Le journal du web d'Anne-Sophie Bruyndonckx

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" Echange censure contre nouveau marché ". Ce slogan pourrait être celui du réseau social Facebook, à la conquête de la Chine…

Et c’est le New-York Times qui dénonce !  Facebook est interdit en Chine depuis 2009. Tout comme Twitter d'ailleurs... Iil existe du coup des sortes de clones de ces réseaux qui fonctionnent très bien. Mais cette situation n’est pas sans poser problème à Facebook, qui aimerait conquérir ce marché. On estime aujourd’hui le nombre d’utilisateurs de Facebook à 1 milliard 800 millions à travers le monde. Quand on sait que la Chine compte à elle seule un milliard 400 millions d’habitants, dont 720 millions d’internautes, c’est clair que le marché chinois fait baver plus d’un industriel ou grand patron. Dont un certain Mark Zukerbergh qui ne serait pas le plus insensible.  D’après le quotidien américain The New York Times, qui a mené l’enquête, Facebook serait en train de développer un logiciel de censure. Un outil permettant de supprimer certains sujets de conversation. Le mécanisme est toujours à l’étude, en cours de fabrication. Il n’aurait d’ailleurs pas encore été présenté aux autorités de Pékin. A noter que s’il devait voir le jour, ce n’est pas Facebook lui-même qui serait aux commandes, qui assurerait la censure, mais un partenaire chinois.

On imagine que l’affaire est extrêmement sensible, pour un réseau social qui promeut la liberté d’expression

C’est même là l’une de ses valeurs essentielles ! Facebook se retrouve aujourd’hui face à un dilemme : respecter les valeurs qu’il défend ou succomber à une incroyable opportunité commerciale. En interne, l’inquiétude des salariés a déjà eu des conséquences : 
certains employés ont quitté l’entreprise, refusant de se prêter à ces manœuvres. Et leur inquiétude est somme toute légitime :
Facebook se placerait en effet dans une position délicate, risquant de se voir adresser le même genre de demandes en provenance d’autres pays. Et justement, ces pratiques n’existent-elles déjà pas ailleurs ?   Pas tout à fait, mais c’est vrai que dans certains pays Facebook supprime déjà des sujets de conversation à la demande des autorités. C’est par exemple le cas en Turquie, ou en Inde. Mais il ne faut pas forcément aller si loin. En France, selon le journal Le Monde, 38.000 contenus ont été supprimés entre juillet et décembre 2015… Essentiellement des photos des attentats du 13 novembre portant atteinte à la " dignité humaine " Concernant le projet chinois dont on parle aujourd’hui, on ne jouerait évidemment pas dans la même catégorie, vu qu’il s’agirait très clairement de censure, n’ayons pas peur des mots. Une censure systématique, plus rapide, et sans aucun contrôle du réseau social. 

Twitter a pour sa part modifié sa politique de modération

Et l’un des premiers à en avoir fait les frais … c’est le patron de Twitter lui-même ! Tel est pris qui croyait prendre, comme on dit ! C’est vrai qu’il est souvent reproché aux réseaux sociaux, à Twitter notamment, d’être trop lents à réagir, ou trop passifs, lorsque des propos douteux ou des publications non appropriées leur sont signalés. Du coup, il y a quelques jours, Twitter a musclé sa politique de modération. Pour se montrer plus ferme, de nouveaux filtres ont été mis en place. Le système de signalement des tweets problématiques a été affiné. Et puis le réseau social s’est également lancé dans une campagne de suppression de comptes très suivis. Notamment des comptes liés à l’Alt-Right. Ce mouvement américain d’extrême droite a soutenu Donald Trump dans sa campagne présidentielle, il a multiplié les messages à caractères haineux, provocateurs, ou incitant carrément au racisme.  Voilà pour le contexte.  Le hic, c’est que Jack Dorsey a été momentanément privé de son propre compte. Le patron de Twitter a donc été victime de la nouvelle politique de modération de sa propre entreprise ! " Une erreur interne ", explique simplement, et sans aucun autre détail Twitter. Une erreur qui n’a duré que 15 minutes, mais un petit quart d’heure qui a suffi, on s’en doute, à déclencher une vague de moqueries, sur le réseau social et au-delà, et qui a une nouvelle fois ouvert le débat quant à l’efficacité de ces systèmes de modération. Habituellement, les critiques pointent le fait que des messages haineux perdurent, malgré les nombreux signalement des internautes. Cette fois, c’est un compte a priori inoffensif qui a été injustement suspendu. 

Anne-Sophie Bruyndonckx

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