Le don humanitaire peut-il devenir business ?

Humanity Wall
Humanity Wall - © Happiness Brussels

Aujourd’hui, le don caritatif peut servir d’outil marketing pour différentes sociétés ou agences. Qu’il s’agisse d’une alternative humanitaire au traditionnel Paywall des sites de presse ou d’une start-up qui propose d’offrir en cadeau de l’argent à reverser à une association, les professionnels du marketing sont de plus en plus imaginatifs lorsqu’il s’agit d’exploiter ce modèle. Frédéric Brébant est revenu sur cette nouvelle tendance publicitaire dans l’émission « Les Décodeurs ».

 

Humanity Wall

Depuis quelques années, les éditeurs de presse ont revu le modèle économique de leurs sites d’information et ont mis en place un système de Paywall, ou mur de paiement. Désormais, les utilisateurs devront s’abonner ou mettre la main au portefeuille pour avoir accès à des articles de qualité. Récemment, une agence de publicité belge, Happiness Brussels, a transformé ce concept de Paywall en Humanity Wall au profit du consortium 12-12 (alliance de 7 organisations humanitaires qui se coordonnent lors de crises internationales ou catastrophes naturelles). Les éditeurs sont donc invités à remplacer temporairement leur Paywall par ce nouveau mécanisme qui reversa de l’argent au consortium 12-12. Ainsi, en plus de s’informer, les lecteurs contribuent à un monde meilleur. Les journaux sont évidemment libres de s’octroyer un pourcentage de la somme déboursée. L’idée n’est pas de priver complètement de revenus les organes de presse, mais plutôt de les inciter à participer à un élan de solidarité lorsqu’il faut aider des milliers de victimes. L’opération a été lancée début mars et déjà testée par deux quotidiens : le néerlandophone Het Laatste Nieuws et le germanophone Grenzecho. L’agence Happiness Brussels est actuellement en pourparlers avec d’autres sites d’information et des éditeurs étrangers pour exporter le concept belge. L’objectif pour les initiateurs du projet serait d’installer le dispositif à long terme et de l’instaurer comme réflexe naturel chez les utilisateurs, afin que le don devienne un argument commercial.

 

Mieux que des fleurs

Une très jeune start up belge, W-Project, a également été fondée sur cette lignée. Le concept est simple : vous en avez marre d’apporter une énième bouteille de vin ou un bouquet de fleurs périssable à vos amis qui vous invitent à dîner ? Vous pouvez offrir une W-Box. La personne recevra une pochette avec un bracelet (preuve qu’elle appartient dès maintenant à une communauté) et un certificat de donation sur lequel elle trouvera la somme déjà déboursée et un code unique. Elle pourra alors se rendre sur le site https://www.w-project.org/, introduire ce code et choisir l’association qui bénéficiera de son cadeau. Pour l’instant, il y a une douzaine d’organisations bénéficiaires réparties en cinq catégories (environnement, droits de l’homme, éducation, santé et protection des animaux), mais la volonté des fondateurs est évidemment d’étendre ce nombre. Ils veulent également imposer leur concept dans le monde de l’entreprise, pour des cadeaux de fin d’année aux salariés ou aux partenaires par exemple.

Retrouvez ici la chronique Tendance Pub de Frédéric Brébant :

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK