"La voiture autonome sera à la voiture ce que la voiture a été au cheval : excessivement disruptive"

«La voiture autonome sera à la voiture ce que la voiture a été au cheval : excessivement disruptive»
«La voiture autonome sera à la voiture ce que la voiture a été au cheval : excessivement disruptive» - © Tous droits réservés

En 2020, il est probable que les premiers véhicules autonomes soient commercialisés un peu partout dans le monde, en commençant par les USA et l’Asie qui possèdent une longueur d’avance. Quels sont les enjeux de cette nouvelle technologie qui effraie et fascine à la fois ? Damien Deroanne, spécialiste de la voiture autonome, a répondu aux questions de Véronique Thyberghien en direct du Salon de l’Auto.

 

Qu’est-ce qu’une voiture autonome ?

Une voiture est autonome à partir du moment où elle est capable d’aller d’un point A à un point B sans l’intervention d’un être humain, que ce soit à bord du véhicule ou à distance. Il existe en fait plusieurs niveaux dans l'automobile : le niveau 0 correspond par exemple à l’absence de la moindre aide à la conduite. Nous roulons actuellement dans des voitures de niveau 1 ou 2, avec parfois des combinaisons de plusieurs systèmes d’aide (régulateurs de vitesse adaptatifs…), déjà très perfectionnés. C’est à partir du niveau 3 qu’un véhicule devient autonome, même si un être humain doit impérativement être présent à bord et rester concentré. Les voitures de niveau 5, le plus haut niveau, sont déjà utilisées dans des aéroports, des zonings commerciaux ou des parcs urbains sous une série de conditions : elles ne peuvent circuler qu’avec un steward à bord, sur un parcours limité et à vitesse réduite (25 km/h maximum en général).

 

 Questions de sécurité

Beaucoup affirment que la technologie est quasiment prête, mais que la société ne l’est pas encore. Cette déclaration doit néanmoins être nuancée : si le dispositif est développé à 99%, le pourcent restant est le plus difficile à atteindre car les équipementiers veulent pouvoir assurer qu’il n’y a aucun risque d’accident. Et pour cela, il s’agit de faire rouler les véhicules pendant des millions d’heures et de kilomètres, réels mais aussi virtuels, afin de leur faire endurer toutes les conditions différentes possibles. Arriver à 100% d’efficacité prendra donc énormément de temps, sans parler des questions et enjeux éthiques qu’impliquent ces technologies.

Certains ont également peur que les systèmes qui composent la voiture autonome tombent en panne. Il faut savoir que celle-ci est équipée de caméras 3D, de gyroscopes et de radars fonctionnant à la lumière qui permettent de percevoir en permanence ce qu’il se passe autour de l’automobile. En cas de panne d’un dispositif, un autre peut donc prendre le relais ou bien le véhicule s’arrête.

 

Enjeux

L’adoption complète de la voiture autonome ne se fera pas du jour au lendemain. Il faudra adapter les équipements routiers et changer radicalement les mentalités. On craint des fermetures d’usines et des pertes d’emplois avec la disparition du véhicule traditionnel, mais en vérité, les constructeurs travaillent déjà actuellement ensemble pour développer ces nouvelles technologies en faisant d’énormes investissements. La mobilité va évoluer pour devenir de plus en plus connectée et intégrer toutes sortes de véhicules autonomes. Et finalement, si certains restent très accrochés à l’idée de liberté que représente la voiture, ne faudrait-il pas se demander si perdre quatre heures par jour dans les embouteillages, c’est vraiment synonyme de liberté ?

Retrouvez toute l’interview de Damien Deroanne sur les voitures autonomes ci-dessous :

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK