Le médicament 3D, la sirène et le service au tennis

Fabienne Vande Meerssche
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Fabienne Vande Meerssche - © Tous droits réservés

Ce samedi 28 septembre 2019, Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans LES ECLAIREURS :  Jonathan Goole, Professeur, vice-doyen de la Faculté de Pharmacie, et chercheur au Laboratoire de Pharmacie Galénique et Biopharmacie de l’ULB; Anna Raimondo,  Master en Arts Sonores à l’University of the Arts of London et doctorante en Art et Sciences de l’Art à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles & à l’ULB ; & François Tubez, licencié en Education Physique, Master en Kinésithérapie et Docteur en Sciences de la Motricité ULiège, Enseignant à la HERS Libramont.

 

DIFFUSION : samedi 28 septembre 2019 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 29 septembre 2019 à 23h10’

Jonathan Goole

 Jonathan Goole est chercheur et professeur au Laboratoire de Pharmacie Galénique et Biopharmacie (Faculté de Pharmacie) de l’Université libre de Bruxelles.

Après des études en Sciences pharmaceutiques à l’Université de Mons, puis à l’ULB, Jonathan Goole entame une thèse de doctorat sur le développement et l’évaluation de mini-comprimés flottants à libération prolongée destinés au traitement de la maladie de Parkinson.

Ces recherches lui permettent de se spécialiser dans la formulation et l’analyse de formes sèches (par exemple, des comprimés, des gélules, des granulés, des pellets). Pendant les 2 premières années de sa thèse, il se consacre exclusivement à ses recherches. Par la suite, devenu assistant, il partage les résultats de ces dernières via un volet pédagogique.

Docteur en juillet 2008, il décide de parfaire sa formation en effectuant un séjour d’un semestre aux Etats-Unis, à l’Université de Purdue, dans l’Indiana. Il y étudie les transports cellulaires et l’influence de certains excipients sur la biodisponibilité des médicaments.

A son retour, en octobre 2009, il est nommé professeur-assistant et développe une nouvelle thématique dans son Laboratoire, consistant en la formulation de macromolécules biothérapeutiques. En 2010, il obtient un certificat Science et Technique des Animaux de Laboratoire. Chapeautant plusieurs thèses de doctorants en tant que co-promoteur ou promoteur, il devient chargé de cours en 2014.

Depuis 2015, il consacre l’essentiel de ses recherches à l’impression 3D de médicaments et dispositifs médicaux.  Cette technologie nouvelle ouvre la voie au développement de traitements personnalisés ; c’est-à-dire adaptés à la spécificité du patient et de sa pathologie - que ce soit sur le plan de la forme du médicament (son emballage) ou de son dosage.  En effet, l’impression 3D permet de fabriquer des médicaments en petit nombre et avec un dosage précis réduisant ainsi les risques liés à l'adaptation des doses sur base de médicaments actuels distribués en masse. Par ailleurs, ce processus de fabrication 3D des excipients de médicaments permet aussi de changer les propriétés de ces derniers : il est possible de choisir l'excipient qui enrobera le composé actif pour, par exemple, favoriser une absorption rapide ou, au contraire, favoriser une absorption plus lente.

Les recherches de Jonathan Goole autour de l’impression 3D de médicaments ont donc pour objectif d’optimiser l’efficacité des traitements en augmentant la compliance des patients tout en réduisant l’apparition d’effets indésirables potentiels.

 

Pour visionner la vidéo ULB sur les recherches de Jonathan Goole, cliquez ici : 

Anna Raimondo

Anna Raimondo est artiste-performeuse, doctorante en Art et Science de l’Art.  Elle est titulaire d’un Master en Arts du Son au London College of Communication (UAL, UK), elle réalise actuellement une thèse de doctorat à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (Arba) et l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Sa thèse artistique porte sur la géographie urbaine et les perspectives de genre.

 

Cette recherche doctorale, basée sur sa pratique artistique, part du constat que la géographie traditionnelle est masculiniste. Historiquement, cette discipline s’est en fait proposée comme objective, exhaustive, oubliant l’existence des femmes et personnes non binaires et, encore aujourd’hui, a un impact direct sur la façon dont les villes sont conçues et pour qui elles sont pensées. Dans sa recherche Anna Raimondo s’intéresse à la géographie au travers d’une approche théorique mettant plutôt en avant les représentations subjectives, plurielles, faites de corps, de voix et d’accents différents. Une écoute de la géographie qui tienne compte des conditionnements impliqués par la classe sociale et l’appartenance raciale, culturelle et religieuse de l’individu qui s’exprime.  

 

L’œuvre d’Anna Raimondo explore les identités multiples, les différences et particularités qui traversent le monde contemporain globalisé. Son objectif est de chercher à dépasser les barrières qui séparent ces identités, ces différences et caractéristiques en acceptant notamment que leurs frontières demeurent floues, et en prenant le temps de vivre leur mise en tension.  En d’autres termes, l’œuvre d’Anna Raimondo peut se définir comme une journée qui illustre (sans la résumer) la diversité sociale et dans laquelle surgissent des espaces d’interaction où existe la possibilité de se laisser surprendre et guider par l’Autre.

L’une des premières stratégies utilisées pour la création de beaucoup de ses travaux, consiste à la mise en place de performances dans l’espace public. Des performances ayant pour objectif de favoriser la rencontre. En général, il s’agit d’actions venant créer une rupture dans le flux de la vie quotidienne, et susciter ainsi la surprise, la curiosité ou l’étonnement qui donnent place alors au dialogue. Un échange dans lequel Anna Raimondo se positionne comme un vecteur de liens, faisant de son art un " point de rencontre ". Ce matériel devient ainsi l’empreinte d’une performance, d’images, de vidéos, de créations radiophoniques de l’artiste dans de nombreux pays en Europe et en Afrique où elle a séjourné.

La question du genre et des problèmes qui y sont reliés sont des thématiques qui traversent toute l’œuvre de l’artiste. C’est en particulier sur l’identité féminine qu’Anna Raimondo concentre son attention. Un sujet qu’elle questionne inlassablement comme geste de résistance face à son enfermement.

Enfin son travail artistique – qu’il s’agissent de ses performances dans l’espace public ou de ses créations plastiques- comporte systématiquement un aspect ludique et humoristique. Une histoire, un mot, un geste ou un objet du quotidien devienne la preuve d’une identité multiple et en évolution ; une identité à la fois révélée et interrogée.

Anna Raimondo a participé à plusieurs expositions internationales telles que : " Seremos Serias de la manera mas alegre " au centre d’Art sonore CAso (Buenos Aires) ; " New boundaries of the Wellness of Vagynal Ecosystem " à la Gallerie Ex Elettrofonica (Romes) ; " Mi porti al mare ? " au MAAC (Bruxelles) ; et bien d’autres encore.

Son travail radiophonique a été diffusé à l’échelle internationale et a   remporté plusieurs prix. Anna Raimondo a ainsi remporté : la Palme Ars Acoustica en 2016 pour sa création radiophonique " Me, my English and all the languages of my lifes " ; le prix du meilleur paysage sonore pour La vie en bleu " dans le cadre de la compétition art sonore PIARS et le Prix de la ville dans le cadre du prix Mediatine Art contemporain (2018).

Pour en savoir plus sur l’œuvre d’Anna Raimondo consultez son site web.

Pour écouter des extraits de l’œuvre radiophonique de Anna Raimondo sur Soundcloud, cliquez ici.

François Tubez

François Tubez est Docteur en Sciences de la Motricité à l’ULiège et enseignant à la Haute Ecole Robert Schuman (HERS) sur le Campus de Libramont.

François Tubez est titulaire d’une licence (2007) en Éducation physique ainsi que d’un Master (2009) en Kinésithérapie à l’ISEPK (Institut Supérieur d'Éducation Physique et de Kinésithérapie) à l’Université de Liège.  C’est dans ce même institut, qu’il commence à travailler en 2009, comme assistant et doctorant, combinant cette activité avec une pratique de kinésithérapeute au CHU de Liège. À ces activités professionnelles s’ajoute ensuite la fonction de Maître assistant à la Haute École Robert Schuman de Libramont (section Kinésithérapie) où il dispense, entre autres, le cours de " Biomécanique et analyse du mouvement ".

De 2014 à septembre 2019, il poursuit son travail d’assistant volontaire à l’ULiège et son poste à la Haute École Robert Schuman, mais remplace sa pratique de kinésithérapeute au CHU de Liège par une fonction en tant que personnel scientifique au Laboratoire d’Analyse du Mouvement Humain  (LAMH) de l’ULiège.

En 2018, François Tubez obtient le grade de Docteur en Sciences de la Motricité à l’ULiège. Sa thèse porte sur l’étude biomécanique du service au tennis et plus spécifiquement sur l’étude de la position dite Trophy, adoptée par la plupart des joueurs ; une recherche qu’il a pu mener avec l’aide d’une équipe pluridisciplinaire réunissant le Laboratoire d’Analyse du Mouvement Humain (LAMH), le CHU de Liège et différents départements de l’ULiège (Sciences de la motricité, Aérospatiale et mécanique et l’ArGEnCo).

Lui-même joueur de tennis (formations à l’Association Francophone de Tennis et à l'ADEPS), François Tubez décide assez naturellement de consacrer sa thèse à l’étude de la gestuelle du service au tennis.  Une gestuelle essentielle dont l’efficacité permet au sportif d'économiser de l’énergie mais aussi de prendre l’ascendant sur la psychologie de son adversaire. La maîtrise de cette action motrice représente donc un enjeu de taille pour les sportifs qui s’y entrainent de façon intensive. Il n’est pas rare que l’adoption d’une mauvaise gestuelle leur provoque ainsi des douleurs et des blessures. François Tubez a donc entrepris cette recherche doctorale pour corriger, par l’étude fine du mouvement, des erreurs gestuelles et ainsi éviter l’apparition de douleur et de lésions chez les sportifs de haut niveau durant leur service.

Les recherches de François Tubez et son équipe ont débuté par l’analyse de posture d’un joueur de tennis de niveau international de 22 ans ayant éprouvé une douleur importante due à une déchirure musculaire lors d’un service. Pour étudier finement la posture du joueur, les chercheurs ont comparé la gestuelle de ce joueur à celles d'autres joueurs non blessés de même niveau. En outre, l’analyse de posture s’est basée sur la récolte d’images vidéo en 3D du joueur blessé en action.

Pour parvenir à la réalisation de telles images, l’équipe de chercheurs a recréé un terrain de tennis en laboratoire sur lequel le joueur et sa raquette étaient munis de 28 capteurs permettant de récolter les données gestuelles via des caméras disposées tout autour du terrain. Ces images ont permis d’observer avec précision le mouvement du bassin, du tronc, des bras, des jambes, mais aussi de la raquette. Un radar calculait la vitesse de la balle, tandis que les capteurs 3D permettaient de mesurer le mouvement du corps et de la raquette. Une telle évaluation du travail musculaire a permis de mettre en évidence un usage trop important chez ce joueur de certains muscles et donc de corriger des erreurs gestuelles pour lui éviter la réapparition de douleurs lors du service.

François Tubez et son équipe ont appliqué cette méthode d’analyse 3D à de nombreux joueurs, et notamment auprès de plus jeunes.  Ces analyses ont permis à François Tubez de déceler des mouvements qui posent problème et de proposer des corrections en termes de positionnement et de coordination des mouvements. Des enseignements qui devraient être utilement pris en  considération par les instructeurs de tennis.

Actuellement, la recherche menée par François Tubez, en collaboration avec le LAMH (ULiège), rencontre un intérêt grandissant dans le milieu du tennis. Cet intérêt l’amène à participer à de nombreux congrès et à publier dans des revues scientifiques internationales de renom.

Par ailleurs, François Tubez développe aussi avec ses collègues de la HERS (Haute école Robert Schuman) d’autres projets de recherches touchant au handicap (en partenariat avec le centre Eclore) et à la gériatrie.

A partir du 1 octobre 2019,  François Tubez reprendra, en outre, une activité de kinésithérapeute à titre indépendant.

 

Pour en savoir plus à propos de la thèse de François Tubez cliquez ici pour accéder à l’article " Bioméchanical Anlysis of Abdominal Injury in Tennis Serves. A Case Report " paru en 2015 dans la Revue " Journal of Sports Science and Medicine ".

Pour la source de cette notice, consultez l’article " Au service du joueur de tennis " paru dans la revue " Reflexions " de l’ULiège.

 

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