Le Panama n'est pas seulement un paradis fiscal

Le Panama n'est pas seulement un paradis fiscal
Le Panama n'est pas seulement un paradis fiscal - © Tous droits réservés

Aujourd'hui, au Panama, on ne parle que de ça. A 17h -heure belge-, le petit pays d'Amérique centrale affronte la Belgique. Et comme l'Islande, c'est la première fois que son équipe nationale dispute un match de phase finale de Coupe du Monde. Mais ce n'est pas la première fois qu'on entend parler de ce pays !

Il faudra se méfier des Panaméens qui peuvent compter sur un soutien de taille. "Dieu est panaméen", a annoncé le président Juan Carlos Varela le jour de la qualification de son pays à la Coupe du Monde. Et pour que ce soutien divin devienne à son tour un jour béni, Juan Carlos Varela donna du même coup un jour de congé à tout le pays. Il faut dire qu'il y avait de quoi être à la fête. Pour que le Panama se qualifie, il a d'abord fallu compter sur une défaite improbable des Etats-Unis contre Trinité-et-Tobago. Il a fallu aussi la victoire du Panama contre le Costa Rica grâce à un but imaginaire : le ballon n'a jamais franchi la ligne mais contrairement à ce qu'il se passe en Russie, l'arbitre n'a pas pu avoir recours au désormais célèbre VAR. Bref les footballeurs panaméens ont été bénis des dieux !

Le Panama, paradis terrestre et fiscal

Les amoureux de la nature entendront par là "paradis environnemental" : les réserves et les parcs nationaux couvrent plus d'un quart du territoire. Une biodiversité remarquable, une flore et une faune très riches, comparables à son voisin le Costa Rica. Mais quand on parle de paradis au Panama, c'est aussi au sens de paradis fiscal. Il était d'ailleurs dans la liste noire de l'Union Européenne jusqu'à janvier dernier, date à laquelle il en a été retiré grâce à ses engagements en matière de transparence fiscale. N'empêche : le nom du pays restera associé au scandale des "Panama Papers". Cette fuite de documents confidentiels a permis à la presse de révéler un vaste système d'évasion fiscale par le biais de sociétés écrans, créant des murs opaques au profit de clients fortunés de banques du monde entier. Malgré les engagements pris, il serait étonnant que tout cela soit rentré dans l'ordre si rapidement.

Canal et scandale

Le Panama, c'est aussi un canal ... qui reste associé à un autre scandale, plus ancien. Le scandale de Panama est une gigantesque affaire de corruption qui a secoué la France à la fin du XIXème siècle. Ferdinand de Lesseps, diplomate et entrepreneur français, est auréolé d'une immense gloire après avoir construit le Canal de Suez. Alors, il veut remettre ça à Panama. Sauf que dès le départ, il commet une erreur de conception : il s'obstine à vouloir creuser un canal à niveau plutôt que de le concevoir à écluses, moins cher, moins risqué et plus adapté au terrain. Résultat: les travaux traînent et la société qui construit le canal n'a plus d'argent. D'où l'idée de lancer une souscription publique auprès de petits épargnants. La loi l'interdit, le parlement refuse de modifier la loi. On décide alors d'arroser une centaine de députés pour la faire voter. La suite, on la devine ... La société fait faillite, les épargnant sont ruinés, l'affaire est révélée et le projet est abandonné. 

Mais Canal quand même !

Mais quid du Canal de Panama, qui existe bel et bien, et qui relie l'Océan Atlantique à l'Océan Pacifique ? Les Américains ont remplacé les Français en rachetant la concession et en terminant les travaux avec évidemment ... un système d'écluses ! Le Canal et ses abords sont restés sous souveraineté des Etats-Unis de 1903 à 1999, date à laquelle elle a finalement été rétrocédée à l'Etat du Panama. C'est une charge importante pour le Panama, qui a d'ailleurs récemment élargi le Canal à grands frais pour le rendre accessible à de plus grands navires. Mais c'est aussi de fameuses rentrées financières : plus d'un milliard et demi d'euros par an de droits de passages ...

D'Equateur à Paname

Alors, le Panama, paradis fiscal ? Un Canal ? Un habitué des scandales ? Oui un peu, mais le Panama c'est aussi un chapeau style Borsalino, souple et léger en fibres végétales. Mais il ne vient pas vraiment du Panama ! Il provient d'Equateur, où se trouvent les pousses de palmiers nécessaires à sa confection. Le nom Panama provient du fait qu'il fut adopté ... par ceux qui travaillaient à la construction du Canal ! Et il eut rapidement son succès, notamment chez les Français qui le ramenèrent à Paris. Devenu le chapeau d'été le plus populaire de la belle époque, il est sans doute à l'origine de "Paname", qui bien que tombé en désuétude, est encore aujourd'hui le surnom de Paris.

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