Sophia, victime de cyberharcèlement : "Mon ex s'est servi de ces images pour me faire chanter"

Le cyberharcèlement
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Le cyberharcèlement est un phénomène de plus en plus répandu en particulier chez les jeunes. Depuis l’explosion des réseaux sociaux il prend diverses formes : insultes, photos, vidéos, propagation de rumeurs, usurpation d’identité ou encore piratage de compte. Selon une enquête réalisée il y a quelques années, un jeune Belge sur trois serait victime de cyberharcèlement. Et un sur cinq aurait déjà été cyberharceleur. Ce nouveau phénomène touche aussi les adultes.

Sophia à 33 ans, elle est assistante de direction dans une PME dans la région toulousaine. En 2012, elle rencontre un homme et elle se met en couple. Au bout d’un an et demi de relation, elle décide d’y mettre fin. Les raisons sont le mensonge à répétition et la violence psychologique. C’est à ce moment-là que le cyberharcèlement commence. " J’ai fait la bêtise de me laisser filmer et de me faire prendre en photo par lui. J’avais confiance en lui. Puis il s’est servi de ces images pour me faire chanter, pour me manipuler et pour obtenir ce qu’il voulait. "

C’est par hasard que Sophia découvre que ses vidéos et ses photos intimes circulent sur internet. " Ce sont des amis qui l’ont vu. Je me souviens d’un coup de fil, un ami m’a dit : c’est drôle tu t’es mise sur Adopte Un Mec. Pourtant ça ne te ressemble pas trop ce truc. Pourquoi as-tu fait ça ? " Mais ce n’était pas elle, c’était une usurpation d’identité. Son ex-compagnon avait créé un profil à son nom avec son identité, sa photo, son adresse personnelle et professionnelle ainsi que son numéro de téléphone… Certains membres de ces sites de rencontres se sont déplacés jusqu’à son travail et sa maison. Une autre forme de harcèlement a commencé. " Je me souviens d’un soir je rentrais du travail et sur ma porte d’entrée se trouvait une trentaine de post-it. Un homme avait écrit son numéro de téléphone et me disait appelle-moi. D’autres sonnaient à mon interphone ou venaient à mon travail. " Sophia a demandé aux différents sites de supprimer les profils, ce qu’ils ont fait. Mais son cyberharceleur recommençait. Parfois il arrivait à créer trois à quatre profils par jour.

Revenge Porn

Ce cyberharcèlement ne s’arrête pas là. Il va publier des vidéos et des photos intimes sur des sites pornographiques. Il va aussi les envoyer à sa famille, ses amis, ses collègues et son patron. Ce phénomène s’appelle le Revenge Porn ou la revanche pornographique. La personne qui est quittée va vouloir à tout prix se venger. Elle va diffuser sur le web des photographies ou des vidéos à caractère sexuel dans le but de nuire à l’ex-compagnon.

Sophia a demandé à son ex-compagnon d’arrêter de diffuser ces images. Il n’a pas voulu arrêter. Elle a donc demande de l’aide à la police et au système judiciaire. Plusieurs plaintes ont été déposées, mais elles ont été classées sans suite. Le problème avec le cyberharcèlement est le manque de preuves. L’auteur est caché derrière son écran et peut publier ce qu’il souhaite sans que l’on sache sa véritable identité. Sophia s’est donc retrouvée seule face à cette situation, jusqu’au jour où elle est tombée malade. Ses amis ont donc décidé de créer une association pour venir en aide aux victimes de cyberharcèlement, CYBHAR'SO.

Pour découvrir les actions de cette association et la suite du reportage de " Le cyberharcèlement : la haine au bout du clic " de Jean-André Giannecchini et Stéphane Iglesis c’est ici :

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