La revue des médias - Nicolas Vandenschrick

La revue des médias - Nicolas Vandenschrick
La revue des médias - Nicolas Vandenschrick - © RTBF

La presse ce matin lance quelques réflexions. Et celle-ci tout d'abord. Le temps n'est pas au modéré !

Sale temps, oui, pour les modérés. Les réconciliateurs... ou les pacificateurs.

Premier indice, cet opinion publié ce matin par le Times. Le ministre britannique de la Défense juge qu'il est temps - au Royaume Uni - de suspendre la Convention Européenne des Droits de l'Homme. Oui, le texte est bien beau mais comprenez-moi, dit le ministre,
Quand nos soldats sont en train de se battre, ils n'ont pas à s’embarrasser avec ça. Au cœur de la bataille, le soldat britannique ne doit pas perdre son temps à se demander si, oui ou non, tirer dans une direction va le rendre passible d'une violation de la  Convention Européenne des Droits de l'Homme. Dans le brouillard de la guerre, on provoque des victimes - dit encore le Ministre - et il ne faut pas, à ce moment, trop réfléchir. Et surtout pas craindre, une fois les brumes levées que les Tommies se retrouve à Strasbourg devant la Cour Européenne des droits de l'Homme ? Non ?
Non ! 3 fois non, dit le Times. S'il y a lieu,

SI IL Y A LIEU, oui, il faut combattre les injustices envers les soldats injustement accusés.
SI IL Y A LIEU, oui, on peut admettre des exceptions.
SI IL Y A LIEU, oui, on peut songer à des "au-cas-où."

Mais non, 3 fois non, le Royaume Uni n'a pas à dénoncer cette Convention qui fixe les droits humains de BASE. A fortiori au cœur d'un conflit armés. Ce droit international ne limite d'ailleurs pas nos soldats, écrit le Times. Il ne leur empêche pas de gagner des batailles. Il aide plutôt le Royaume Uni - et les autres états signataires - à faire respecter les règles internationales dans le traitement des prisonniers... Le Royaume Uni, conclut le Times - se grandirait à prendre fait et cause pour ce texte. Pas à essayer de l'éviter.
Oui mais voilà, Pas le temps pour les choses qui pourraient adoucir, pacifier, réguler.

Bachar Al Assad est - dit le Monde - le Maître du Chaos

Après 5 ans de guerre acharné, le voilà presque redevenu maître de son pays. Oh, maître d'un pays en ruine. c'est vrai.
Mais lui n'est pas un réconciliateur, lui n'est ni pacificateurs ni modérés... Il est le roi... Certes un roi qui n'exerce plus que le pouvoir que ses alliés lui confient... écrit le Monde... Mais un Roi tout de même.

Tout n'est pas rose, pour autant pour le président Syrien. Dans son camps, cela se ressent ! "Ce n'est pas pour cet abruti que je me bats - explique un haut gradé au Monde. C'est pour moi, pour ma survie." Un homme d'affaire qui voulait éviter la réquisition de sa villa par des militaires a dit "Je connais très bien Bachar El Assad." M'en fous lui a répliqué le soldat. Je ne rends compte qu'aux Iraniens... Aaah il est Roi, c'est vrai mais un roi, presque nu. Dont la tunique ne tient plus qu'à un fil russe.

Le mauvais temps ne s'abat pas que sur les modérés

N'empêche, c'est sur eux qu'il souffle le plus, constate le Temps à Genève... Et le quotidien - presse écrite, l'admet. Si les briseurs de tabou ont le vent en pouppe, c'est aussi la faute à la presse. Les phénomènes - genre Trump, Marine Le Pen ou Viktor Orban.
C'est cela l'or de l'industrie médiatique... Les Sarkozy, Poutine ou les Johnson. Il faut leur accorder la place de choix. En chroniquer les actes - et peu importe qu'on leur soit hostile ou non, les briseurs de tabou entre dans l'histoire collective. En parade, sur son site - en ligne - le Huffington Post ajoute au bas de chaque article une note d'éditeur. "Donald Trump est un menteur, un xénophobe, une brute qui répète continuellement sa volonté de fermer les Etats Unis à tous les musulmans." Geste sympathique pour revaloriser le principe d'une presse d'opinion, juge le Temps. Mais bien dérisoire aussi. Tant les lecteurs du Huffington Post sont déjà convaincu de la toxicité du candidat.

Le combat reste donc bien démesuré. Pour peu qu'un Donald Trump se montre - un peu moins exagérant, on dira qu'il prend de la hauteur. Là où Clinton aura toujours à se défendre d'être inauthentique et froide...

En Une du Financial Times, Le fond monétaire international pointe ce matin un nouveau risque pour nos économies. Le risque politique. Ou la lente disparition des modérés, des réconciliateurs ou des pacificateurs.

Nicolas Vandenschrick

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