Le gouvernement britannique part en guerre contre la pornographie infantile sur internet.

Le gouvernement britannique part en guerre contre la pornographie infantile sur internet
Le gouvernement britannique part en guerre contre la pornographie infantile sur internet - © Tous droits réservés

Chronique mediaTIC du mercredi 19.06.2013

Le gouvernement britannique de David Cameron veut endiguer l’exposition des enfants à la pornographie sur internet. Et il choisit une méthode radicale.

On sait qu’il existe des systèmes de filtrage parental. En réalité, par négligence ou ignorance des parents, seuls 40% des ordinateurs familiaux sont protégés.

Dorénavant, les contenus pornographiques seront bloqués à la source, chez les fournisseurs d’accès à internet. Pour les consulter, il faudra désactiver le filtre. En plus, cette opération ne sera pas définitive : après un certain temps, le filtrage sera automatiquement réactivé. Il faudra donc recommencer l’opération à chaque consultation de ces sites.

C’est un renversement complet des dispositions actuelles, telles qu’on les connait aussi chez nous. Explication de la députée Claire Perry qui suit ce dossier pour le Premier Ministre : "Nous sommes dans une situation où, par défaut, on donne de la pornographie aux enfants. À l’avenir, nous auront des filtres de telle sorte qu'on n'aura pas besoin d'activer le contrôle parental, il sera automatique"

Comment réagissent les fournisseurs d’accès à internet ? Et bien ils sont contre cette mesure. Pour eux ce sont les parents qu’il faut placer devant leurs responsabilités.  Et ils insistent sur les efforts qu’ils ont déjà accomplis pour les sensibiliser. Il est vrai que le nouveau dispositif va leur occasionner des couts supplémentaires.

Mais des associations et des sites d’info sont sur la même longueur d’onde. The Next Web dénonce un premier pas vers un système où c’est le gouvernement qui juge ce que qui est bon ou pas sur internet.

Mais ce débat n’est pas neuf, nous en avions déjà parlé il y a quelques mois et il a été relancé récemment par la condamnation de deux meurtriers d’enfants au Royaume-Uni. L’enquête avait démontré qu’ils étaient aussi de grands consommateurs de contenus pornographiques pédophiles sur internet. C’est évidemment très différent des sites pour adultes " classiques " si on peut dire. Mais des associations de protection de l'enfance ont voulu lier les deux problèmes et remettre le dossier sur la table du gouvernement. Un amalgame que beaucoup dénoncent mais qui est toujours favorisé par un climat émotionnel.

Quoi qu’il en soit, pour ce type de contenus pédopornographiques ou ultraviolent, pas question ici de filtrage. Le gouvernement veut les éradiquer, les retirer d’internet. Sur ce point, ils sont suivis par les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche. Ils verseront ensemble 1 millions de livres, 1 million 160 mille Euros à la Internet Watch Foundation, la fondation de surveillance d’internet, qui traque ces contenus en vue de leur élimination.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK