Lâchez du lest ! Mangez en paix

C’est le titre du livre du nutritionniste Arnaud Cocaul, paru chez Flammarion. Il nous invite à nous détendre sur la question de l’alimentation en général et de notre poids en particulier. Entre l’abondance de régimes tendances, le manger bio controversé, la guerre contre les plats industriels, etc., comment faire face à toutes les consignes de bons comportements alimentaires et les faire coïncider avec notre vie quotidienne ?

.

Avec Lâchez du lest ! Mangez en paix, le Docteur Arnaud Cocaul nous aide à déculpabiliser, à faire le tri dans toutes ces injonctions et nous invite à prendre soin de nous en tenant compte de qui nous sommes (âge, situation familiale, mode de vie). Il rappelle surtout les fondamentaux intangibles, tel qu’être plus bienveillant envers soi et moins malmener son corps.

Son but n’est pas de faire de nous des mangeurs parfaits, mais de développer dans ce livre un laboratoire d’idées et de réflexions qui va bien au-delà de l’alimentation. Il faut en effet remettre l’alimentation dans la globalité de la société d’aujourd’hui, qui, à bien des égards, est très confondante.

 


Des mangeurs heureux

La honte plane sur nos rituels alimentaires aujourd’hui. Nous nous culpabilisons énormément de ce que nous mangeons, tant nous sommes soumis au regard des autres, entre autres via les réseaux sociaux. Nous avons constamment l’impression de fauter.

Les perturbations de notre microbiote, les aliments ultra-transformés… nous sommes dans un monde qui va trop vite pour l’être humain, qui déteste les extrêmes. Nous vivons en déséquilibre et risquons de tomber dans les maladies chroniques.

Il faut retrouver le bien-être de l’alimentation, dit Arnaud Cocaul. Il faut que nous soyons des mangeurs plus heureux, plus en paix avec nous-mêmes. Il faut arrêter de nous poser des questions, au milieu de cette cacophonie nutritionnelle qui nous pousse à essayer mille tendances : sans gluten, sans lactose, crudivorisme, régime Dukan… et nous mène à la confusion. Sans compter les campagnes de pub qui vantent les mérites de tout et n’importe quoi.

Pour retrouver ce bien-être, les conseils alimentaires doivent être personnalisés. Ce qui est valable pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Il faut écouter les gens, être dans l’empathie ! Il faut leur apprendre à faire des choix plus équilibrés, en adéquation avec ce qu’ils sont.
 

Le régime qui vous fait maigrir en 3 semaines n’existe pas

Dans son livre, le Docteur Arnaud Cocaul passe en revue les divers régimes, rappelle leurs objectifs et en fait la critique, pas nécessairement négative. Quelques exemples :

  • Weight Watchers a le mérite d’avoir bien évolué au fil du temps, d’avoir réintégré des produits dans un premier temps déconseillés. Même s’il n’est pas forcément la panacée, parce que culturellement parlant, c’est un régime américain qui implique une prise en charge via des réunions de groupe, pas spécialement adaptée à tous.
  • "le régime soupe aux choux est une élucubration complètement saugrenue, sortie d’un esprit malade, où les chaos alimentaires exposent à de véritables troubles du comportement alimentaire."
  • le régime vegan peut être facilement déstabilisant pour l’organisme, surtout s’il est renforcé par une méconnaissance des associations et des compléments nécessaires. Il peut être aberrant pour les personnes âgées, les jeunes, les personnes à la santé fragile… Il faut une vraie réflexion pour être vegan, un respect des animaux, et ne pas le considérer comme une façon de perdre du poids.

Le problème que nous connaissons en matière de poids, et qui va nous coûter une fortune, doit être résolu avec les politiques, les urbanistes, les sociologues, les associations de consommateurs, les patients, les médecins, etc. Il n’y a pas un médecin qui ait une solution miracle.

La médecine est une science en mouvance, qui doit s’inscrire dans une globalité : urbanisme, habitat, pleine conscience, temps, sommeil…

Nous devons aussi devenir des consommacteurs, autant dans l’achat que dans la consommation de nourriture. Mais on n’est pas toujours à l’abri de mauvaises indications, il faut être vigilant et c’est difficile à maîtriser.

Les progrès technologiques sont parfois trop rapides et amènent ensuite à devoir reculer. Heureusement, les associations de consommateurs sont de plus en plus puissantes et l’agroalimentaire n’a plus le choix : il doit être plus attentif à ce qu’il met en vente.


Transmettre notre culture culinaire

En cuisinant, on dialogue entre générations. L’éducation nutritionnelle commence à la maison, dans la famille, et même in utero, estime Arnaud Cocaul. Pendant les 3 premières années de vie de l’enfant, y compris les 9 mois de grossesse, soit 1000 jours, le goût de l’enfant et son éducation sensorielle, sont formatés par sa famille. Ensuite, cette éducation sera renforcée par le mimétisme, en espérant que le bon sens soit perpétué.

Aujourd’hui, on prend pourtant de moins en moins le temps de cuisiner, happés par notre quotidien. Fini de couper, peler, cuisiner… avec les enfants. On cuisine parfois seulement le week-end. La cuisine devient de moins en moins ce lieu de transmission transgénérationnelle dont parle Alain Ducasse, et un plan de rééducation serait bien nécessaire…


La solution ? Le régime MPL

"Nous sommes en train de gober notre alimentation, avec toute cette restauration ultra rapide à manger, avec tous ces aliments ultra-transformés : nous devenons des outre-mangeurs."

Arnaud Cocaul conseille le régime MPL, pour Manger Plus Lentement. Cela consiste à :

  • mâcher très longtemps, ce qui évite les ballonnements et facilite la digestion.
  • réduire la taille de nos assiettes, qui a grandi de 20% depuis les années 50.
  • arrêter les téléphones portables et autres sollicitations à table, pour ne pas être dissipé.

On ne se sent pas au régime, on est dans l’instant présent, on se concentre sur ce qu’on mange. Et cela fonctionne !

Ecoutez ses autres conseils ici

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK