La revue des médias - Nicolas Vandenschrick

La revue des médias - Nicolas Vandenschrick
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Si on ouvre ce matin le journal, c'est pour le plaisir d'y lire des insultes !

Bête comme un caillou. Malhonnête ou trop naif. Pathétique. Vraiment. Dernier de la classe. Embarrassant, pour lui et sa famille.

Voilà, ce matin, un très bref résumé de ce que le New York Times vous propose sur l'équivalent d'une double page.

281 noms de personnes, de lieux, et même de choses insultées à travers de longues colonnes...

Non, le quotidien n'est pas devenu fou. C'est simplement la liste des insultes de Donald Trump.
Pas toute. Juste celle utilisées sur Twitter.
Pas depuis longtemps. Juste depuis le début officiel de sa campagne.
Et le quotidien qui a fait son travail sérieusement l'admet et s'en excuser...
Nous avons pu manqué l'une ou l'autre insulte !
Mais toutes les autres. Toutes les insultes présentées dans cette liste sont traçable...
En cliquant - par exemple - sur idiot comme un caillou... Hop, vous voilà renvoyer sur la page du candidat républicain, pile le jour où il traite Glen Beck, un animateur radio-polémiste d'imbécile...
La liste n'est pas que l'occasion de constater que l'homme manque de manière.
Non, cet encyclopédie du franc-parler trumpien, c'est aussi la démonstration que ces attaques sont essentiellement personnelles.
Rien d'extrêmement neuf sous le soleil politique... Le monde - il y a de long mois déjà - notait que les bons et les gros mots sont même en recul par rapport au siècle précédent...
Mais tout de même, quand la liste s'allonge à ce point, la presse s'interroge...
Trump n'est-il pas en train de se faire hara-kiri, s'interrogeait récemment le Courrier... Rien n'est moins sûr... Car ce qui ressort aussi de la consultation de la page Twitter du candidat, c'est une plongée dans les insultes proférés par SON électorat.
Et cela - ça dépasse - de très loin - le vocabulaire employé par celui qui se rêve président des États-Unis.

Pour Libération, la Wallonie, c'est le village d'Astérix

Celui qui résiste. Et le quotidien lance en titre... Vive la Wallonix !

Le petit refrain est connu... "En 2016, toute l'Europe s'apprête à signer le traité de libre échange - le CETA... Toute ? Non, une région belge résiste. Et refuse toujours la Pax Canada... C'est la Wallonix. "
Vous l'avez reconnu.
C'est du Goscini dans le texte.
Du Uderzoo à la Une.
Astérix, pardi !
et cela ne manque pas... Après le refrain on a droit au couplet !
"De toute les peuples de la gaule... Les Belges sont les plus courageux."
Avec le CETA, la Wallonie fait des heureux en Europe, dit le quotidien.
Avec en guise de chef. Paul Magnetix, qui s'explique dans Libé.
Mais si le quotidien nous félicite nous les gaulois de résister encore, Pour d'autres, la chanson est différente... Petit pays, petit esprit, lance-ton à ceux qui avec leurs combats d'arrière garde, prennent l'Europe, le Canada, et tout le commerces en otage...
Regardez les Echos, en france.
Pour éviter ce Waterloo commercial,
Pour empêcher le CETA de mourir, il faut - dit l'édito - un surcroit de pression. Puisque la minuscule Wallonie affaiblit gravement le crédit de toute l'Europe, elle doit en subir les conséquences. Privons là, tiens propose le quotidien, de ses fonds structurels. ( ces aides européennes au région en difficultés...) Ah, la Commission ( en France on dit Bruxelles, c'est amusant... ) la Commission serait bien inspirer de prévenir que pour le prochain examen budgétaire elle doit s'attendre à une intransigeance absolue...
A côté de ceux que la Wallonie agace.
A côté de ceux qui l'encense, il y a - c'est heureux - un peu de place à l'analyse aussi...
La Tribune ( en France, encore ) s'interroge ce matin... sur cette région devenu l'ennemie public numéro UN.
Hé, rappelle le quotidien... Un droit ne vaut que si l'on en fait usage.
Pourquoi la Wallonie ne pourrait-elle pas user de ces compétences pour refuser ce qui déplaît à sa majorité parlementaire ?
Faut-il faire taire les petits? Lorsque l'unanimité est prescrite par les traités, devrait-on oublier Malte ou - tiens, le Luxembourg, parce que bon, là bas, il n'y a pas grand monde???
En réalité, le blocage ne tient pas tant à la barbare structure institutionnel belge, S'il irrite, c'est qu'il met en lumière les failles de cette construction européenne...
Qui octroie à chacun le même droit, mais qui refuse aux plus petits de les utiliser.

Nicolas Vandenschrick

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