en collaboration avec des chercheurs français, des diagnostics environnementaux des élevages bovins afin de déterminer l’empreinte carbone de leur élevage et les moyens de l’améliorer. Elle dirige aussi la rédaction de livrets sur l’alimentation de la vache laitière et du veau laitier et est responsable de la ferme pédagogique du Sart Tilman; cette ferme fait découvrir, depuis plus de 10 ans,  le monde agricole au grand public et en particulier aux enfants.

Nicolas Meunier

Nicolas Meunier est actuellement professeur invité à l’Université Saint-Louis Bruxelles, et collaborateur scientifique à l’UCLouvain. Il est titulaire de deux Masters, l’un en Histoire, l’autre en Lettres classiques, ainsi que d’un Doctorat qui a été octroyé conjointement par l’UCLouvain et par l’Université de Nantes (France) et dont la réalisation a été soutenue par le FNRS. Il a ensuite réalisé un mandat de chercheur post-doctoral à l’Académie belge de Rome (l’Academia Belgica) et à l’Institut Historique belge de Rome, puis a été Chargé de cours invité à l’UCLouvain, avant de partir aux États-Unis comme Visiting scholar à l’Université du Michigan, grâce au soutien de la BAEF (Belgian American Educational Foundation).

Ses recherches portent principalement sur l’histoire de l’Antiquité romaine – avec une spécialisation dans la période archaïque et les débuts du régime républicain (Ve-IIIe s. av. J.-C.) – mais aussi sur " l’historiographie " relative à cette période – autrement dit, littéralement, les processus " d’écriture de l’histoire " mis en œuvre par les Romains eux-mêmes, autant que par les Modernes. Son objectif est ainsi de combiner, grâce à sa double formation d’historien et de philologue classique, deux approches souvent dissociées.

Ses recherches portent principalement sur l’histoire de l’Antiquité romaine – avec une spécialisation dans la période archaïque et les débuts du régime républicain (Ve-IIIe s. av. J.-C.) – mais aussi sur " l’historiographie " relative à cette période – autrement dit, littéralement, les processus " d’écriture de l’histoire " mis en œuvre par les Romains eux-mêmes, autant que par les Modernes. Son objectif est ainsi de combiner, grâce à sa double formation d’historien et de philologue classique, deux approches souvent dissociées.

Ses travaux s’articulent donc autour de deux axes principaux. S’intéressant à l’œuvre de Tite-Live (l’Ab Urbe condita, narrant l’histoire de Rome " depuis la fondation de la Ville " jusqu’à l’époque augustéenne, au tournant du Ier s. av. J.-C. et du Ier s. ap. J.-C.), et plus précisément aux dix premiers livres consacrés à la période archaïque, Nicolas Meunier a étudié les procédés narratifs mobilisés pour présenter le célèbre conflit dit " patricio-plébéien " (un conflit social de longue durée qui a perturbé la société romaine pendant près de deux siècles).

L’un des principaux résultats de l’analyse est ainsi d’avoir montré comment les différents épisodes conflictuels de l’opposition patricio-plébéienne ont été interprétés et mis en scène, au terme d’un long processus de plusieurs siècles dont Tite-Live n’est que le dernier maillon, afin de correspondre à une vision prédéfinie. Le récit apparaît dès lors comme un filtre entre le lecteur et la réalité historique sous-jacente et nous en apprend parfois davantage sur les enjeux idéologiques et politiques des époques ultérieures – qui n’ont eu de cesse de se réapproprier l’histoire des " origines " pour mieux justifier les politiques du moment – que sur l’époque même des faits racontés.

Pour autant, l’historien ne renonce pas à retrouver la " véritable histoire " de cette période, certes nébuleuse, mais cruciale pour comprendre le devenir hors du commun de la puissance romaine. Cette quête constitue le second axe des travaux de Nicolas Meunier (crhidi). Suite notamment à son séjour de recherche américain, il a commencé à approfondir la problématique des clans et des factions au sein des sociétés romaine et latine archaïques. Cette approche a l’avantage de donner une vision plus nuancée et plus complexe de la structure sociale de l’époque. Mais le fil rouge des recherches de Nicolas Meunier est constitué par l’étude des relations entre Rome et un ensemble plus vaste qu’on appelle la Ligue latine. Cette dernière est une fédération de la plupart des cités du Latium (y compris Rome). Elle fut instaurée en 493 av. J.-C. et abolie en 338 av. J.-C., et se trouve donc être l’exacte contemporaine des deux premiers siècles du régime républicain romain. Les sources (au premier rang desquelles le récit de Tite-Live), adoptant un point de vue très romano-centrique, tendent à minimiser l’importance de cette Ligue, alors qu’elle a probablement joué un rôle majeur dans la constitution de la cité romaine, au point que les deux ont fini par se confondre.

Nathan Uyttendaele

Nathan Uyttendaele est docteur en sciences et auteur de la chaîne YouTube de vulgarisation scientifique "chat sceptique".

De 2011 à 2018, il se consacre à la recherche et enseigne la statistique à l'Université catholique de Louvain en tant qu'assistant. Durant cette période,  il réalise une thèse et publie plusieurs articles autour de l’outil statistique que constitue les " copules ". Il s’agit d’un concept élaboré par le mathématicien Sklar afin de pallier le manque de connaissance sur la nature des liens de corrélation entre variables aléatoires – telles que la valeur d’une action, la quantité de pluie du jour, la pression sanguine d’un individu, etc – empêchant les statisticiens de prédire de façon fiable les valeurs de ces variables aléatoires.

Cette notion de " copule " est aujourd’hui très peu connue du grand public alors même qu’elle permet d’expliquer des phénomènes socio-économiques majeurs comme, par exemple, la crise financière de 2008.

Pendant sa thèse, et en tant que chercheur en statistiques, Nathan Uyttendaele a passé plusieurs années à développer de nouvelles configurations, de nouvelles " variétés " de copules, permettant de repousser les limites de la capacité des statisticiens à deviner les valeurs de variables aléatoires en tout genre.

En 2016, alors que sa thèse touche à sa fin, il se découvre une passion pour la vulgarisation scientifique. Il obtient l'attention du grand public grâce à deux chaînes YouTube – " la statistique expliquée à mon chat "  et " chat sceptique "  cumulant ensemble 300 000 abonnés - et à un talk TEDx sur les jeux de hasard - dépassant aujourd’hui le million de vue.

 

Pour voir la vidéo de ce talk Tedx, cliquez ici :

Nathan Uyttendaele a expliqué  sous l'angle mathématique des sujets de recherche très variés tels que les inégalités, les élections, les arnaques en supermarché ou encore le terrorisme.

En 2017, ses activités de vulgarisateur scientifique sur YouTube sont fortement remarquées et récompensées par les prix Diderot (France) et Wernaers (Belgique).

Aujourd’hui, Nathan Uyttendaele continue de dédier sa vie professionnelle à l'enseignement de la statistique à l’UCL et à la vulgarisation scientifique sur " chat sceptique "  

 

Pour découvrir sa dernière vidéo " Les terroristes ont gagné " sur sa chaîne: " chat sceptique ", cliquez juste ici :   

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK