Le Journal Du Web - Bangalore et la nuit de la honte

Des hommes ivres ont agressé plusieurs femmes dans les deux des principales rues de la ville de Bangalore (un peu plus de huit millions d'habitants, ville du sud de l'Inde). Les médias indiens parlent d'"agression de masse" mais il est difficile de connaître l'ampleur exacte de cette agression.

Sur Facebook, plusieurs femmes, victimes de ces agressions, ont publié leur témoignage. La photographe indienne, Chaitali Wasnick, elle-même victime de cette agression, explique ainsi comment elle s'est défendue. Elle ajoute que la police était présente mais qu'elle n'est pas intervenue:

Selon la presse locale, 1500 policiers étaient en poste dans les rues cette nuit-là. Un nombre visiblement insuffisant face aux 60 mille personnes qui avaient décidé de célébrer le nouvel an dans le centre de Bangalore. Plusieurs photos des événements ont été publiés par le Bangalore Mirror:

Les victimes de ces agressions sont en colère vis-à-vis de leurs agresseurs et des forces de police mais aussi à l'encontre des responsables politiques. G Parameshwara, un haut responsable politique de l'Etat du Karnataka (état de la ville de Bangalore), a expliqué que "de telles choses pouvaient arriver. Lors d'évènements comme le Nouvel an, des femmes sont harcelées ou maltraitées". Il n'y aurait donc rien de plus normal.

Autre élément d'explication, toujours selon le même responsable politique, ces femmes "se comportent comme des occidentales dans la façon de penser, mais aussi de s'habiller". Il ne fallait donc pas provoquer!

L'Inde reste malheureusement connue pour des agressions sexuelles à répétition et pour l'impunité dont jouissent ces agresseurs. Une fois de plus, l'absence de réaction politique s'est conjuguée à un manque de prise de conscience dans la société indienne. Sur Twitter, le débat est vif quant à la responsabilité des hommes.

Le mot-clé #notallmen est très utilisé. Certains internautes voulant se défendre, expliquant que "tous les hommes" ne sont pas des violeurs. Nouvelle polémique, pour les victimes de ces agressions, les hommes fuient leurs responsabilités en se dédouanant de la sorte. La problématique est dès lors inversée. Ce ne sont pas des femmes victimes dont on parle mais des hommes qui n'ont pas agressé:

 

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