Le Monde de Fellini

Le réalisateur Federico Fellini
7 images
Le réalisateur Federico Fellini - © Tous droits réservés

Federico Fellini, disparu le 31 octobre 1993, nous revient à travers une série en 5 épisodes, réalisée par Alexandra Longuet pour Par Ouï-dire

A l’aide d’archives et d’interviews inédites, Alexandra Longuet retrace le parcours du caricaturiste venu au cinéma grâce à Rosselini avec qui il travaille. 

Sa rencontre avec Giulietta Massina, le jeu chapelinesque qu’il lui fait tenir, ses racines populaires dont il ne se départit jamais, tout cela forme le cocktail explosif qui, de la Strada, le mène à la Dolce Vita, film  devenu culte et perçu comme  scandaleux à l’époque, condamné par le Vatican et Palme d’Or à Cannes en 1960.

Magicien, dompteur, manipulateur, Fellini est tout cela quand il travaille sur un plateau de cinéma.

Alexandra Longuet est allée recueillir les témoignages de Jean Gili, historien et critique de cinéma, de Dominique Dellouche, assistant de Fellini sur ses premiers films, et de l’écrivain Jean-Max Méjan.

Un mixage de Pierre Devalet.

Avec les archives de la SONUMA et de l’INA.

________________________

1er épisode - Les débuts

C’est le temps des premiers pas, le néoréalisme des premiers films tournés à l’extérieur du studio et les racines ancrées dans la culture populaire de Fellini. Et bien sûr le récit par l’actrice Giulietta Massina de sa première rencontre avec celui qui deviendra son mari.

Entrez dans le monde baroque et sonore de Fellini !

Avec en archives la voix de Fellini et de Giuletta Massina.

________________________

2e épisode : La Dolce Vita - La rupture

1960 : un film sème le trouble en Italie, allant presque jusqu'à provoquer une guerre civile, ce film c’est La Dolce Vita. Fellini se fait agresser à Milan à la sortie du film et ses spectateurs sont menacés d'excommunication. Le film est condamné par le Vatican.

Quelques temps après, le film est présenté à Cannes où il est à la fois hué... et récompensé par une Palme d'Or, décernée à l'unanimité, quoique jugée " décadente ".

Retour sur ce film qui s'imposa comme une rupture, tant dans l'oeuvre du réalisateur italien que dans l'histoire du cinéma.

Avec Jean Gili, historien et critique de cinéma, Sam Stourdzé, directeur du Musée de l'Elysée de Lausanne, Dominique Dellouche, assistant de Federico Fellini, mais aussi le réalisateur lui-même et son double à l'écran Marcello Mastroianni, Camilla Cederna, et Alberto Moravia.

________________________

3e épisode : Les rêves, les femmes, le cinéma.

"Je fais un film de la même manière que je fais un rêve" disait Fellini. Après le tournant que marque La Dolce Vita, Federico Fellini traverse une crise créative et personnelle profonde. Il fait la rencontre du psychanalyste Ernst Bernhardt qui lui ouvre la voie vers l'inconscient. Son cinéma prend alors une direction nouvelle, où les frontières entre réel, imaginaire et fantasme tendent à s'effacer ; et où les femmes ont autant de visages qu'il existe de manières de les désirer.

Une " vagabonderie " qui nous conduira jusqu'aux dernières réalisations de Fellini, et jusqu'à la fin de sa vie, même si, pour lui, " il n'y a pas de fin, il n'y a pas de début. Il n'y a que la passion infinie de la vie ".

Avec Aldo Tassone, Jean Gili, Sam Stourdzé, Jean-Max Méjean, Gilbert Salachas.

 

________________________

4e épisode : les collaborateurs de Fellini

Magicien, chef d'orchestre, manipulateur, dompteur...tous ces mots pour parler de Federico Fellini au travail. C'est que Fellini avait carrément élu domicile au Studio 5 de la CineCitta, où s'agitait joyeusement " la grande parade " de personnages hauts en couleur qui traversent tous ses films.

