Lawrence d’Arabie : portrait d’une légende

Lawrence d'Arabie : portrait d'une légende
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Retour ce dimanche sur le Colonel Lawrence, dit Lawrence d’Arabie, avec notre correspondante à Londres, Chloe Goudenhooft. C’est ce jour-là, en 1935, que le Britannique s’est éteint des suites d’un accident de moto. Il est célèbre pour avoir participé à la révolte des Arabes contre les Turcs lors de la Première guerre mondiale. Cette histoire a été portée à l’écran dans le film « Lawrence d’Arabie » de 1962. Mais qui est ce colonel et quel a été son parcours ?

Thomas Edward Lawrence est à la fois un homme d’action, de réflexion et de lettres. C’est le fils d’un propriétaire foncier irlandais. Il est né le 16 août 1888 au Pays de Galles. Sa famille est ensuite allée s’installer à Oxford. C’est un amoureux d’histoire et d’architecture médiévale, il se passionne pour le Moyen-Orient dès ses études à travers le livre Arabia Deserta écrit par le poète voyageur Charles Montagu Doughty. Après un doctorat, il obtient une bourse pour participer à des fouilles en Syrie. Il reste sur place jusqu’au début de la Grande Guerre. Il rejoint alors le service des renseignements britanniques et se charge de missions de cartographie et de repérages stratégiques. Pendant la guerre, Lawrence, devenu officier, est envoyé au Caire, puis en Mésopotamie.

Les Sept piliers de la sagesse

Alors que la région est encore sous le joug de l’Empire ottoman, il accompagne les Arabes dans leur révolte, ce que raconte son grand ouvrage les Sept piliers de la sagesse. De retour en Angleterre, il se consacre à ses créations littéraires et joue un rôle de diplomate. A partir de 1922, il rejoint la Royal Air Force où il réalise une carrière mouvementée.

Un rôle clé au Moyen-Orient

Le rêve de Thomas Lawrence, c’est d’aider les Arabes à réaliser leur projet de royaume uni. La guerre de 14-18 et les intérêts britanniques dans la région lui permettent d’y participer. Alors que la Turquie a rejoint le camp des empires centraux de l’Allemagne et de l’Autriche, les Britanniques voulaient soutenir les Arabes notamment dans le but de garder le contrôle du canal de Suez et de la route des Indes. Lawrence est l’un des acteurs clés de cette stratégie. Pour ce faire, il est chargé de rencontrer les fils d’Hussein, l’émir de La Mecque. Il devient le conseiller et l’ami de l’un d’entre eux, Faïçal, celui qui incarne l’âme de la révolution. Lawrence réclame auprès des Anglais l’aide nécessaire pour mettre sur pied des fronts de guérilla. Son objectif consiste notamment à entraver le fonctionnement du chemin de fer dans la péninsule arabique pour limiter le ravitaillement des garnisons turques. Il accompagne et conseille les chefs de tribus jusqu’à leur offensive finale contre la Syrie. Néanmoins, la victoire militaire de Lawrence en Arabie et celle en parallèle du général Allenby en Palestine, ne se sont pas traduites en victoire politique. Le rêve des Arabes se heurte aux accords Sykes-Picot qui partagent les restes de l’Empire ottoman entre les Britanniques et les Français. Lawrence n’était pas au courant de ces accords. Il s’agit pour lui d’une trahison.

La légende Lawrence d’Arabie naît à travers les écrits d’un correspondant de guerre américain, appelé Lowell Thomas

Lowell Thomas, envoyé par le gouvernement de Washington, avait pour objectif de populariser la cause des alliés auprès du public américain pour soutenir l’effort de guerre. Le récit de l’avancée de Lawrence en Arabie et de celle du général Allenby en Palestine font l’objet de conférences et de films qui les transforment en héros épiques d’abord aux yeux des Américains, puis auprès des Britanniques. Ces histoires montées en spectacle à Londres attirent du gouvernement jusqu’à la famille royale et fait de Lawrence d’Arabie l’un des Britanniques les plus célèbres du XXe siècle.

 

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