La revue des médias - Nicolas Vandenschrick

La revue des médias - Nicolas Vandenschrick
La revue des médias - Nicolas Vandenschrick - © RTBF

Ce matin, les commentaires de vos journaux portent sur l’acquittement de Bernard Wesphael.

L'acquittement, et surtout cet Ombre. L'ombre du doute. Voilà la première notion discutée par la presse.

D'abord car ce doute - on connaît la formule - car ce doute profite à l'accusé. Pour le SOIR, acquitté au bénéfice du doute, c'est le plus mauvais sort pour un acquitté. Ce doute, regrette le quotidien, on le doit à une enquête "cafouilleuse". Une enquête qui n'est pas parvenu à lever les zones d'ombre. Un innocent, ajoute le quotidien, ne peut se satisfaire d'une décision à l'apparence inachevé et l'on comprend alors - écrit le SOIR - les raisons qu'à Bernard Wesphael d'incriminer la Justice brugeoise dans les légèretés. Surtout, ce doute - juge l'Avenir - a traversé tout cette affaire. Fallait-il autant si intéressé, se demande le quotidien. La médiatisation n'a-t-elle pas - chez certains - été exagéré.
Le doute existe. Tout comme malgré la vérité judiciaire, le doute existera toujours sur ce qui s'est passé dans cette chambre d'hôtel, le 31 octobre 2013. Ce doute, encore, a traversé l'instruction. On a souvent - écrit l'Avenir - eu le sentiment que cette instruction a été menée pour faire coller entre eux des éléments bancals. Justifier la trop rapide inculpation de Bernard Wesphael.

La Justice - constate le SOIR - est de plus en plus souvent esclave de ce raccourcissement du temps.
Moins de temps pour l'équité - car ça coûte.
Mais moins de temps, dit le SOIR ou un temps contraint c'est justement l'ennemi d'une bonne justice.

Doute sur l'instruction, doute sur l'enquête ensuite.
Truffé d'approximation reprend l'Avenir. De traduction malencontreuse.
Doute sur l'accusation, enfin. Si faible, Insuffisamment étayé vu la gravité - et des faits, et des accusations.
Doute, SURTOUT, sur le travail de ceux que l'on peine à qualifier de confrères.
L'Avenir l'écrit. Certains n'ont pas hésité à faire le procès AVANT le procès. N'ont pas hésité à semer le trouble dans les esprits.
Cela - sans le travail brillant du président de la Cour d'Assises - aurait pu polluer complètement les débats.

Au delà de l'affaire qui a été jugé ici, les journaux saluent aussi le travail de la juridiction d'assises

La presse salue, mais c'est un salut d'adieu !

Et si.
Et si ce processus oral de la Cour d'assise.
Et si ce travail long, ces obligations coûteuses étaient le signe de la qualité de la Justice rendue. s'interroge la Libre Belgique. De son humanité ET de sa citoyenneté? Si le maintien d'une Justice citoyenne, Si donner au peuple, ce pouvoir souverain était justement le témoin du bon fonctionnement de nos institutions.
Alors, alors démanteler cette Cour d'assises COMME le législateur entend le faire, ce n'est pas un progrès démocratique.
Le SOIR y voit un prolongement de sa réflexion sur le temps judiciaire...
Ces jurés, eux, ont eu le temps de statuer. Ont bénéficié du temps utile. Un temps qu'une juridiction correctionnelle n'aurait pu accorder. Ne pourra plus accorder.
Le Laaste Nieuws le regrette ce matin.
car des affaires boiteuses, il y en aura d'autres, écrit le quotidien. Mais celle-là, il faudra les régler entre la soupe et les patates.
C'est regrettable. C'est surtout alarmant ET dangereux.
Nous voici à l'orée d'une nouvelle justice criminelle.
Cette affaire vient de le démontrer et d'en donner la preuve.
La disparition des Cour d'Assises augmentera sérieusement le risque d'erreur judiciaire. CCL le Laats Nieuws.
Il n'y a pas que cela, juge le Standaard... faites un tour au café, ou à la cantine... On vous vantera souvent les peines incompréhensibles. Mais suivez un débat contradictoire et oral - comme chacun a pu le faire dans cette Cour d'assise.
Et voici que vous êtes confronté à la fragilité des preuves. A la difficulté d'interpréter les faits. AU triomphe de la nuance.
C'est là aussi une solide leçon de démocratie.
Nous savons désormais - juge le Standaard - pourquoi nous regretterons les procès d'Assise... Ce drap - jeté sur la manière dont se juge les Citoyens, est regrettable.
Il appartient aujourd'hui aux juges d'utiliser toutes les opportunités dont ils disposent, pour offrir au public la possibilité d'examiner et de contrôler leur travail.

Nicolas Vandenschrick

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