Fellini avait développé des relations d'amitié profondes avec ses collaborateurs les plus proches, qui l'accompagneront de film en film : les scénaristes Pinelli, Flaianno, et Tonino Guerra, le décorateur et costumier Piero Gherardi, ses fidèles acteurs Marcello Mastroianni ou Giulietta Massina, et surtout, celui qu'il désignait comme son collaborateur préféré, le musicien Nino Rota.

Au travail donc, avec Dominique Dellouche, le musicologue Gilles Rémy, Sam Stourdzé, Gilbert Salachas, mais encore Mastroianni, Fellini, Pinelli, et Magali Noël.

________________________

Fellini, dernière station, le film non tourné

Dernier volet de notre série consacrée à Federico Fellini, et dernière station avant l'au-delà avec un ultime film : celui que Fellini ne réussira jamais à réaliser, mais qui l'accompagnera comme un fantôme de 1968 jusqu'à ses derniers jours. Ce film se serait intitulé Le Voyage de G. Mastorna.

Un projet démesuré, vertigineux, un film maudit mettant en scène l'étrange voyage d'un violoncelliste dans l'après mort, mais qui ne verra jamais le jour pour de multiples raisons dont les plus étranges : au cours de l'écriture, Fellini tombe gravement malade et frôle la mort, il prend peur... Il est ensuite harcelé par les producteurs et en proie à une panne d'inspiration, abandonne le projet, qui restera son grand regret.

Si le film n'a jamais vu le jour, son scénario – lacunaire - est disponible car publié aux Editions Sonatine grâce à l'ami de Federico Fellini, Aldo Tassone. Nous l’entendrons, aux côtés de l'historien du cinéma Jean Gili, et de Sam Stourdzé, Directeur du Musée de l'Elysée de Lausanne.

Avec des extraits de " Bloc-Notes d'un cinéaste " et de " Toby Damit ".

Et les voix de Sarah Lecarpentier, Gilles Geenen (lectures du scénario), Thibaut Godard (pour les doublages) Alexandra Longuet (doublage & lectures des lettres de Fellini à son producteur)

Réalisation : Alexandra Longuet - Mixage : Nicolas Kerjan

Le Voyage de G. Mastorna

C'est juste après avoir terminé un de ses chefs-d’œuvre, 81/2, que Federico Fellini, au sommet de sa gloire, se lance dans le plus ambitieux de ses projets : Le Voyage de G. Mastorna.

Génial, mais démesuré et coûteux, le film ne verra jamais le jour et restera le grand regret de Fellini. De rares traces subsistent néanmoins : des essais de Mastroianni pour le rôle-titre, quelques photos de tournage et un synopsis magnifique, écrit en collaboration avec Dino Buzzati et Brunello Rondi. On le lit comme le plus excitant des thrillers métaphysiques.

Fellini y met en scène son double fantasmé, un violoncelliste catapulté dans une sorte de ville-limbes, variante onirique et délirante de la réalité terrestre. Il nous offre une Odyssée moderne dans un au-delà laïc, " immanent " et terriblement humain, comme une réponse inspirée à Dante et à sa Divine Comédie.

Livré à lui-même, totalement perdu, G. Mastorna devra endurer les pires épreuves pour se libérer de ses interprétations erronées de la vie, retrouver une identité, une destination et, enfin, la paix.

Ce récit, inédit en France, recèle tout le génie du réalisateur et se révèle débordant de surprises et d'inventions : une hypergare avec des trains hauts comme des immeubles, un quartier composé uniquement de centaines de temples de toutes les confessions de la planète, des morts qui, à l’heure du thé, sortent de leurs tombes pour recevoir leurs parents, une fête macabre où les trépassés s’amusent à se jeter d’une terrasse pour fêter la libération de la grande peur, autant d'éléments qui font de ce synopsis l'incarnation même de la mythologie fellinienne.

Avec ce texte exceptionnel, qui évoque Le Procès de Kafka, Fellini se révèle un écrivain formidable à la langue puissante et raffinée. On sort de ce voyage vertigineux au pays des morts abasourdi et rasséréné par cette magnifique réflexion métaphorique sur l’au-delà.

________________________

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

Recevoir